mercredi 28 janvier 2009

En route pour Ottawa...

Dernier jours de préparatifs intensifs pour ma grosse conférence à Ottawa. Dernières courses et dernières engueulades avec l'imprimeur qui n'est pas foutu capable d'imprimer deux posters en une semaine (ils fument pas que du tabac les imprimeurs du campus, c'est la West Coast ici, ya pas de doute !).


Mon avion est sensé décoller de bonne heure demain matin mais la question qui demeure est de savoir si je vais réussi à atterir à Ottawa, apparemment c'est la tempête de neige là-bas et les températures ne sont pas très clémentes. beaucoup de vols ont été déroutés aujourd'hui, j'espère que ça va se calmer d'ici demain! Faut pas croire hein, le Canada, comme le dit si bien Eric, des fois, c'est la zone totale!

Last days of running around getting everything ready for my big conference in Ottawa. Last errands and last shouting matches with the printing services that have not been able to print two posters in one week. (I guess the guys over there don't only smoke tobacco, this is the West Coast right...)

My flight is supposed to take off early tomorrow morning but there seems to be a snow storm in Ottawa right now and some flights had to be delayed or cancelled. I just hope the storm is over by tomorrow. Canada can sometimes be a challenging country to live in in winter!

lundi 26 janvier 2009

Des Vikings au Manitoba - Vikings in Manitoba

Les Islandais ont été durement touchés par la crise financière mondiale. Ces descendants des Vikings ne sont pas pour autant prêt à baisser les bras. Du coup certains décident de quitter leur île pour venir chercher fortune… à Gimli, au Manitoba, au beau milieu des Prairies, sur les bords du lac Winnipeg.

Vous trouvez cela étrange de voir des Islandais choisir cette petite commune rurale des prairies canadiennes ? Et bien il existe une longue histoire entre Gimli et l’Islande. Gimli est sans doute la seule commune canadienne où l’on trouve un café qui sert du thé typiquement islandais. Etrange non ?

En 1875, des Islandais qui fuyaient ce qui était déjà une crise économique, se sont installés dans ces plaines reculées. Après avoir souffert quelques hivers particulièrement rudes, ils ont appris à faire pousser du blé, eux qui élevaient autrefois des moutons, et à pêcher le brochet plutôt que la morue. Ces premiers immigrants ont nommé leur ville Gimli, comme l’un
des paradis mythiques de la mythologie nordique (en non pas à cause du célèbre nain de Tolkien). On trouve d’ailleurs à Gimli une statue de Viking et un musée de la « Nouvelle Islande ». Les descendants de ces premiers immigrants font encore le voyage en Islande pour découvrir leurs racines et parlent encore l’Islandais.

Le maire de la commune, Tammy Axelsson a récemment confié au
Globe and Mail qu’il recevait de plus en plus de demandes d’informations de la part d’Islandais déconfits par la crise, à la recherche d’un nouvel emploi et d’une nouvelle vie. Les Islandais n’ont pas oublié qu’ils avaient de lointains cousins au Canada, des Manitobains qu’ils appellent affectueusement les « Vestur Islandingur », les Islandais de l’Ouest. L’Islande se targue d’ailleurs d’avoir un consulat au Manitoba. Pour l’instant l’immigration islandaise récente se résume à un couple d’architecte et à un vendeur de journaux mais tout laisse à croire que d’autres tenteront leur chance.

Voilà une des choses qui me fascine le plus au Canada, on y trouve des petites communautés culturelles venant de tous les horizons, ayant gardé vivantes leurs langues et leur tradition tout en ayant embrassé le mode de vie canadien. On croise ici des villes Ukrainiennes, Pundjabis ou encore
Dukhobors ou Mennonites. On comprend mieux le tissu socioculturel complexe du pays.


I am fascinated by the make-up of Canadian society: small ethnocultural communities from all over the world live side by side, nevertheless embracing the Canadian way of life. One of the striking examples I came across recently is the story of Gimli, in Manitoba. This small town on the shores of Lake Winnipeg is a small Iceland of the West. In 1875, Icelanders fleeing an economic crisis landed on these desolate lands. They traded sheep farming for wheat growing and cod for pickerel. They managed to maintain strong ties with their homeland and today, 6 generations later, a new wave of immigrants from Iceland may be arriving there, fleeing the global economic crisis that has hit Iceland so hard. Iceland actually has a consulate in Manitoba. To read more about this story see the
Globe and Mail article.

De l’art de porter des talons à Vancouver – The art of walking on high heels in Vancouver

A avoir longtemps arpenté les rues parisiennes et les rues d’autres grandes villes du monde, il m’est arrivé de croiser d’élégantes créatures, chaussées de hauts talons. Ici à Vancouver, on croise également de ces élégantes gazelles juchées sur ces fragiles édifices, symboles d’une certaine séduction. Artefact nécessaire à la « danse nuptiale » de l’Homo sapiens femelle, certaines les assortissent des bas-couture ou autres frivolités plaisantes à l’œil du mâle au aguets.

Mais très souvent on croise aussi dans les rues de Vancouver de la poupoune maniant sans trop de grâce les délicats « stilettos » au bout de leurs petons.
Stéphanie l’a fort bien expliqué sur son blog, la poupoune Vancouvéroise a souvent à nos yeux d’Européens raffinés, une allure pour le moins vulgaire. Les pauvres n’ont sans doute pas l’entrainement des Européennes élégantes qui marchent sur leurs talons en gardant la tête haute et le balancement des hanches séduisant. Non, loin de là, les soirs de weekend on croise bon nombre de poupounes entre Robson et Davie street, vacillant sur leurs talons, le derrière en arrière ou marchant comme si elles avaient avalé quelque chose de particulièrement désagréable. L’occasion pour les frenchies en goguette de se gausser (à leur décharge il y avait trois Françaises, réputées pour leur langue pointue, dans la voiture et un seul mâle, qui a pourtant ricané comme les autres)

Parfois on croise aussi une autre espèce de noctambule, l’Asiatique délicate. Les Asiatiques sont plutôt réputés pour leur raffinement et la Geisha reste aujourd’hui le summum de l’érotisme pour nombre d’Européens ou de Nord-Américains. Ces artistes superbes, portant un maquillage et une tenue extrêmement codifiés, glissent élégamment sur leurs « zori », leurs sandales de bois. La démarche d’une dame élégante au Japon doit s’apparenter à une « danse sur les nuages », on glisse donc délicatement le pied, le soulevant le moins possible. La danse pratiquée par les Geishas permet de développer tout l’art de ces glissements délicats. Par contre, cette tradition de la démarche « glissante » s’accommode fort mal du porter d’escarpins aux talons aiguilles. Le marcheur du soir de Vancouver aura rapidement remarqué l’étrange démarche à nos yeux des jeunes Asiatiques en goguette, déclenchant chez certains (je ne citerai aucun nom) des gloussements amusés. Cette démarche étrange des Japonaises nous fait parfois rire mais elle est synonyme d’élégance chez elles, attirant sans doute autant l’œil du mâle Japonais que les belles parisiennes juchées haut sur leurs talons par chez nous.

Le talon aiguille, comme le kimono de la Geisha avec son « Obi », cette ceinture nouée en oreiller sur le bas des reins, a en fait une fonction bien précise, mettre en valeur la chute de reins des dames
[1]. Car, malgré le bombardement des magasins féminins, le mâle Homo Sapiens est quelque peu programmé pour apprécier une chute de rein royale chez la dame de ses pensées. Est-ce un héritage de nos ancêtres[2] qui choisissait la dame avec les reins larges pour être certain qu’elle lui porterait de beaux petits ? En tout cas, la majorité des mâles que j’ai pu interrogé m’ont tous avoué aimer les dames aux rondeurs bien placées. Alors quid du talon mal porté ? Met-il ou non en valeur les fesses des dames…

Ma question éthologique est donc la suivante, lorsque la femelle en quête de mâle se pare de ces atours réputés affriolants, que se passe-t-il chez le mâle lorsque l’attribut en question devient davantage une cause de disgrâce que de grâce ? Le mâle Vancouvérois est-il imperméable à ces démonstrations étranges ?
Stéphanie aura peut-être une réponse à nous proposer… Le modèle de mâle dont je suis équipée étant pour sa part amateur de frivolités féminines banales, il ne semble guère apprécier la démarche hasardeuse de la Vancouvéroise, mais encore c’est sans doute un mauvais sujet d’étude, étant un geek il fantasme davantage sur un nouveau PC que sur les blondes platines…



After spending many a day walking on the streets of Paris and other major world cities, I have often come across elegant creatures, perched on high heeled shoes. Here in Vancouver, you can also spot some of those elegant gazelles, perched on those fragile structures, symbols of a certain seduction. Necessary artifact of the “seduction dance” of the female Homo sapiens, some add some silky stockings and other frivolities pleasant to the eyes of the males on the look-out.

More often though, you can observe on the streets of Vancouver another strange female creature, wearing with a lot less grace the delicate stilettos.

Stéphanie explained it quite well on her blog, this particular type of female Vancouverite is often, in our refined European taste, the tantamount of bad taste. The poor creatures probably do not have the training of the elegant Europeans who walk on their high heels, head high with a delicate balance of the hips. Far from this vision, you will sometimes come across gaggles of these less elegant creatures, between Robson and Davie Street, swaying on their heels, their butt sticking out or walking as if they had swallowed something particularly disgusting. The Frenchies will of course laugh their heads off at this sight. (Last time there were three sarcastic Frenchy gals, and only one male, who laughed as much as the others)

Sometimes you may encounter another night bird, the delicate Asian girl. The Asians have
always had a reputation for being refined and the Geisha is still the height of erotica for number of Europeans or North-Americans. These delicate artists wear a much codified attire and make-up and glide elegantly on their “zori”, their wooden sandals. The steps of these ladies should resemble a “dance on the clouds”, you have the glide slowly one foot after the other, hardly lifting your leg. The dance of the Geishas make these graceful steps a true art. These delicate steps make it hard to wear high heels. The night walker in Vancouver will soon spot delicate small Asians, walking in a very strange way. Some will smirk. (I will not disclose any names) These delicate steps of the Japanese in particular, may make us laugh but they are a synonym of grace and elegance in their culture, most probably catching the eye of their male counterparts, as much as the elegant Parisian in her sexy outfit will catch the eye of the Frenchy.

The stiletto, just as much as the geisha’s kimono with its « obi », this beautiful silk garment tied in a subtle pillow on the hips, has a precise function, show off the ladies best asset, their bottom. In spite of what all the gal’s magazines tell us, the human male is more or less programmed to appreciate the small of the back of his sweetheart. Is it a heritage of our ancestors who probably chose women with large hips to be sure they would bear them healthy babies? Anyways, most of the males I polled admitted they preferred ladies with nice curves. So what of the stiletto not properly handled. Does it or not enhance the ladies’ attributes?

Here is my ethological question: when the female looking for a male clads herself in these sexy artifacts, what happens to the male when the lady is not able to wear properly these artifacts, when disgrace replaces grace. Is the Vancouverite male impervious to such subtleties? Maybe
Stéphanie will know how to answer this question… The model of mal I am equipped with prefers ladies that know how to wear high heels, but then he might not be a good example, being a geek he fantasizes more on a new PC than on a platinum blonde.


[1] D’ailleurs les apprenties-Geishas, les Maikos, portent une coiffure très suggestive, composée de deux lobes, séparés par un ruban écarlate : faites-vous une image.
[2] Voir les statuettes callipyges des Vénus préhistoriques



Crédits photographiques/ Photo credits:

Photo 1: Shutterlag, Flickr

Photo 2: Canonplanet, Flickr

Photo 3: Vintage-review, Flickr
Photo 4: tw2360, Flickr
samedi 24 janvier 2009

Gourmandise de samedi froid: cake facile banane-noisette – Easy banana-hazelnut cake for a cold saturday

Le brouillard s’est enfin levé sur Vancouver, nous n’avons pas encore battu le record de jours de brouillard mais nous ne sommes pas passés bien loin. Heureusement pour nous, le Yukon nous a envoyé une belle masse d’air froid, qui a fait se lever le brouillard et revenir le beau temps, par contre il fait frette ! Demain nous chausserons nos raquettes pour aller faire un tour dans la montagne. Mais aujourd’hui c’était une journée à rester au chaud devant la cheminée et à déguster un cake aux saveurs des îles : un cake banane-noisettes, prêt en un tournemain :

Pour réchauffer une journée froide il faut :


  • 220g de farine
  • 100g de sucre roux
  • 2 œufs
  • 100g de beurre
  • 1 cuillère à soupe bien pleine de levure chimique
  • de l’extrait de vanille ou un dé de rhum vanille de Maurice (ou de la Martinique hein je suis pas sectaire)
  • 3 bananes bien mûres
  • 50g de noisettes

Ecraser la banane et broyer les noisettes. Battre les œufs et le sucre ensemble. Y ajouter le beurre, la farine, la levure et l’extrait de vanille (ou mieux un dé de rhum vanille de Maurice), puis la banane écrasée et les noisettes. Bien mélanger le tout (au mixer si vous êtes flemmards). Beurrer un moule à cake et y verser la préparation. Mettre le tout à four chaud (180°C) pendant 45 minutes ou jusqu’à ce qu’un couteau en ressorte propre.

Servir avec un bon chocolat chaud !

Bon appétit !




The fog has finally lifted. We did not break the record but almost. Thankfully, Yukon was nice enough to send us some cold air that lifted the fog and brought back the sun. Tomorrow we will go snowshoeing in the mountains but today was a day to stay put, in front of the fireplace with some nice island tasting cake. This hazelnut-banana cake is really easy to cook.

To warm a cold day you will need:



  • 1 cup of all purpose flour
  • ½ cup of brown sugar
  • 2 eggs
  • 100 grams of butter
  • 1 tbsp. of baking powder
  • Vanilla extract or even better a dash of vanilla rhum from Mauritius (you can use rhum from Martinique, I don’t mind)
  • 3 ripe bananas
  • ¼ cup of crushed hazelnuts

Crush the bananas and the hazelnuts. Whisk eggs and sugar together, add melted butter, flour, baking powder and vanilla extract or rhum. Add bananas and hazelnuts. Mix everything together. Butter a cake pan and pour the mix. Cook in a warm oven (180°C) for 45 minutes or until a knife comes out clean.

Great with a homemade hot chocolate :-)

Bon appétit!

Breakfast with Obama

Cette semaine, à moins que nous ne viviez reclus loin du reste du monde (ce dont je doute si vous êtes en train de lire ce blog…), vous avez du remarquer que Barak Obama a pris officiellement ses fonctions de président des Etats-Unis. Du coup, les Canadiens ont suivi « en masse » son inauguration. Des Canadiens qui semblent bien plus passionnés par la politique américaine que par la leur. (C’est sur que Barack en maillot à Hawaii est nettement plus sexy que Harper en pull bleu a Kujuak…) Du coup, nombre de Canadiens ont fait le déplacement à Washington pour aller saluer ce nouveau président qui apporte avec lui un vent de fraicheur et d’espoir.

Ici, à Vancouver, il y avait un nombre de soirées « Obama » avec open bar et moult célébrations. Pour ma part j’étais invitée à un « breakfast with Obama », un petit déjeuner servi chez ma boss, pour suivre en direct les célébrations. Il y avait même des croissants faits maison. (oui et aussi un certain nombre de personnalités locales, dont mon directeur académique, lui-même américain, mais moi j’étais surtout venue pour les croissants hein !) On a donc mangé et bu bio et sain à la santé d’Obama et la foule a applaudi avec entrain son discours avant de regarder sans regret le départ de Bush junior. (Au moins personne ne lui a balancé de pompes, c’est déjà ça…). C’était, il est vrai un moment historique à vivre, surtout que nous étions au chaud alors que les gus à Washington se les gelaient…

On a donc souhaité bonne chance à Barack, en attendant sa première visite officielle au Canada dans quelques jours.


This week, unless you’ve retired from the world (which I doubt if you are reading this blog), you must have noticed that Barack Obama has officially taken his function as president of the US. Many Canadians were following closely his inauguration. Canadians seem a lot more interested by American politics than by their own. (Well Barack on a Hawaiian beach is sure sexier than Harper wearing a blue sweater in Kujuak…) Many Canadian actually made the trip to Washington to cheer the new president who brings with him a new hope.

Here in Vancouver, there were a number of “Obama” galas and celebrations. I was for myself invited to a breakfast with Obama at my boss’ house. She even had home-made croissants! (Ok and also a number of local celebrities including our academic director, an American himself, but I only came for the croissants) So we ate organic and healthy food while watching the celebrations, applauding at Obama’s speech and watching with no regrets Bush junior depart. (At least no one threw shoes at him!) It was a real historical moment to live, even more so as we were in a warm house when all the people in Washington seemed to be really cold…

So good luck to Obama, we will be waiting for his first official visit in Canada, in a couple of days.
dimanche 18 janvier 2009

Promenades du samedi: de la brume au soleil - Saturday walks, from mist to sun

On me demande parfois pourquoi le blog s’appelle « des orques dans la brume », c’est en fait un clin d’œil à mes premiers voyages en BC, où je venais passer plusieurs mois de l’année à étudier le chant des orques au milieu des brumes du nord de la province. J’ai gardé de cette époque une certaine affection pour le calme cotonneux des jours de brouillard, où le temps semble suspendre son vol, nous laissant tout le loisir de rêver de nous évader vers d’autres mondes imaginaires ou non.

Cette dernière semaine, Vancouver s’est drapée dans un manteau de brouillard, ravivant mes souvenirs de journées passées à marcher dans la forêt rendue presque silencieuse par les brumes épaisses. Ce samedi, le zhom et moi avons enfilé nos chaussures de marche pour aller nous perdre un peu dans la nature.

Nous avons conduit dans le brouillard jusqu’à Deep Cove, et avons erré sans but, le long de la mer, à admirer un kayak perdu dans la brume et profitant de la chaleur de Honey’s pour y déguster un truc chaud et quelques douceurs (Honey’s est réputé pour ses doughnuts mais ses Danishes et ses muffins rhubarbe-fraise sont aussi délicieux !)





Ensuite, nous avons mis le cap vers le sommet de Mount Seymour, la route tourne et tourne au milieu d’une forêt de pins odorants et tout à coup on émerge de la brume pour découvrir un soleil radieux et un monde comme posé sur les nuages. Pas de snowboard aujourd’hui, juste une petite balade pour admirer le paysage et faire le plein de vitamine D sous la caresse des rayons du soleil.




Retour sur la route, nous redescendons vers le Lynn Canyon, histoire de prolonger la balade par une plongée mystique dans une forêt nimbée de brume, percée ça et là de rayons de soleil. Les sentiers sont encore pas mal glissants avec les restes de neige et de glace de la fin de l’année. La forêt ruisselle d’eau et la Lynn river rugit plus bas. La promenade est vivifiante car étrangement il fait ici bien plus froid qu’au sommet de Mount Seymour.



Le soleil entame sa descente vers l’horizon, nous profitons de ces dernières heures pour aller jusqu’à Horseshoe Bay, là aussi la brume couvre tout, nous prenons tranquillement la petite route du bord de mer pour admirer les maisons en équilibre sur les falaises et les petites communautés nichées dans les recoins de la côte.




Une belle journée pour se remplir les poumons d’air frais et se dégourdir les jambes avant une nouvelle semaine de travail intense et un voyage à Prince George pour le zhom. Le reste des photos de notre journée dehors est posté ici.





I am often asked why this blog is called « orcas in the mist », it is a little reference to my first trips to this province, where I used to spend several months studying orca calls in the mists of northern BC. From those days I have kept a soft spot for calm misty mornings, where the time seems to be suspended, leaving us all the time we need to dream and escape to other worlds, imaginary or not. This week, Vancouver was lost in the fog, bringing back memories of long walks in the forest, almost silent in the mist. This Saturday, my geek and I decided to go hiking, spend some time getting lost in nature.We drove in the fog to Deep Cove, and walked along the shoreline, admiring a lone kayaker in the mist and stopping by Honey’s to have a hot drink and a bite (Honey’s is well known for its doughnuts, but the danishes and rhubarb-strawberry muffins are also delicious)


We then headed for
Mount Seymour, the road twists and turns among the pine forest and suddenly we emerged from the fog under a radiant sunshine, discovering a world above the clouds. No snowboard today, just a little hike to admire the scenery and take in some Vitamin D.

We then hit the road again to head to
Lynn Canyon, hiking in the misty forest, with mystical rays of sun pouring from the canopy. The trails were still pretty slippery with the rest of snow and ice. The forest seemed to be awash in melting water and the Lynn river was roaring below. The hike was refreshing as the temperature was strangely cooler here than at the top of Mount Seymour. The sun started its descent on the horizon.

We took advantage of the last hours of the day to head to Horseshoe Bay,where the fog covered everything. We took the old seaside road to admire the houses perched on the cliffs and the cute communities nestled in the nooks and cranies of the coast. A beautiful day to take in a lot of fresh air and get some exercise before an intense week of work and a trip to Prince George for my geek. All the pics of our day are here.



jeudi 15 janvier 2009

In a Nutshell- the problems with salmon farming in BC - Le saumon d'élevage et son lot de problèmes en BC


Etre ou ne pas être animal : lectures et crômeugnoneries du jeudi - Being an animal: books and cute pics

J’ai décidé de ne plus laisser mourir mes neurones esseulés et j’ai cédé aux appels d’Amazon ( je sais, je suis faible…), avant de me retrouver sans neurones du tout (une conséquence apparemment répandue de la ponte de petits d’homme d’après mes copines). J’ai donc commandé une série de bouquins à dévorer durant mes heures de vol à travers le Canada. Le premier est arrivé la semaine dernière et est déjà bien entamé :

The Bridge at the end of the World, de James Gustave Speth: un essai sur l'environnement et l'économie


Les autres, donc plusieurs ouvrages du philosophe Dominique Lestel, dont je me rappelle avoir suivi un cours magistral dans tous les sens du terme :

Naissance d'une théorie éthologique : La danse du cratérode écaillé, de Vinciane Despret

Les Origines Animales de la Culture, de Dominique Lestel

L'Animalité: Essai sur le statut de l'humain, de Dominique Lestel


Voilà de quoi nourrir mon pauvre petit cerveau, malmené par des années de boulot sans trop de réflexion et bien trop d’heures passées devant des séries débiles…

Sinon, dans la même veine, si on veut, une petite crômeugnonerie pour se ramollir le cœur et faire tout plein de petits bruits ridicules.
Ce chimpanzé s’est pris d’affection pour ces petits tigres de Sibérie (je sais ils vous font craquer aussi, bande de caramels tout mous ! et c’est pas la peine de faire humpffff, je l’ai vu le petit sourire là !) et s’en occupe comme si elle était leur maman de substitution. (Pour gagater encore plus, il y a une petite vidéo sur BBC)




Au grand désespoir de certains scientifiques qui souhaiteraient que chacun reste à sa place biologique et veuille se conformer aux stricts dogmes orthodoxes de la théorie scientifique, les animaux font parfois des choses surprenantes. Ainsi, il est arrivé qu’une lionne « adopte » un bébé antilope et le nourrisse, y prenne goût et en « adopte » 4 autres, faisant fi de toutes les lois élémentaires de la survie du plus fort. Koko, un gorille célèbre, avait un petit chaton et lorsque celui-ci est décédé, elle a exprimé sa « tristesse » en langage des signes, laissant les chercheurs perplexes car la tristesse et le deuil ne semblait pas des concepts applicables aux animaux.

On a donc inventé le concept « d’altruisme animal » pour expliquer ces drôles de comportement d’aide ou de soutien à un autre, d’une espèce différente.


Après avoir passé beaucoup de temps à observer les animaux et les hommes (que je considère comme des petites bêtes presque comme les autres, si ce n’est leur égo démesuré), je me suis rendue compte que la nature prend un malin plaisir à mettre des exceptions à toutes les règles, histoire de rendre fous les ordonnés chercheurs qui ne veulent que classifier et ordonner proprement tout ce bazar. Imaginez le trouble de ce pauvre naturaliste à qui l’on avait apporté un ornithorynque : est-ce un oiseau ou un mammifère ? Il a un bec de canard, de la fourrure et il pond des œufs ! Cette bestiole extraordinaire me fait toujours fondre aujourd’hui, on dirait bien que le Bon Dieu, la grande Gaia, Mère Nature ou qui-sais-je, avait picolé un petit coup avant de le créer celui-là ! Bon maintenant vous pouvez retourner bosser au lieu de faire des petits bruits étranges en gagatant sur les zanimos !



I decided to read as much as I could before having the baby. It’s high time for me to give some food for though to my poor brains and I still have some time to spare on my cross-country flights. So I gave in and ordered a bunch of books on Amazon (yes, I am weak!. Amongst them the following:

The Bridge at the end of the World, by James Gustave Speth: an essai on the environment and the economy

A few others, including books by philosopher Dominique Lestel. I remember attending one of his classes in university: he was an amazing teacher.

Naissance d'une théorie éthologique : La danse du cratérode écaillé, by Vinciane Despret. An essai on ethology, science and the birth of theories

Les Origines Animales de la Culture, by Dominique Lestel, an essai on the animal origins of our culture

L'Animalité: Essai sur le statut de l'humain
, by Dominique Lestel, an essai on the status of humanity and animality.

That should satisfy my brain, deprived of challenging readings by meaningless years of work and way too many hours watching TV shows (even when I don’t have a TV) Now, just to ooh and ahh for a bit, some cute pics of this chimpanzee who has adopted two baby tigers. BBC has a really cute video of them. Lien




Lien
To the despair of many a researcher, who would prefer everyone to stay in their place and conform themselves to the strict dogmas of scientific theory, animals sometimes act in unexpected ways. A lioness has adopted 5 antelopes, defying all the rules of the survival of the fittest. Koko, a famous gorilla, adopted a kitten and expressed her “sadness” in sign language when the kitten passed away, leaving the scientists perplexed as grief and sadness did not seem to apply to animals before.

So they set out to invent the concept of animal altruism, to explain these unexpected acts of bonding and kindness with another species.

After spending much of my time observing animals and humans (which I consider as much animals as the others if not for their huge ego), I noticed that Nature seems to like inventing as many exceptions to all the rules, just to render our scientists completely loony. Poor guys, they only wanted to classify and order this huge mess! Can you imagine the poor naturalist who was handed a platypus? It has a beak, fur, and lays eggs! I’ve always had a soft spot for this extraordinary creature. God, Gaia or Mother Nature must have had a glass too much before inventing it! Now you can go back to work after oohing and ahhing over the cute animals!


dimanche 11 janvier 2009

Cake moelleux aux poireaux et saumon - Moist salmon and leek cake

Après deux jours de galettes des rois et soirées festives chez des amis, il était temps pour nous de nous poser un peu la maison pour légumer sur le canapé ! Pour conclure un dimanche tout tranquille et enfin sans pluie, nous avons cuisiné un petit cake moelleux au saumon et aux poireaux :


Liste de courses :

  • 200 grammes de farine
  • 3 œufs
  • 10 cl de lait
  • 10 cl d’huile d’olive
  • 1 cuillère à soupe de levure chimique
  • 2 blancs de poireaux
  • 1 oignon
  • 1 boîte de saumon sockeye ou à défaut du saumon fumé
  • 1 tasse de fromage râpé (cheddar, gruyère ou parmesan)
  • sel, poivre, aneth, persil ou coriandre
Faire revenir les poireaux et l’oignon dans un peu d’huile d’olive. Mélanger la farine et la levure. Dans un bol battre les œufs avec le lait et l’huile. Verser ce mélange sur la farine et bien mélanger. Ajouter le saumon et le mélange de poireaux et d’oignons. Assaisonner de sel, poivre, aneth et de persil ou coriandre. Ajouter la moitié du fromage. Bien mélanger. Verser le mélange dans un moule à cake beurré. Saupoudrer le dessus du reste de fromage. Cuire à four chaud (200°C) pendant environ 20 minutes ou jusqu’à ce que le cake soit bien doré.

Servir avec une petite salade verte.

Bon appétit !


After two days of festive outings with friends and at least 3 "galette des rois", it was time for us to spend a relaxing day at home, without any rain, finally! We set out to cook a moist salmon and leek cake.

Grocery list


  • 200 grams of flour
  • 3 eggs
  • 10 cl. of milk
  • 10 cl. of olive oil
  • 1 tbsp. of baking powder
  • 2 leeks
  • 1 onion
  • 1 can of sockeye salmon or some smoked salmon
  • 1 cup of gratted cheese (cheddar, gruyere or parmesan)
  • salt, pepper, aneth, parsley or cilantro

Cook leeks and onions in a skillet with a bit of olive oil. Mix flour and baking powder. In a large bowl, beat eggs with olive oil and milk. Pour the mixture onto the flour and mix well. Add salmon, leeks and onions. Add a pinch of salt, pepper, some aneth and parsley or cilantro. Add half of the cheese. Mix well. Pour the cake mix in a greased pan. Cook in a hot oven (200°C) for 20 minutes or until the cake is golden.

Serve with mixed greens.

Bon appétit!


jeudi 8 janvier 2009

Coup de gueule du jeudi: en finir avec le débat sur Rachida Dati

Photo AFP/20 minutes

La presse française est en ébullition, serait-ce à cause du conflit Israelo-Palestinien ? Que nenni, il s’agit du retour de Rachida Dati à son poste, 5 jours après avoir accouché de son mouflet. Je ne porte pas particulièrement la dame dans mon cœur, mais il faut arrêter la chasse aux sorcières. De nombreuses de femmes de par le monde reprenne le travail peu de temps après leur accouchement et ce n’est pas forcément pour autant que leurs enfants tournent mal. Si certaines choisissent de le faire en tailleur jupe et talons sexy où est le problème ? Après tout c’est elle que ça regarde et il faut arrêter un peu la mauvaise foi, ça ne va en rien remettre en cause le droit des femmes à prendre des congés maternité.

Je me rappelle encore de mes premiers cours en développement de l’enfant. Un de premiers auteurs que nous avions étudié déclarait alors que l’on devient une mère aussi bonne que possible. Il n’y a ni mauvaises, ni bonnes mères (à l’exception des cas relevant de la psychiatrie ou de la criminalité), chacune fait du mieux qu’elle peut.

Une certaine pression existe aujourd’hui pour que les mamans prennent du temps pour être avec leur enfant après la naissance. Les congés de maternité sont un bien en ce sens, puisqu’ils permettent à de nombreuses mamans de prendre un peu de temps pour elles et pour leur enfant, mais aussi parfois pour réfléchir à un changement de carrière professionnelle. Mais rappelons que c’est un droit, pas un devoir, et encore moins une obligation. Depuis quelques temps j’entends de toutes parts des discours sur la “nécessité” de prendre au moins 6 mois voire un an de conges maternité. Rappelons que si je fais partie des privilégiés qui pourraient financièrement se permettre de prendre autant de temps, ce n’est pas le cas de nombreuses mères de famille, qui ne peuvent se permettre une perte de revenus. Je pense à ces mamans célibataires qui doivent assumer seules le revenu de leur maisonnée. Mais j’ai aussi connu beaucoup de femmes à des postes de responsabilité dans les entreprises qui ne pouvaient se permettre de rester trop longtemps hors du circuit, au risque de perdre des années de travail féroce pour gagner leur place. Enfonçons donc les portes ouvertes: on ne reproche pas aux hommes de vouloir poursuivre leur carrière mais aux femmes oui. En quoi serait-ce si mal pour une femme d’être carriériste alors que c’est une qualité souvent appréciée chez les hommes ? Encore un coup des néo-conservateurs ?

Cela me fait penser aux débats sur l’allaitement. Aujourd’hui il est de bon ton d’allaiter son enfant, si possible longtemps. Même tarif, même punition, quoi que fasse la femme on va venir le lui reprocher, elle n’a pas choisi d’allaiter c’est MAL, elle a choisi un allaitement court, c’est MAL, elle a choisi d’allaiter plus d’un an c’est MAL. Elle allaite en public c’est MAL, elle pompe son lait au travail, c’est MAL. Lâchez-les un peu !


Le travail de la femme après la naissance d’un enfant, c’est la même chose. Une femme décide d’arrêter de travailler pour élever ses enfants c’est MAL, elle reprend le boulot juste après l’accouchement c’est MAL, elle reprend au bout de 3 mois c’est MAL, elle reprend au bout d’un an c’est MAL. Mais c’est infernal !
Chaque cas est particulier et les raisons pour reprendre ou ne pas reprendre le travail dépend de chaque femme. Les mollahs en tout genre devraient aller se rhabiller, regardons la réalité en face, ce n’est pas ce qui va fondamentalement changer la vie d’un enfant. Je connais des mamans qui travaillent et dont les enfants sont heureux et se développent bien, je connais des mamans qui ne travaillent pas et qui ont aussi des enfants heureux et qui se développent bien. Les femmes font des enfants depuis la nuit des temps, et la recette-miracle pour élever les enfants n’existe pas. Chacune fait du mieux qu’elle peut et la majorité des gamins ne s’en porte pas plus mal. Chaque femme est différente, nous n’avons pas toutes les mêmes envies, ni les mêmes besoins, ni les mêmes obligations, ni les mêmes contraintes : nous ne sommes certainement pas toutes égales devant la maternité.

Le paternalisme excessif est peut-être une particularité française mais je constate le même genre de paternalisme ici au Canada anglophone. Lorsque j’ai évoqué la possibilité de reprendre mon activité professionnelle avant 1 an de congés, j’ai eu le droit aux regards incrédules et un peu pédants du genre « mais tu n’y penses pas, et ton enfant ? ». Ha ben voilà on y vient… Le seul a avoir approuvé ma décision est mon directeur académique, lui-même papa et désireux de voir les dames de son département réaliser leur potentiel professionnel sans pour autant renoncer à leur rôle de mamans, d’où nos horaires flexibles et un environnement favorable aux femmes qui allaitent, ou tirent leur lait.

Ce qui me fait un peu hurler ce matin c’est qu’on reproche à Rachida Dati d’avoir repris le boulot si tôt, alors qu’une autre ministre, de gauche celle-là, avait en son temps fait la même chose… Ne venez pas me dire que tous ces bons samaritains indignés n’ont pas d’autres sujets plus graves à commenter…

Franchement il y en a des sujets plus graves dans l'actualité, comme le décès de Gaston Lenôtre, maître patissier ! Le monde manque de douceur, c'est le moment de se laisser aller avec un baba au café et cognac ou avec des macarons aux framboises... Alors la disparition du monsieur va laisser nos papilles en deuil...


dimanche 4 janvier 2009

Migrations sauvages - Wild migrations

Extrait d’un mail reçu ce matin et envoyé à tous les contacts d’une liste d’expats français de Vancouver :

"Je me présente, je m'appelle X et je suis en 4ème année d'école d'ingénieur à XYZ.Je recherche un stage de 3 mois dans le bâtiment pour l'été 2009. Je suis attiré par Vancouver et je pense qu'il doit y avoir des chantiers, notamment avec les aménagements pour les JO 2010.

Je ne sais pas vraiment comment m'y prendre pour contacter les bonnes entreprises. Pourriez-vous m'aider, me donner des contacts ou me dire où poser mes candidatures?
Merci d'avance."


Bon, le mail était poli c’est déjà ça… J’en avais un peu parlé ici, mais c’est fréquemment que je reçois ce genre de mails. Ce qui m’emmène à penser que beaucoup de jeunes ne sont absolument pas préparés à voyager seuls et à se dépatouiller dans un pays étranger. J’ai eu la chance d’être favorisée par la vie avec des parents grands-voyageurs et du coup j’ai appris quelques petits trucs en passant qui m’ont bien aidé dans mes propres pérégrinations au long cours.


A l’époque où mes parents parcouraient la planète dans tous les sens Internet n’était pas encore répandu comme aujourd’hui, on envoyait encore des Télex et la PanAm existait encore (j’ai volé sur cette compagnie peu de temps avant qu’elle ne disparaisse). Pourtant les routards de tous poils se croisaient sur les routes de Goa et d’ailleurs. Mais comment qu’ils faisaient ces hurluberlus pwalus et barbus avec leurs fleurs autour du cou ?


Aujourd’hui les choses vont plus vite, mais elles sont parfois aussi un tantinet plus compliqué, la paperasserie à fournir pour simplement aller se faire voir ailleurs vaut celles des Soviets de la pire époque et être simplement habillé de façon un peu connotée peut vous valoir de vous faire débarquer manu militari de votre vol. Et pourtant chaque année des tas de jeunes sautent le pas et franchissent les portes d’accès à l’inconnu, passeport en main et visa pour l’aventure dans l’autre. En témoigne le succès des PVT, les permis vacance-travail qui permettent d’aller se promener et bosser dans un pays étranger pour un an environ, du moment qu’on est jeune.


Je me suis retrouvée, comme ce jeune qui m’a écrit ce matin, à chercher des stages quand j’étais étudiante. Mon premier vrai stage, je l’ai d’ailleurs effectué ici, en Colombie Britannique, dans un petit labo perdu dans les brumes, à écouter et enregistrer les orques. Le stage je l’ai trouvé en faisant la liste des labos de recherche qui prenaient des « newbies » [1], de préférence étudiant les mammifères marins et de préférence dans un pays que je ne connaissais pas. A l’époque il fallait compiler les vieux journaux académiques pour trouver les adresses des labos, ou faire partie d’une association. Dans ma liste il y en avait deux au Canada, un en Argentine et un autre en Australie. Je vivais alors chez ma grand-mère en France, pas d’ordi mais la vieille machine à écrire de mon grand-père. J’ai donc tapé mes lettres de motivation à l’ancienne et les ait envoyées via la poste. Un mois plus tard j’étais acceptée à Alert Bay. Un trou paumé dans le nord de la BC, sur une île minuscule…


J’ai ressorti mon Atlas pour voir où exactement se trouvait mon île. Ensuite j’ai trouvé un Guide du Routard puis j’ai trainé mes baskets jusqu’à la médiathèque pour trouver un ordi connecté à Internet et j’ai planifié mon itinéraire, trouvé un bus et deux ferries qui m’emmèneraient de Vancouver jusqu’à ma destination finale. J’ai acheté une carte de téléphone internationale et je suis allée appeler l’auberge de jeunesse la moins chère de Vancouver pour réserver une nuit et j’ai bouclé mon sac (en fait le vieux sac à dos de l’armée de mon tonton). J’ai pris mon avion, dormi une nuit sur les fauteuils du hall d’arrivée à Vancouver avant de me lancer dans une expédition de 10 heures pour atteindre Alert Bay.


Orcalab


Ce premier voyage dans la région allait me marquer pour longtemps. J’ai rencontré des gens formidables, des amis que j’ai gardé, découvert un nouveau mode de vie, fait un road trip avec des copains sur la route des hippies de la BC, dormi au clair de lune plus d’une nuit, chanté autour d’un feu de bois, sauté dans l’eau glacée, navigué sur un ancien voilier de course et décidé que ce voyage ne serait que le prémisse de ceux à venir. Je n’avais pratiquement pas un sou en poche mais l’envie de dévorer les kilomètres et de me perdre dans l’immensité du monde. Ces vagabondages heureux sont parmi les meilleurs souvenirs de ma (courte) vie. J’en souhaite d’aussi beaux à ces étudiants qui m’écrivent pour me demander des stages. Le stage finalement n’est qu’un prétexte pour aller se promener et partir à la découverte d’un pays, des autres et surtout de soi-même… Alors si c’est votre premier grand voyage hors de vos sentiers balisés, lancez-vous ! Parfois les cordons de sécurité sont plus encombrants que nécessaires. Mais si vous avez réussi à trouver la liste en ligne des expats Français de Vancouver vous devriez être capables d’utiliser les pages jaunes, le site du Consulat de France (ou tout autre consulat pour ce que j’en sais) ou encore celui des PVTistes et celui du Routard. Alors bon courage et surtout bon voyage !



Aujourd’hui je me lance dans un autre genre de voyage, une autre aventure, et le petit bout qui va pointer son nez dans nos vies va aussi dévorer des kilomètres. Il a déjà volé plusieurs fois à travers le Canada quelques jours à peine après sa conception et ça ne fait que commencer… Mon instinct me dit qu’il va faire son premier grand voyage pour aller justement taquiner les orques dans le nord à la fin de l’été prochain…


This is an excerpt from an email I received this morning. It was sent to all the contacts on a list of French expats in Vancouver:

“Let me introduce myself, my name is X and I am studying on fourth year at an engineering school in XYZ. I am looking for a three month internship in construction for the summer of 2009. I am very attracted to Vancouver and I think there must be construction jobs with the 2010 Olympics. I don’t really know how to contact the companies. Could you help me? Give me some contacts or tell me where to send my applications? Thank you in advance.”

Well at least the email is polite enough. I get this kind of email pretty frequently. Some of them are quite rude and very demanding. Some are just plain lost! Which makes me think that some of these young people are absolutely not prepared to travel or fend for themselves in a foreign country. I was lucky to have parents who travelled around the world for most of my life. They taught me few tricks that are still useful today in my own wanderings across the globe.

When my parents were travelling around the globe, Internet had hardly been discovered yet, they still used Telex and Panam was still operating. (I actually flew on that company shortly before it closed down) Nevertheless, hobos and tramps of all sorts were hiking around the roads to Goa of elsewhere, with their flowered beards. But how did they manage is those times?

Today things move a lot faster, even if bureaucracy is worse than ever for those who just want to go and get lost somewhere, just being dressed in a particular way may even cause you to get taken off a plane. Even though, every year, thousands of the world’s youth head out to explore the world on their own terms, passport in one hand and visa for the adventure in the other. The success of the WHV, working holiday visa, is a proof of this tendency, it allows young people to go and visit a country, while doing odd jobs, for a year or so.

I was once a student and had to look for internships, just like the young guy who wrote to me this morning. My first true internship was actually here, in British Columbia, in a small lab on a remote misty island in the north of the province, listening to and recording orcas.


Telegraph Cove

I found that internship by compiling lists of labs that would accept a “newbie” like me, preferably in a country where I had never been, and possibly studying marine mammals. At the time you had to sift through piles of old academic journals to find the addresses or be part of an organization. In my list I had two labs in Canada, one in Argentina and one in Australia. I used to live with my French grandma and had no computer, but my grandpa’s antique typewriter. So I set out to type my applications old-fashion, and posted them. A month later I was accepted in Alert Bay. A remote community in BC…

First thing I did was pull out my Atlas to figure exactly where that was. I then found a Lonely Planet-like guide and dragged myself to the nearest library to find a computer with the Internet. I planned my itinerary, looked up buses and ferries. I bought an international phone card and called the cheapest hostel in Vancouver to book a night and then I packed my bag. (in fact it was my uncle’s old army backpack, very sturdy!) I boarded my plane, slept one night on Vancouver’s airport terminal seats and set off for the 10 hour journey that would take me to Alert Bay.

This first trip in the area was going to be a lasting memory. I met great people, dear friends, discovered a new lifestyle, took a road trip with friends on the hippy roads of BC, slept under the stars more than one night, sang around a campfire, jumped in icy cold water, sailed on a former race boat and decided this trip was the first of many more to come. I had very little money but a thirst to devour the miles and to lose myself in the world’s vastness. These happy wanderings are amongst the fondest memories of my (short) life. I wish many of those trips to the young students who write to me to ask for internships. Internships are just a way to go and have a trip, discover a country, people and more importantly oneself… If this is your first trip out in the world, don’t be afraid, go ahead. Sometimes lifelines are more cumbersome than truly useful. If you managed to find an obscure listing of French expats in Vancouver, than you should be able to find the yellow pages, the French consulate (or any other consulate for that matter), the Working Holiday classifieds, or Lonely Planet’s site. So good luck and good trip!


Today I am setting on another sort of adventurous trip, the little being that will become part of our lives this year will probably gobble up miles from early on. The little creature already flew several times across Canada, a few days after conception, and it’s only the beginning! Something tells me the first big trip will take him/her all the way up to northern BC to tease orcas next summer…



[1] Newb : débutant en langage geek…

Météo


Archives du blog

expatriation