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mercredi 7 janvier 2015

#Jesuischarlie







Ce matin, notre ville côtière est noyée dans le brouillard. Épais, cotonneux, il dilue les formes et force à la mélancolie. Nous nous sommes réveillés dans un brouillard de nouvelles stupéfiantes et terrifiantes. Douze personnes sont mortes au siège de Charlie Hebdo. Parmi les noms de ceux qui ont perdu la vie dans une attaque violente et indicible, Wolinski, Cabu, Charb, Tignous… D’autres, comme le naturaliste Fabrice Nicolino sont blessés. Mon seul petit réconfort ce matin c’est de voir que la place a été donnée aux hommages et non au portrait-robot des connards qui assassinent la liberté de la presse.

J’ai grandi dans un monde où internet n’était pas encore au bout de nos doigts. Les journaux étaient attendus, lus et partagés.  Venant d’une famille qui en lisait beaucoup, j’ai découvert assez tôt les dessins de presse et les caricatures politiques. Charlie, mon oncle se faisait un plaisir de le lire et de le laisser trainer devant ma très conservatrice grand-mère, avec le Canard évidemment! A mon entrée à l’université, à l’âge des grands idéaux, des engagements politiques et des manifs, Charlie est demeuré. J’ai aussi rencontré quelques dessinateurs de presse, dont certains sont devenus des amis. Beaucoup continuent aujourd’hui à militer pour la liberté de la presse à coups de traits de crayon humoristiques.

Ils sont un miroir impitoyable mais souvent tendre de notre humanité. Ils nous renvoient sans concessions à nos failles, nos petitesses et nos bêtises. Ils ont l’art de nous dessiner empreints de nos défauts. Ils nous prennent à rebrousse-poil et sont les seuls à ne pas nous prendre au sérieux! C’est bien là le problème. Les caricaturistes sont souvent pris à parti pour avoir pointé du doigt l’évidence. Que ce soit un Philippe Val qui se fait casser la figure par des militants anti-IVG ou cette récente attaque sur les trublions de l’actualité, les dessinateurs et caricaturistes dérangent, sont emprisonnés, torturés ou tués partout dans le monde. Parce qu’ils nous renvoient à cette faillible humanité, à nos contradictions et nos oxymores. Les moralisateurs et ceux qui se veulent bien-pensants ne supportent pas de se retrouver ainsi confrontés à eux-mêmes, sans fard et sans compromis.

Cette dernière décennie a été envahie, gangrénée par les moralisateurs, les conservateurs, les bien-pensants, les extrémistes fanatiques de tous bords et de toutes religions. Ils sont obscènes de connerie, bien plus obscènes que les nanas et les mecs  à poil et au poil de Wolinski ou de ses potes. Il faut riposter, il faut soutenir ceux qui défendent notre liberté de penser, d’écrire et d’être. Il faut continuer à résister à cette façon de penser qui rabaisse notre humanité, rend complètement crétin et continuer à pointer du doigt l’absurdité de tous ces fanatiques, barbus ou non. Aujourd’hui et demain encore plus, soyons tous Charlie, renonçons au confort de l’apathie. Renvoyons ces connards à leurs pénates. Je m’en vais de ce pas lire quelques dessins politiquement incorrects, indécents et drôles, rire à la barbe des barbus et me souvenir de ceux qui ont perdu la vie parce qu’ils avaient suffisamment d’humour pour ne pas nous prendre au sérieux…






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dimanche 2 mars 2014

Accoucher à Vancouver... sans papiers


Ce matin j'ai reçu un gentil courriel d'une personne qui a prévue d'arriver sous peu à Vancouver et voulait des renseignements sur l'accouchement et comment ça se passe ici.  La dame est très enceinte et accouchera sous quelques semaines.

Commençons par le commencement: pour accoucher à Vancouver comme partout ailleurs au Canada il est fortement recommandé d'être couvert par l'assurance santé de la province. Ici c'est le Medical Service Plan. C'est pas gratuit, il faut payer, même si parfois l'employeur s'en charge. Le MSP s'obtient quand on a des papiers en règle avec l'immigration. Il n'est PAS accessible aux personnes avec un visa de touriste pour 3 mois. Même avec des papiers en règle, il faut plusieurs semaines pour que cela soit pris en compte, donc entre temps, un expatrié bien préparé aura pris le soin de souscrire une assurance santé privée qui pourra le couvrir en cas de besoin... Beaucoup d'assurances-santé privées destinées aux voyageurs ne couvrent pas tous les frais relatif à l'accouchement, mieux vaut se renseigner avant et voir ce qui est couvert ou pas. Généralement l'assureur vous conseillera d'accoucher dans votre pays et de partir ensuite.

Bon, il s'avère que la charmante personne n'a pas de visa pour le Canada et compte régulariser sa situation sur place. Je tiens à préciser que je ne travaille pas pour Immigration Canada mais je sais qu'ils ne régularisent qu'à certaines conditions. Le visiteur lambda qui n'est pas réfugié politique n'aura pas de traitement de faveur, il sera renvoyé dans ses pénates et on lui demandra de faire les démarches appropriées pour obtenir son visa. Note aux Benêts: venir de la France, même avec tout ce qu'on peut lui trouver de problématique, ne vous donne pas un statut de réfugié politique... Si Immigration Canada fait suer les candidats au départ avec moults démarches, visites médicales, tests de langues et demande à ce vous ayez un minimum d'argent de côté ce n'est certainement pas pour fournir gratos des visas à tous les touristes qui trouvent le coin sympa et décident de rester...

Donc, en admettons que vous soyez vraiment, mais vraiment décidé à tout risquer pour débarquer au Canada sans papiers... Comment accouche-t-on? Ben comme partout ailleurs il y a plusieurs options:

- on peut accoucher en urgence à l'hôpital, ils vous accueilleront sans soucis, ils ne sont pas sans coeur au point de vous laisser accoucher sur le parking. BC Women's Hospital, la plus grosse maternité de la province vous demandera par contre de payer 15000 dollars en caution (non il n'y a pas de zéros en trop)... Des fois que vous ayez besoin de soins particuliers, d'une opération ou que le bébé nécessite un séjour en soins intensifs. Les frais s’additionnent vite et vous pouvez vous retrouver dans la situation de ce couple d'Australiens qui ont eu le malheur d'accoucher très en avance lors de leurs vacances... Coût total: plus d'un million... Tu parles de vacances ! Bref, soit vous avez gagné au loto, soit vous votre oncle d'Amérique vous sauve la mise ou vous vous retrouvez endetté à vie...

- on peut accoucher avec une sage-femme non reconnue. Il en existe quelques unes qui pratiquent des accouchements non-réguliers. Elles ont le coeur sur la main et savent généralement gérer... Par contre, ça veut dire accoucher obligatoirement à la maison, avec la possibilité de devoir aller à l'hôpital en cas de problème ou si une péridurale est réclamée à cor et à cris... Les sages-femmes non reconnues ne sont pas couvertes par le système de santé ni par les assurances privées et du coup vous donneront une facture d'environ $2000 pour un accouchement normal à la maison, même si elles doivent vous transférer à l'hôpital parce que vous avez décidé qu'une péridurale serait plus sympa...

- on peut accoucher non-assistée. Certaines femmes en font le choix. Ca veut dire faire tout soi-même et assumer les risques pour sa santé et pour le bébé.  Pas de péridurale, pas de suivi post-accouchement ... Après tout les femmes accouchent de bébés depuis longtemps et certaines survivent très bien sans avoir besoin d'aide médicale. C'est l'option la moins coûteuse... Bonus: si le temps le permet, vous pouvez accoucher sous un arbre dans le parc, ou sur la plage ! Je connais des gens très bien qui ont fait ce choix. Par contre ils s'étaient préparés pendant un certain temps, ce n'était pas quelque chose d'improvisé...

Naissance dans l'eau, non-assistée: http://saudibirthstory.blogspot.ca/

Donc au final... Avec papiers et couverture, tout est pris en charge y compris si des soins spécifiques sont nécessaires. Sans papier ni couverture, c'est à vos frais et très souvent à vos risques et périls...

Les facteurs à prendre en compte avant de s'expatrier quand on est en cloque:

1- L'argent ne pousse pas sur les arbres à Vancouver, je vous assure j'ai vérifié...
2- Les emplois ne poussent pas sur les arbres non plus. La crise est mondiale, ouvrez un journal... Je connais plein de gens très bien, en règle, qui parlent couramment Anglais qui n'en trouvent pas facilement en ce moment...  A l'aéroport c'est marqué "Bienvenue à Vancouver" pas "Bienvenue en Eldorado".
3- Les agents d'immigration ne sont pas des philanthropes accommodants, les règles sont les mêmes pour tout le monde. Pas de papiers = retour au bercail une fois le délai de votre visa touriste passé. Dans certains cas vous pourrez obtenir une prolongation d'un mois, sous réserve que vos finances soient assurées. Par contre, pas de couverture médicale, ça c'est à vos frais.
3- Vancouver est une des villes les plus chères du monde, il y a des articles à ce sujet partout... tapez Vancouver + coût de la vie dans Google. De rien.
4- Maintenant que vous avez un bébé et qu'il faut bosser pour rembourser ce que vous devez à l'hôpital ou à la sage-femme, il faut aussi trouver une nounou. Crèche ou nounous ne sont pas gratuites non plus, pas subventionnées non plus sauf si vous êtes, là-encore, dans un cas bien particulier comme réfugiée politique. Une nounou vous coûtera en moyenne entre 1200$ et 1500$ par mois, et souvent il faut fournir les repas...
5 - Les compagnies aériennes n'aiment pas particulièrement faire voler des dames très enceintes... Elles ont le droit de vous refuser l'accès à bord du vol. Et pour continuer dans les mythes, elles ne donnent pas de billets à vie à votre bébé s'il naît en vol...Vous aurez juste tout un tas d'autres personnes qui vont vous détester...
6 - Un bébé, même sympa et peu demandant, ça va vous coûter des sous et du temps. Pas vraiment idéal si on essaie de trouver un boulot, un logement et reconstruire une vie...

Bon on compare vite fait avec la France:

1- L'accouchement de base sera pris en charge par la sécu, et les dépassements d'honoraires en France restent raisonables comparés à ce qu'on peut payer ici si on est pas couverts...
2- Vous aurez surement de la famille et des amis pour vous aider les premières semaines avec le nouveau-né
3- Si vous êtes Français, pas de risque qu'un agent d'immigration vous raccompagne à la frontière de votre propre pays...


Petite précision : de nombreux expatriés s'en sortent très bien avec un peu de préparation. Il y en a un certain nombre qui accouchent ici chaque année. La très grande majorité ont fait leurs devoirs et surtout leurs démarches. Leurs papiers sont en règle, ils sont couverts et la vie est belle! Parfois, prendre un peu de temps pour préparer son grand départ fera toute la différence entre une expérience réussie et un retour à la case départ plus fauché qu'avant...

L'Ambassade du Canada à Paris peut répondre aux questions et vous expliquer les démarches à suivre pour obtenir vos papiers. Entre-temps, la France n'est pas le tiers-monde et offre toute ce qu'il faut pour accoucher d'un bébé. Bonne naissance !

mercredi 19 février 2014

Coup de gueule de maman scientifique...


Il parait que les Américains ont du mal avec les sciences... Selon le journal The Independent, un américain sur quatre ne saurait pas que la Terre orbite autour du Soleil et plus de la moitié des Américains ne croient pas en l'évolution...

J'ai eu beaucoup de chance d'avoir un oncle et une tante qui se passionnaient pour des tas de choses et ont été les premiers à encourager mon intérêt pour les sciences. Du premier microscope que mon oncle m'a offert aux livres sur les animaux généreusement donnés par ma tante. Mon oncle a toujours pris le temps de m'emmener explorer la nature et tenter des expériences saugrenues. Il n'y a jamais eu cette pression de se conformer à des choses "pour les filles" dans ma famille, bien au contraire. Ma famille m'a toujours encouragée, y compris ma grand-mère très tradi-catho, qui m'a poussée à partir vivre mes premières aventures en solo chez les orques !

Aujourd'hui, c'est à mon tour d'encourager mes enfants, ma nièce et mes filleuls à s'intéresser aux sciences et à explorer le monde autour d'eux. Du coup j'avoue ma perplexité devant tout le débat Français sur le genre ou sur les livres de jeunesse un peu rigolos... Les mecs qui dirigent la France et ceux qui défilent pour n'importe nawak dans les rues sont tous plus crétins les uns que les autres. C'est franchement affligeant...  Quand on commence à restreindre les enfants dans leurs lectures ou tenter de les conformer à un "genre" avec des idées qui relèvent de la bêtise la plus profonde, on s'en va vers des générations perdues. On va finir comme ces Américains dont on aime tant se moquer. Pour le pays des Lumières et de Descartes, ce serait quand même un comble...

Il y quelques semaines, nous sommes allés visiter le museum Beaty de la biodiversité à UBC, l'université de la Colombie-Britannique. Surtout pour voir l' énorme squelette de baleine bleue, le plus gros animal de la planète ! Certains individus peu recommandables que je connais ont travaillé au nettoyage et à l'assemblage de la bête.


 

Le petit passager était ravi. Suivez le guide: 


On a compté les cercles d'un arbre qui avait 775 ans:




On a admiré des specimens de toutes sortes: 


 
 
 
 

Mais comme se confiner au Musée c'est pas tout, nous avons été courir un peu dans l'université...





Partir à la recherche de spécimens vivants c'est bien plus drôle !



Il faisait froid... les fontaines étaient toutes gelées ! On a touché la glace et regardé comment les choses givraient de différentes façons,




Parce que la science c'est pas juste dans les bouquins, expérimenter est aussi important... à tout âge et avec toutes sortes de sujets ! Le cerveau des enfants à besoin de se nourrir de ces expériences et de découvertes. Les limiter, c'est limiter leur champ des possibles.

Mes garçons jouent aussi à la poupée et s'initient à la cuisine, portent parfois mes escarpins à talons... en plus de jouer aux trains et de vouloir aller déterrer des dinosaures. Je n'ai aucune crainte pour leur avenir ! Ils auront l'esprit curieux et n'auront pas peur d'explorer. Tant mieux. C'est en remettant en cause les acquis et le confort de la "conformité" qu'on peut se permettre de faire des découvertes qui en valent la peine.

 Détendez-vous un peu les étroits du cerveau !

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lundi 21 novembre 2011

Coup de Gueule du Lundi: ambiance post-electorale

Ce weekend, la majorité des Britanno-Colombiens allaient aux urnes pour élire leurs maires, leurs conseils municipaux et autres branches du gouvernement local. A Vancouver le débat faisait rage entre le maire Gregor Robertson, affectueusement surnommé "Juice Man" car il est aussi patron d'une boîte qui fabrique des jus de fruits bios et son opposante, Susan Anton. Gregor le juteux a remporté la bataille et effectuera donc un second mandat comme maire de la ville, ce qui va faire grincer des dents ceux qui n'aiment pas les pistes cyclables qu'il a fait installer ou les poulets qu'il a autorisé dans les jardins urbains. Le geek et moi avons observé les débats et les discussions dans les médias avec un sourire amusé car même si nous payons nos impôts locaux avec diligence, nous n'avons pas pour autant le droit de vote, n'étant (pas encore!) citoyens Canadiens.

Gregor, le maire vert de Vancouver avec son vélo

Nous sommes nombreux dans le même cas... Vancouver compte un nombre importants de travailleurs venus d'ailleurs, avec des visas temporaires ou permanents mais sans citoyenneté. Un américain qui vit depuis un certain temps dans le coin et qui (je crois) a épousé une Canadienne a remis en cause ce système et entamé une procédure en justice pour obtenir le droit de vote aux élections locales. Selon ses calculs, environ 13% de la population en age de voter de Vancouver n'a pas le droit de vote aux élections locales.

Quand on traine ses basques dans différents pays, on se retrouve souvent observateur de la politique locale, sans pour autant pouvoir y prendre part. Si les choses sont bien faites, on peut voter pour les élections importantes de son pays d'origine. Avec ma citoyenneté française, je vais donc pouvoir voter aux présidentielles françaises de 2012 au consulat de France de Vancouver. Il est à parier que mes parents en feront de même, aux antipodes d'ici, à l'Ambasssade de France de l'ile Maurice. Par contre moi je n'aurais aucune influence sur la politique de la ville où je vis tandis que mes parents, qui ont la citoyenneté mauricienne, pourront voter aux élections mauriciennes.

Je sais que beaucoup de pays se posent la question si délicate de la citoyenneté. Est-ce juste payer des impôts? Le droit de voter? Est-ce une adhésion à un ensemble de valeurs et de traditions? Est-ce qu'on peut encore dire qu'un pays est représenté par ses valeurs quand les populations sont de plus en plus multiculturelles? Comment redéfinir ses valeurs? Qu'est-ce qu'être un citoyen? Quels sont les droits et les devoirs d'un citoyen? Peut-on vraiment être citoyen de plusieurs pays et partager ses allégeances?Je sais que la France vient de réviser ses exigences pour l'accès à la citoyenneté française. C'est une question beaucoup plus complexe que ne veulent nous le faire croire les politiques qui s'en saisissent pour polariser les débats et faire du populisme. Plutôt que d'écouter les rigolos qui se veulent fin politiques déblatérer sur la question alors même qu'ils n'ont que rarement plusieurs passeports, ne faudrait-il pas aller interroger ceux qui vivent tous les jours avec une double ou une triple-nationalité et explorer un peu plus en profondeur les complexités d'une question profondément identitaire?


mardi 27 septembre 2011

Coup de gueule: Caamano Sound et la menace des pétroliers

Un des grands projets industriels qui divisent la BC est la construction du pipeline Enbridge. Ce pipeline permettrait au pétrole extrait des sables bitumineux de l'Alberta d'être acheminé jusqu'au port en eau profonde de Kitimat et de là d'être exporté vers l'Asie et le reste de l'Amérique par pétroliers. Outre le fait que l'exploitation des sables bitumineux est un désastre écologique sans précédent, l'éventualité d'une marée noire similaire à celle de l'Exxon Valdez en Alaska aurait des répercussions terribles pour la côte sauvage de la BC. 

Difficile d'accès, souvent la proie de tempêtes, parsemée de récifs traitres et de brouillards persistants c'est une zone que les meilleurs marins reconnaissent comme dangereuse. C'est aussi une zone où la biodiversité est saisissante, merveilleuse. C'est une région qui m'a conquise il y a plus de 12 ans et qui m'habite encore aujourd'hui. Avec de nombreux autres habitants de la région, je crains l'arrivée des super-tankers dans les eaux riches de la région...  Alors que tout nous indique de nous devons nous sevrer de cette dépendance au pétrole, il semblerait que tous les moyens soient bons pour en extraire jusqu'à la dernière goutte, quitte à y sacrifier ce qu'il nous reste de biodiversité marine. J'espère que, pour une fois, nos dirigeants auront à cœur de préserver ces dernières zones de beauté sauvage inaltérée.

lundi 18 avril 2011

Le coup de gueule du lundi: les jeunes canadiens énervés (ou presque) et les élection fédérales

On se prépare à une nouvelle élection au Canada. Le premier ministre est désormais sur un siège éjectable et les politesses ne sont plus de mise. L’actuel premier ministre s’est taillé une bien mauvaise réputation. Malgré les opérations de presse-tendresse avec pullover bleu et chaton l’actuel PM a du mal à se défaire d’une image de maniaque du contrôle de l’information, un tantinet mégalomane (il a renommé le gouvernement du Canada le gouvernement Harper…). Malgré cela et quelques autres scandales et pratiques clairement anti-démocratiques, la jeunesse avait dédaigné les dernières élections et le taux d’abstention était plutôt élevé. Vu que les partis ciblent leur clientèle habituelle, les vieux, il n’y a pas grand-chose dans leurs programmes pour exciter les hormones pourtant facilement excitables des jeunes du pays. Donc, les cartes semblaient distribuées d’avance : un fort taux d’abstention et un nouveau gouvernement minoritaire.

Puis, il y a eu cette tirade du comique Rick Mercer, qui tient les rennes d’une émission politique tragi-comique dans le genre des Guignols de l’info :



Rick, il en avait clairement marre du gouvernement actuel et clairement marre que les jeunes ne se révoltent pas plus… Sans le prévoir, il venait de déclencher un phénomène. Les jeunes d’un certain nombre d’universités canadiennes ont lancé des Vote Mobs, des happenings pour inciter leurs potes de fac à aller voter. Non-partisanes et pleines de bonnes humeurs, ces espèces de manifs bon-enfant ont scotché un des ministres du gouvernement qui les a trouvées « Déconcertantes », pas très branchés les ministres…



Le pire c’est que ça marche! Les jeunes sont massivement aller mettre des bulletins dans les urnes… Sans surprise, il semblerait que les étudiants votent plutôt à gauche, donc pas vraiment pour le gouvernement en place… Les Conservateurs en ont été fort choqués et ont dare-dare tenté de faire annuler le vote de l’Université de Guelph. Sauf que le vote avait été approuvé par Élections Canada, le corps qui supervise les élections et s’assure de la validité du processus. Tant pis! Maintenant, voilà les différents partis qui tentent de rallier cet électorat longtemps abandonné. 

Pendant ce temps, une bande d’artistes de Vancouver créait le phénomène avec leur site www.shitharperdid.com et avec leur vidéos YouTube qui sont vite devenues virales. Sur le ton de l’humour décalé, ils soulèvent des problèmes de fond et remettent en cause les pratiques anti-démocratiques du gouvernement en place et ils incitent le monde à aller voter. Le trafic de leur site est monté en flèche en une journée et le site a du fermer quelques heures avant de se remettre en ligne avec une plus grande bande-passante.


Depuis longtemps, le gouvernement du Canada se désintéresse de la politique étrangère, comme le prouve les coupes sévères dans le budget de la diplomatie canadienne. Mais il semblerait que les évènements récents dans le monde et l’exemple d’une révolte menée essentiellement par les jeunes contre un conservatisme de plus en plus étriqué ait fait des émules chez les jeunes Canadiens. Il va falloir aux politiciens plus que quelques photos avec des chatons pour se tirer d’affaire sans égratignures… Les jeunes ont la dent dure et sont sans concession pour cette catégorie d’hommes blancs plus âgés qui ne les représentent vraiment pas. Il y a un véritable fossé entre les préoccupations des jeunes et les propositions mille-fois remâchées des politiciens. Le manque d’imagination et de charisme chez les politiques Canadiens qui ne joue pas en leur faveur. 

Je me demande parfois ce qu’il adviendra des prochaines élections en France où le fossé est sans doute similaire, voire plus grand. Verra-t-on un Rick Mercer galvaniser les jeunes ou verra-t-on un duel déprimant entre Marine le Pen et Dominique Strauss-Khan?
jeudi 31 mars 2011

Coup de gueule du printemps: des atomes, de la politique et des cerisiers en fleurs...

Le monde est en effervescence. Des révolutions sont en cours mais les dictateurs ont la dent dure et s'accrochent à leurs piédestaux comme autant de morpions à un poil bien dru. Pendant ce temps, la nature rappelle à nos voisins Japonais que la mégalomanie des hommes ne les mets pas à l'abri d'une mauvaise blague du destin. La fureur atomique hante depuis longtemps l'inconscient collectif des Japonais et se voir de nouveau menacé par l'invisible mais insidieuse radioactivité réveille chez de nombreux amis Japonais de mauvais souvenirs. Les informations qui s'entrechoquent et se contredisent les laissent dans l'expectative et dans un certain désarroi. Et pourtant, les cerisiers sont en fleurs. Ce symbole si puissant de renouveau à ramené quelques sourires et l'espoir fou qu'avec le printemps viendront des solutions.

Genbaku Dome, Hiroshima, photo de WilliamBullimore


En BC, nous sommes pile-poile dans la ligne de mire des nuages chargés de particules. Les eaux océaniques sont déjà contaminées et malgré les déclarations rassurantes des différentes autorités "compétentes", il est difficile de ne pas se poser des questions. Quels seront les effets cumulatifs sur la chaîne alimentaire? Pendant ce temps, dans un effort délibéré de nous infantiliser, des politicards paternalistes nous transforment des concepts abstraits en comparatifs ridicules: il faudrait passer 200 radiographies pour obtenir le même taux d'exposition potentielle à ce qui est détecté en ce moment dans nos contrées (entendu ce matin). Comme le dirait les Anglo-saxons, tout ce joli monde "marche sur la pointe des pieds" en évitant soigneusement "l'éléphant dans la pièce". L'éléphant en l'occurrence, ou le mammouth pour certains, est cette question du nucléaire. Cette énergie "stable" et "propre" qu'on nous présente encore souvent comme la meilleure alternative aux énergies sales comme le pétrole ou le charbon, est un peu comme la boîte de Pandore. Avec leur vision à court-terme et leur ignorance crasse des sciences les politiciens essaient tant bien que mal de sauver les meubles, de préserver un modèle économique qui ne fonctionne plus depuis longtemps et de poursuivre une croissance qui ne mène à rien si ce n'est au désastre écologique. Plutôt que d'explorer des alternatives qui ne nuisent pas à la santé de leur concitoyens, ils s'accrochent au nucléaire comme le noyé à sa bouée percée.

Depuis trop longtemps, ils traitent les écolos comme une bande de joyeux chevelus qui ne se préoccupent que des petits oiseaux, des abeilles et des jolies baleines. Mais l'écologie est en réalité la science des réseaux du vivant. Si les abeilles disparaissent, l'agriculture en pâtit sérieusement. Si les saumons décident d'aller se faire voire chez les Russes, la sylviculture du coin se voit condamnée à récolter un bois de moins bonne qualité. Le jour où nos décideurs se décideront enfin à ré-évaluer la place de l'homme dans la complexité du vivant, nous auront fait un grand pas. Il ne s'agit plus de sauver les baleines ou de préserver les routes migratoires de la mouche péteuse de Sibérie occidentale. Il s'agit de comprendre à quel point notre existence, notre santé et notre avenir dépendent de la complexité du vivant dans lequel nous évoluons. Il n'y pas d'espèce "inutile" ou de zones "sans importance" sur notre petit îlot dans l'univers. L'homme sans cette complexité biologique est un dinosaure condamné à disparaître.


Depuis quelques jours je me suis plongée dans le livre de Sandra Steingraber: "Having faith: a ecologist's journey to motherhood". Dans ce bouquin, cette remarquable chercheuse qui a beaucoup bossé sur les relations entre pollution et cancer revient sur la reproduction humaine et sur l'importance du "milieu". Nous n'avons pas de cloisons étanches et les polluants qui se retrouvent dans nos milieux, que ce soit les fleuves, les océans ou les champs, se retrouvent inévitablement dans nos tissus, dans nos cellules. Donner la vie aujourd'hui c'est procréer dans un véritable bain de produits toxiques divers. De quoi relativiser toutes ces précautions alimentaires autour des sushis, de la charcuterie ou des fromages... Je me rends bien compte que la complexité du vivant ne s'appréhende pas facilement et révèle un peu de l'abstrait mais il faudra bien que quelqu'un ait le courage de le faire dans nos "élites". Il faudra bien un jour qu'on se rende collectivement compte que ce que nous balançons avec autant de désinvolture dans les fleuves, les océans ou dans l'atmosphère finira par venir iévitablement nous mordre le derrière.

Je râle, je peste et je m'insurge et bien sur je ne fais rien avancer. Pendant ce temps, d'autres dinosaures comme Claude Allègre continuent à perpétuer le mythe que l'homme n'y est pour rien dans le changement climatique. Je m'attends presque à ce qu'il vienne nous dire que le nucléaire ne présente aucun danger pour l'homme. J'en viens à prier pour qu'une fleur de cerisier qui tombe à Vancouver déclenche une pluie de météorites sur les imbéciles pédants de son espèce. Sur ce je m'en vais râler ailleurs, j'ai du perdre les quelques lecteurs qui viennent parfois se perdre ici. Faudrait peut-être que je mette à composer des Haikus tiens...
vendredi 21 janvier 2011

TGIF: ou comment le politiquement correct est parfois un peu trop correct pour être honnête...

Ouaip, c'est Vendredi ! Je viens de recevoir un mail de mon propriétaire (ou plutôt de sa femme) pour m'annoncer que la ville de Vancouver demande aux propriétaire de se débarrasser de toute mangeoire à oiseau pour éviter la prolifération de la vermine (comprendre les rats...). Mon proprio je le croise presque tous les jours quand il vient faire ses travaux au-dessus de chez nous, il glisse la facture d'électricité dans notre boîte aux lettres mais apparemment venir se plaindre de notre mangeoire à oiseaux requiert un mail avec vrai-fausse règle de la ville... Passons.

Ce petit épisode de la vie de tous les jours à Vancouver-la-politiquement-correcte, me rappelle que si le quartier était autrefois le repère des hippies sur le retour, aujourd'hui c'est plutôt le repère des Desperate Housewives qui préfèrent les gazons manucurés aux potagers sauvages... Mon proprio a horreur des composteurs et aime abuser du roundup sur les malheureuses mauvaises herbes qui auraient le culot de s'installer dans le jardin. Personne n'a peur des contradictions dans le coin... On proteste contre les tankers mais on conduit des 4X4 monstrueux, on mange bio mais on râle contre la transformation du golf en parc protégé. Dans un genre un peu différent, les jeunes mères s'extasient sur leurs morveux respectifs en se confirmant que la maternité c'est formidable gna gna gna.... tout en puisant dans un stock inépuisable d'antidépresseurs...

Dur dur de vouloir paraître si civilisé, si propre, si parfait quand la réalité de la vie est un véritable chaos sur le point de se produire! 

Je ne vais pas donner des sueurs froides à mon pauvre proprio qui doit déjà faire avec mon lombri-composteur, mon potager sauvage et mon gamin qui ressemble d'avantage à un troll de Troy certains jours qu'à un petit ange... Pour lui faire plaisir, je viens de décrocher la mangeoire, au grand dam des petits pious-pious et de Blacky, l'écureuil du coin. Bah, dans un sens c'est mieux qu'ils se nourrissent sans coup de pouce de notre part. Dieu (insérer ici le dieu de votre choix...) nous préserve de la possibilité que la nature sauvage viennent perturber notre quartier si civilisé !
samedi 9 octobre 2010

Saumons contre pétrole: la Colombie-Britannique veut sauvegarder sa côte sauvage

Oil in Eden: The Battle to Protect Canada's Pacific Coast from Pacific Wild on Vimeo.

dimanche 14 février 2010

Lettre ouverte à Madame Badinter : oui, on peut être écolo, allaiter et être féministe...


Elisabeth Badinter vient de commettre un réquisitoire violent contre les nouvelles “tendances” de la maternité. Si l’on en croit ce qu’elle écrit, les femmes sont en train de mettre en péril tout le travail des féministes en prônant une forme de retour en arrière lorsqu’elles choisissent des naissances dites « naturelles », d’allaiter, de rester à la maison pour s’occuper de leurs enfants, ou lorsqu’elles ont le malheur de se croire écolos.Madame Badinter se trompe de cible semble-t-il et prend plaisir à faire des amalgames qui ne rendent pas justice à son intelligence.
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Vous me décevez Madame Badinter, vous qui avez été un modèle pour nombre de jeunes filles. Si la condition de la femme se délite, ce n’est ni la faute aux écologistes, ni la faute aux tenants de l’allaitement, c’est de la faute aux habitudes insidieuses et au fatalisme. Depuis quelques temps, on lit d’ailleurs sur nombre de blogs de mamans féministes que ce sont justement ce genre de propos qui sont en train de tuer le féminisme. Au lieu de s’unir pour faire front, les femmes se blâment mutuellement pour le délitement de la condition de la femme dans le monde.
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Voyez-vous Madame Badinter, je fais partie de ces femmes qui ont fait des études prolongées  (dans un domaine d’ailleurs plutôt masculin mais c’est une autre histoire) et qui aujourd'hui passe du temps avec son marmot. J’ai une carrière des plus intéressantes, bien qu’éclectique.  L’année dernière, ma vie à changé du tout au tout lorsque j’ai donné naissance à mon premier enfant. Un enfant désiré, conçu en toute connaissance de cause.  J’ai pris un congé maternité long, comme le droit Canadien me l’accorde, j’avais choisi de donner naissance à la maison, j’allaite encore mon fils et j’ai l’audace de croire que je fais des choix écologiques dans ma vie de tous les jours.  Ces choix ne vont pas à l’encontre de mes idéaux féministes, loin de là. Je milite encore pour le droit à l’avortement, à la contraception, à l’égalité salariale. Je travaille actuellement de chez moi, tout comme mon partenaire qui d’ailleurs passe beaucoup de temps à s’occuper de notre enfant.
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Lorsque j’ai commencé à explorer le monde de la maternité moderne, j’ai découvert des femmes extraordinaires, des féministes exemplaires, des militantes, des guerrières. Nombre de ces femmes que vous fustigez pour avoir choisi de rester à la maison sont loin de l’image que vous dépeignez. Elles montent des entreprises, travaillent à distance, écrivent, militent, poursuivent des études, obtiennent des doctorats. Elles sont créatives et innovatrices. Elles ne passent pas leur journée à attendre le retour de leur mari en écossant des petit pois… Elles sont bien plus indépendantes que vous ne semblez le croire. Elles se sont affranchies des limites posées par un monde du travail encore très machiste et condescendant. Elles n’éprouvent plus le besoin de prouver aux hommes qu’elles peuvent mieux faire qu’eux : elles font mieux. Elles ont compris qu’il n’y avait nul besoin de devenir masculine pour être féministe. Elles prennent parfois le temps de ne pas travailler pour réfléchir, pour prendre du recul et choisir en toute connaissance de cause la suite de leur carrière, osant, parfois, prendre des voies bien différentes.
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Votre dédain pour l’allaitement me semble également infondé.  Allaiter relève du droit de la femme à disposer de son corps comme elle l’entend, au même titre qu’avorter ou choisir son partenaire et son orientation sexuelle. Allaiter devrait rester un choix. Un choix que l’on devrait pouvoir faire sans avoir à s’en excuser. Aujourd’hui il semblerait qu’une femme qui dégrafe son corsage pour nourrir son enfant provoque bien plus de controverse que les brindilles visiblement anorexiques que l’on nous expose nues, sous toutes leurs coutures, à longueur de pages publicitaires, comme autant de morceaux de viande à consommer…
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On peut allaiter et être féministe. On peut allaiter et prendre position. Allaiter,  c’est peut-être  faire la nique à ces multinationales de l’alimentaire qui veulent nous faire croire que nous sommes incapables de pourvoir nous-mêmes aux besoins nutritifs de nos enfants. Allaiter n’est pas cette servitude que vous décrivez. C’est même souvent une libération. Financière d’abord, car on n’a plus à dépenser des fortunes en lait onéreux, en biberons et autres accessoires soi-disant indispensables. C’est aussi une liberté de mouvement : on allaite où l’on veut, quand on veut, nul besoin de prise électrique ou d’eau propre.  Nous voilà bien loin de l’image de la femme confinée chez elle parce qu’elle allaite… Je ne m’étendrai pas sur les bénéfices de l’allaitement pour la santé des enfants ni sur les bénéfices pour la santé de la femme car peu importe finalement, chacune devrait avoir le droit de faire de ses seins ce qu’elle veut et brûler ou non son soutien-gorge si elle le souhaite! Je n’aime pas les ayatollahs qui veulent nous imposer tel ou tel choix.  Et là, Madame, vous ne valez pas mieux que les militantes de la Leche League qui ne jurent que par le nichon, vous qui ne jurez que par le biberon.
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Vous semblez aussi avoir un dédain bien mal placé pour les accouchements dits « naturels ». En quoi cela va-t-il à l’encontre de la libération de la femme? Les pratiques pour le moins patriarcales du milieu médical devraient pourtant vous donner envie d’aller défendre les femmes qui font ce choix et rejettent les diktats de ceux qui traitent nos corps comme des morceaux de viande? De plus en plus de femmes qui accouchent sont soumises à des traitements pour le moins inadéquats. Les déclenchements et les césariennes de convenance  arrangent les médecins mais mènent bien souvent à des complications à court et long-terme chez la femme. N’oubliez pas qu’une césarienne reste une intervention chirurgicale lourde et handicape souvent la mère bien plus longtemps qu’un accouchement naturel. Des interventions dites de « routine » mais souvent non-nécessaires comme l’épisiotomie mènent souvent à des troubles sexuels ou de la continence. Oui, la médecine a fait des progrès et oui, certaines interventions sauvent des vies, mais il y a aussi un certain dédain pour le respect de la dignité des femmes, pour le respect de l’intégrité de leur corps. C’est cela qui devrait vous révolter, et non les femmes qui ont choisi de prendre en charge leur propre corps et de lui faire confiance. Cette peur du corps de la femme me rappelle un peu ce que l’on reprochait aux « sorcières » pendant l’Inquisition : une certaine indépendance finalement.
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Vous semblez oublier que les pays européens les plus féministes, comme les pays nordiques, sont aussi ceux où, justement, les femmes font le plus souvent le choix d’accouchements naturels et sans interventions, les pays où les femmes allaitent le plus longtemps. Ce sont aussi des pays qui ont le plus de pères qui prennent des congés et s’occupent de leurs enfants. Les pays où le télétravail se développe le plus. Cela devrait vous mettre la puce à l’oreille. Vous vous êtes bien trompée de cible.
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Les femmes d’aujourd’hui sont à la recherche de l’équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie privée. Elles veulent faire des choses intéressantes et stimulantes, mais aussi avoir du temps pour leurs enfants, pour leurs passions. En investissant du temps dans leurs enfants, elles préparent l’avenir et plantent les graines de nouveaux mouvements sociaux, de nouvelles révolutions. Elles ne « renoncent » pas, elles bandent leurs  muscles pour de nouveaux combats.
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 Ne pensez-vous pas que ce vieil idéal du « sacrifice » de sa vie de famille au profit de sa vie professionnelle que vous semblez défendre rappelle un peu trop cette tradition religieuse que vous décriez tant ?
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Je n’argumenterai même pas le bien-fondé d’un mode de vie plus écologique. Je crois qu’il n’y a là aucune matière à débat. Regarder vers l’avenir et le prendre en compte me semble bien plus important que de perpétuer un mode de vie consumériste, obsolète et voué à la l’échec. Certaines des plus grandes féministes de ce siècle sont d’ailleurs des écologistes. Des femmes qui comme Wangari Maathai ou Vandana Shiva,  luttent pour préserver notre environnement et servent de modèles aux femmes qui prennent en charge leur vie et leurs communautés.
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Je ne comprends pas en quoi ces femmes qui prennent en main leur vie, leur santé, leur corps, leurs enfants et leur environnement au mépris des habitudes éculées d’une société aux mœurs encore trop étriquées vous chiffonnent tant. Je suis persuadé que de profonds changements sociaux découleront des choix de ces femmes. Respecter leurs choix, c’est respecter leur indépendance, c’est leur donner une chance de guérir les blessures qui sont infligées chaque jour au féminin avec un grand F, c’est peut-être même leur donner une chance de réparer un peu le tissu social qui part en lambeaux dans bon nombre de nos sociétés.
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Je veux croire que votre coup de gueule partait d’une révolte bien intentionnée, mais je reste déçue de tous ces amalgames infondés et ces jugements à l’emporte-pièce. Ne tirez plus sur l'ambulance, si c'est la conception traditionnelle de la maternité qui vous chiffonne, soutenez donc ces femmes qui sont en train de réinventer la maternité et leurs compagnons qui réinventent la paternité, vous seriez peut-être surprise du résultat...
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Et puis, ne croyez-vous pas qu’il y ait des combats plus urgents à mener, comme cette égalité salariale qui n’est encore qu’un mythe en France? Ou l’éducation de ces jeunes filles soumises à une pression intolérable pour conformer leur corps à une image bien trop futile pour être honnête?


Quelques réactions aux propos d'Elisabeth Badinter:

Une chercheuse américaine répond à Elizabeth Badinter ici.
Une autre éthologue pousse son coup de gueule ici.
Pour qui pédale Badinter ou l'art du hors-sujet par une féministe sur Rue89
vendredi 22 janvier 2010

Coup de gueule féministe contre la démocratie qui part en miettes

En ce moment même il y a des soldats Canadiens et Français qui risquent leurs vies en Afghanistan. Pour beaucoup, leur rôle est de défendre la timide démocratie qui tente de percer dans ce pays assombri par la guerre et par les idéologismes douteux et moyenâgeux. Chaque journal télévisé apporte son lot d’atrocités commises par les barbus sinistres. Le spectacle désolant des fillettes arrosées d’acide pour avoir eu l’audace d’aller à l’école me noue l’estomac. Et pourtant, je ne cesse de me demander de quel droit nous allons là-bas tenter d’imposer par la force ce que nous avons-nous-même tant de mal à maintenir dans nos propres contrées?

En ce moment-même, le Premier Ministre Canadien a une fois de plus prorogé le parlement, limitant ainsi le pouvoir parlementaire. Cette façon de faire aurait sa place dans une république bananière… Chaque jour, mon lecteur de flux rss m’apporte son lot de nouvelles déprimantes. Entre les frasques de la dynastie Sarkozy et les berlusconneries de nos voisins Italiens, les soi-disant tenants de la démocratie ne craignent pas les pieds de nez à la décence…

Je remarque que dans nos contrées dites civilisées, les droits des femmes sont de plus en plus bafoués, malgré les vigilantes pétroleuses féministes. En Bulgarie, les femmes qui accouchent sont traitées moins bien que du bétail, tandis qu’en France on défile contre le droit à l’avortement. Je trouve singulièrement gonflé que nos dirigeants s’en aillent ensuite donner des leçons aux barbus peu sympathiques, lesquels doivent bien se marrer dans leurs grottes…

J’ai souvent entendu dire que la façon dont on traite les femmes est le reflet de la façon dont on traite notre planète. Le parallèle est saisissant. Les Premières Nations disent souvent que pour guérir les blessures de notre planète, il faut commencer par mieux traiter les femmes et les mères. C’est un concept qui se tient. Un ami Mohawk m’a d’ailleurs fait remarquer qu’au sein même des communautés autochtones du Canada, c’est justement la maltraitance des femmes qui fait se déliter de plus en plus le lien social, créant par la suite un malaise difficile à soigner.

Il serait temps de se rappeler ces pionnières qui ont fait gagner le droit de vote aux femmes dans nos contrées, ces furies qui ont gagné haut la main le droit à disposer de leurs corps comme elles l’entendent et ces silencieuses qui chaque jour tentent de soigner les blessures de nos sociétés, les blessures de la terre. Féministes du monde entier: au boulot !


 
mardi 27 octobre 2009

Chronique de la haine ordinaire ou comment faire dire à la génétique ce que l'on veut...

Je viens de lire un excellent article du généticien Axel Khan dans Sauvons la Recherche. Je vous recommande fortement de le lire. Cela faisait quelques temps que je m’inquiétais un peu des dérives actuelles de notre gouvernement français, notamment de ce projet de « ficher » des gamins en bas âge, de les « labéliser » comme futurs délinquants ou pire. Cet argumentaire selon lequel la violence ou la délinquance serait inscrites dans nos gènes me laisse un arrière-goût de déjà-vu malsain dans la bouche… Si je suis heureuse de voir que la recherche en génétique va sans doute permettre de soigner certaines maladies orphelines, je me pose beaucoup de questions quand à son interprétation par ceux qui ont des agendas politiques un peu trop visibles. Il y a une tentation bien trop forte de catégoriser les populations, une façon sournoise de « sélectionner » et de « trier », de séparer le « haut du panier » de la « plèbe », une façon comme une autre de maintenir une partie de la population dans un statut de citoyen de seconde zone. Si tout cela a sa place dans un mauvais film de science-fiction, c’est en complète contradiction avec nos idéaux républicains et démocratiques.

Il est amusant de voir comment nos dirigeants aiment accommoder la science à leur sauce. Pour ce qu’il est du changement climatique c’est assez similaire. Un monsieur avec qui j’ai eu la chance de travailler ici à Vancouver, Jim Hoggan, spécialiste des relations publiques, vient justement de produire un livre sur la désinformation intentionnelle autour du changement climatique. Il est étrange, note-il, que les plus farouches opposants aux mesures de mitigation du changement climatique soient aussi ceux qui ont le moins de crédit scientifique…

En Amérique du Nord, on entretient des rapports d’amour et de haine vis-à-vis de la science. Faut-il rappeler qu’un grand nombre d’écoles aux États-Unis refuse d’enseigner la théorie de l’évolution car cela contredirait (selon eux) ce qui est écrit dans la Bible… Alors que peut attendre de ces personnes qui préfèrent se mettre des œillères ? Ce qui m’effraie, c’est de voir que notre « vile nain », se verrait bien adopter certains de ces points de vue ultraconservateurs et dangereusement intolérants… Comme le dit Axel Khan, il est infiniment plus facile d’accuser le patrimoine génétique de tous les maux de la société, plutôt que d’admettre les échecs d’un modèle perverti. Je propose donc de « ficher » tous les obsédés du « génétiquement correct » …

samedi 24 octobre 2009

Gourmandise de saison : courge musquée légèrement caramélisée et prosciutto


Squash
Mise en ligne par Ron.McCauley
Les jours filent à toute vitesse et j’ai l’impression de n’avoir le temps pour rien. J'évite un peu le web en ce moment, fatiguée de lire toutes les sarkozeries récentes et autres scandales de nos dirigeants sans pudeur.. (J'aime beaucoup le dernier Courrier International qui titre qu'il y a "Quelque chose de pourri au royaume de France"..). Je suis un peu fatiguée à vrai dire et mes velléités d'aller manifester avec ma clique habituelle pour la journée mondiale d'action pour le climat (comprendre dire à nos dirigeants de se bouger un peu avant Copenhague..), alors je profite encore un peu de mon jardin et des couleurs de l'automne.

Automne qui est maintenant bien avancé, nous préparons Halloween. Pendant que je prépare le jardin pour l'hiver, nous décorons la maison et nous préparons le stock de bonbons pour les petits monstres qui ne manqueront pas de venir taper à notre porte.


C’est la saison des citrouilles, des courges et autres cucurbitacées. En BC, la
courge musquée est beaucoup utilisée en cuisine, que ce soit en soupe ou en purée. Ce légume était traditionnellement cultivé et consommé par les Premières Nations. Son goût un peu sucré apporte un peu de douceur pendant les longs mois d’hiver. Ses fleurs sont aussi délicieuses en beignets. Dans les îles, on connait bien le cousin de la courge musquée, le Giraumon. Une courge musquée c’est tout de même beaucoup pour deux personnes et après avoir préparé plusieurs litres de soupe, j’étais à la recherche de nouvelles idées pour accommoder ce légume de saison. Je suis tombée par hasard sur cette recette de courge musquée légèrement caramélisée. Nous avons testé la recette ce soir.
  • Une demi courge musquée
  • Deux cuillères à soupe d’huile d’olive
  • 1 cuillère à soupe de beurre fondu à la casserole
  • 1 cuillère à café de sucre roux
  • 1 cuillère à café de sauge séchée
  • Une pincée de cannelle
  • Sel et poivre
Découper le « cou » de la courge en rondelles (ou demi-rondelles pour ceux qui n’auraient acheté qu’une demi-courge) et enlever la peau. Disposer les rondelles sur une plaque à pâtisserie recouverte de papier sulfurisé. Réserver le reste pour une autre recette. Dans un bol, mélanger l’huile, le beurre, le sucre, la sauge et la cannelle. Badigeonner les tranches de courge des deux côtés de ce mélange. Saler et poivrer. Faire cuire à four chaud (180°C) pendant 15 à 20 minutes jusqu’à ce que les tranches soient dorées et tendres. Servir avec un peu de prosciutto ou de jambon fumé.


Bon appétit !

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