vendredi 20 août 2010

Un petit tour chez les baleines - épisode 3 : Telegraph Cove

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Après avoir repris le ferry de Sointula et rejoint Port McNeill, nous avons repris la route vers le sud, pour quelques kilomètres, afin de rejoindre Telegraph Cove, un village sur pilotis.


Sur la route, qui passe non loin d’une grande zone d’exploitation de bois, nous avons croisé un ours brun, qui se gavait de baies de salal sur le bord de la route, nullement effarouché par les voitures et les caravanes qui circulaient ce jour-là :

A Telegraph Cove nous sommes montés à bord du Lukwa, un des deux navires opérés par Mary et Jim Borrowman de Stubbs Island, la plus ancienne opération de whale-watching de la région. Le capitaine Wayne, qui navigue ces eaux côtières depuis plusieurs décennies, a comme d’habitude mis de l’ambiance tout en dénichant pour nous quelques jolis coins pour observer les baleines à bosse et les éléphants de mer :

Une poignée de lions de mer...
Des marsouins de Dall nous ont aussi offert un joli spectacle...
Nous avons passé un peu de temps à observer des nids de pygargue à tête blanche, où des jeunes s’apprêtaient à prendre leur envol. Les adultes, eux, surfaient sur les thermiques…

Au retour, au moment d’accoster, nous avons entraperçu une maman ours brun accompagnée de deux petits escaladant les falaises juste au-dessus de notre logement pour la nuit…
Au retour, un petit arrêt s’imposait au Killer Whale café, pour y déguster un bon gratin de fruits de mer :
Pas de détour par le pub local cette année, l’accès étant interdit aux mineurs et notre petit passager pouvant difficilement se faire passer pour un adulte…
Petite folie cette année, nous avons délaissé le camping pour louer une des maisons avec vue de TC : le Wastell Manor, qui offre une vue incroyable sur Johnstone Straight et un certain charme suranné….
TC est de plus en plus touristique et je regrette un peu sa transformation en Disneyland pour riches pêcheurs de saumons…Du coup, le lendemain matin, après avoir admiré les lumières depuis la véranda, nous avons opté pour un détour par Port McNeill pour un petit déjeuner avec les habituels bûcherons plutôt qu’un petit déjeuner dans un lieu plus touristique.

Sur la route, tout indique que c'est ici encore le bois qui fait vivre les communautés:

Il était déjà temps pour nous de reprendre la route de Nanaimo où un ferry nous attendait pour nous ramener sur le continent. Une fois de plus nous avons du nous contenter d’un court weekend mais cela a suffit pour me redonner la pêche !

Toutes les photos de la journée sont là, as usual.
mardi 17 août 2010

Un petit tour chez les baleines - épisode 2 : Sointula, Malcolm Island


En face de Port McNeill se trouve Malcolm Island, l'île des utopistes de Sointula. Cette petite communauté a beaucoup changé depuis les premiers habitants de ce qui était alors une commune, mais un certain esprit demeure. Les habitants passent toujours par la co-op pour faire leurs courses et cette co-op est la plus ancienne du Canada ! 


Les anciens hangars à bateaux ont laissé la place à des ateliers d'artistes...

Mais on trouve encore sur l'île un forgeron qui travaille à l'ancienne, juste à côté de la Living Oceans Society, une jeune association pour la protection des océans et de leurs ressources.


 Sur l'île, on trouve encore quelques fermes, vestiges des idéaux agro-communistes des premiers pionniers Finnois. La plupart des fermiers offrent maintenant le gîte et le couvert aux visiteurs de passage et font leur beurre du tourisme.

En remontant vers la côte nord de l'île, la côte devient bien plus sauvage et on croise régulièrement des biches et leurs faons qui traversent les chemins. Plus rarement, on peut aussi y croiser un ours ou deux. Bere Point est notre destination pour la nuit. Le long de l'immense plage, il est fréquent d'entendre le souffle des orques qui passent dans Queen Charlotte Strait et c'est un lieu de camping bien connu des amateurs de mammifères marins !



Nous montons notre tente et nous préparons une petite popotte avec ce que nous avons glané à la co-op. La nuit sera calme, ponctué par le ressac de l'océan tout proche et le cri des pygargues en chasse. 


 Au petit matin, toujours aucun signe des orques mais notre petit passager explore avec beaucoup de joie la plage. Nous découvrons un cadavre de loutre échoué un peu plus bas qui fait le bonheur des corbeaux et autres charognards. Le cercle de la vie et de la mort est complet ici: on oublie un peu le côté aseptisé de nos vies modernes.


Après avoir remballé notre matériel, nous nous sommes rendus à la pointe de l'île, voir le phare de Pultney Point, l'un des derniers à être opéré manuellement et à être habité. C'est aussi un des seuls endroits où j'ai pu avoir un peu de réseau pour appeler ma famille, car le mariage de ma soeur avait lieu ce jour-là ! Généralement, lors de ce genre de sorties, j'opte pour une déconnexion complète de nos téléphones, ordinateurs et autres modes de communication...

En se promenant autour du phare nous avons découvert une plume d'aigle, ce qui est, pour les Premières Nations du coin, un don de l'animal et un gage de chance... Le petit passager ne l'a pas laché sur tout notre trajet du retour.

Après un dernier petit tour pour saluer les vieux hangars et les ruines de maisons flottantes, nous reprenons le ferry pour Port McNeill et mettons le cap sur Telegraph Cove...


Toutes les photos de Malcolm Island sont là.
dimanche 15 août 2010

Un petit tour chez les baleines - épisode 1: Port McNeill et OrcaLab

Je réalise que je néglige de plus en plus ce blog... Tiens ça me rappelle que j'ai quand même deux ou trois trucs à poster ici ! Alors pour faire durer un peu le plaisir, je vais poster nos dernières aventures en plusieurs épisodes.

Il y a deux semaines, le temps était au beau fixe mais mon moral moins. Il n'est pas toujours facile de concilier mon boulot, mes études et ma vie de famille, sans parler du fait que croiser de vieux collègues biologistes me rappelle un peu ce que j'ai laissé tomber pour mener une vie plus "normale" et que, parfois, je regrette un peu...Mais, trève de pleurnicheries ! Vendredi dernier, donc, au lieu de descendre vers les Etats-Unis comme nous l'avions prévu, nous avons finalement mis cap au nord pour respirer les embruns. 

Vendredi soir, nous avons chargé la voiture avec notre matériel et pris la route de Horseshoe Bay pour attraper le ferry qui va sur l'île de Vancouver. Apparemment, la moité de Vancouver avait eu la même idée et nous avons du patienter pour prendre le ferry de 19h30 au lieu de prendre celui de 18h00. Après une traversée sans histoire, nous sommes arrivés sur les coups des 21h30 à Nanaimo, avec encore 4 heures de route devant nous pour atteindre Port McNeill.


La première partie de la route est encore relativement civilisée mais passé Campbell River, nous avons attaqué la portion de la route la plus sauvage: peu de lumières visibles, la forêt omniprésente et les hauts sommets de l'île. La pluie nous attendait de pied ferme et avec la chaleur de ces derniers jours, une brume fantomatique s'élevait de la route, rendant la visibilité presque nulle à certains endroits. Une ambiance digne des films d'horreur dont les ados raffolent.... Heureusement, nous n'avons croisé ni zombies, ni serial-killer, ni monstre des Carpathes... Sur les coups des 2 heures du matin nous avons atteint la charmante petite ville de Port McNeill où un lit chaud nous attendait pour quelques heures de répit.

Port McNeill est une ville de bûcherons et les petits-déjeuners servis au Dry Dock, le café du coin, en sont le reflet: consistants! Le petit passager a amusé les vieux de la vieille qui y tiennent table ouverte pour jouer aux cartes pendant que nous remplissions nos estomacs en prévision de la journée. 

A 9h30 nous avons rejoint Bill et Donna McKay, propriétaires de Naiad Explorer, pour une journée à traquer les mammifères marins autour des petites îles. Cette année, les orques se sont faites rares, pour raison inconnue, tandis que les baleines à bosse ont fait un retour remarqué. Les baleines à bosse ont longtemps été chassées dans cette région et on peut encore voir les vestiges de cette industrie dans la ville presque fantôme de Namu. Elles avaient déserté la région depuis la fin des années 1900. Depuis quelques années cependant, les baleines à bosse reviennent. Quelques femelles reviennent d'année en année avec leurs jeunes. Tant et si bien qu'on commence à les cataloguer.

La richesse des fonds marins y est sans doute pour quelque chose. La biodiversité est étonnante. De nombreux oiseaux de mer, des phoques, des lions de mer, des dauphins, des marsouins, des ours, des loups et divers cerfs profitent de l'abondance de nourriture offerte par l'océan. 


Bill et Donna m'ont fait le plaisir d'un petit détour par OrcaLab. La marée ne nous a pas permis d'accoster pour une visite dans les règles mais j'ai pu échanger quelques mots avec les chercheurs depuis le pont du bateau et leur présenter notre petit passager. Grosse émotion ! J'avoue que les étés passés à observer et enregistrer les mammifères marins me manquent terriblement !


L'après-midi, le soleil a refait son apparition et il faisait assez chaud pour rester en t-shirt sur le pont. Le balet des baleines à bosse nous a occupé jusqu'à notre retour à quai.


Nous avons repris la voiture pour emprunter le petit ferry qui dessert Sointula, la communauté finnoise de Malcolm Island, notre destination pour la nuit. Je n'avais pas remis les pieds à Sointula depuis près de 10 ans...

Toutes les photos de cette première journée ici.

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