Affichage des articles dont le libellé est Friends from ailleurs. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Friends from ailleurs. Afficher tous les articles
samedi 29 janvier 2011

Les marins de passage

A force de trainer mes basques dans les ports, j'ai fini par croiser la route d'une espèce à part. Le marin. Mais attention, pas le marin qui a pris la mer contraint et forcé et qui descend à terre pour une bordée alcoolisée avec les copains et les catins. Non, celui qui prend la mer par choix, parce que l'appel du large est plus fort que tout. Ils sont volontiers poètes, souvent peintres ou graveurs de scrimshaw. Ils ont une boîte aux lettres chez Peter, au Café Sport de Horta aux Açores et connaissent les meilleurs vendeurs de soupe chinoise de Singapour. Ils ont une nette préférence pour les voiliers, surtout les vieux gréements ou les jonques.

Il arrivent parfois à l'aube, m'embarquent pour une escale bretonne, manger des fruits de mer à Concarneau avant d'aller déguster une crêpe sur l'île de Sein en admirant les couleurs du Finistère. Souvent, trop souvent, c'est un coup de fil du bout du monde, ou un petit paquet posté de quelque île aux épices avec un "bijou romantique" dedans, une petite algue séchée de la mer des Sargasses, un morceau d'ambre vert de la Baltique que je porterai longtemps au doigt ou encore une petite porcelaine ramassée sur une plage de Zanzibar.

J'écoute leurs récits d'aventures, on boit notre café fort en repensant à ces heures passées à contempler le soleil levant dans le Pacifique Sud et on se demande si on se reverra. Je m'inquiète parfois quand je sais qu'ils tirent des bords dans les haut-lieux de la piraterie, sur les côtes Somaliennes ou au large des Philippines. Je les sais un peu pirates aussi, mais je fais semblant de ne rien savoir. Ils se passe parfois de longs mois sans que je n'ai de leurs nouvelles mais je sais que leur sourire un peu triste viendra de temps en temps illuminer mes matins gris. J'envie parfois leur liberté, leur capacité à arpenter les océans sans le moindre regret. Ils ont ce regard hanté par tout ce qu'ils ont vu au-delà des horizons. Ils gardent sur eux le parfum des filles croisées quelques heures et celui, plus fort, des embruns et d'huile à calfatage.

Mes deux marins sont différents, l'un est jeune et peint les couleurs de la mer comme nul autre, il a un regard qui a 100 ans et hante le Pacifique et les mers du Sud... L'autre est un vieux sage qui parle aux cachalots, raconte de belles histoires pour me faire rire, connait toutes les filles de Horta par leur prénom, dévore la vie comme nul autre même quand son cœur fait des dératés, il connait l'Atlantique et la Bretagne comme sa poche.  Comme le héros de Hugo Pratt, ils ont un côté romantique qui ferait volontiers sourire s'ils étaient d'une autre trempe. Ils n'ont pas ce côté policé des navigateurs du dimanche, ils jurent parfois comme des charretiers et n'ont que faire de nos conventions sociales. Ce sont des anarchistes au grand cœur. Le monde et ses dictateurs ne leur importe plus. Je les soupçonne d'avoir le cœur trop tendre et trop vrai pour pouvoir accepter cette vie de compromis. J'ai pour eux une immense tendresse, il me rappellent cette autre partie de moi, celle qui aurait bien largué les amarres pour aller cracher au nez du vent sous le Cap Horn.

Quand je déprime, je regarde les cartes marines et je retrace la route de leurs navires respectifs, me demandant s'ils se croiseront un jour, le jeune et le vieux. Ils me manquent souvent, mes vagabonds des mers, mais je sais qu'ils reviendront sans doute un jour me conter leurs histoires avec des étoiles dans les yeux, me faire rêver un peu et me confier quelque lettre pour une demoiselle croisée sur une plage ensoleillée.

Hier, un ami commun m'a appelé pour me dire qu'il avait cru apercevoir le voilier du jeune, à quai à San Diego.  Je me plais à penser qu'il poussera peut-être un peu nord pour venir boire un café à Vancouver. C'est ma petite bouteilles à la mer. Je ne sais pas s'il me lira, il a une nette préférence pour les bouquins qui sentent les années passées et ne passe qu'un minimum de temps sur le web, mais sait-on jamais !  

Comme de par hasard, mon beau-frère m'a offert pour Noël une des BD de Corto Maltese. Hier soir je me suis replongée dans les aventures du marin maltais en pensant à cette improbable escale que mon ami ferait peut-être ici.
 
dimanche 7 mars 2010

La valse des voyageurs

Lorsque l'on est expat on rencontre souvent d'autres expats, des affinités se découvrent et des liens amicaux se créent. Malgré les rencontres avec les "locaux", on ne peut s'empêcher de passer du temps avec d'autres voyageurs, d'autres aventuriers aux passeports bardés de visas. Et chaque année, la valse recommence : certains repartent d'où ils venaient, d'autres partent vers des horizons nouveaux et d'autres encore débarquent, en quête de nouveauté ou de renouveau.

Après toute une vie à observer cette danse annuelle, je ressens toujours un petit pincement au cœur: de ces amitiés éphémères, je sais que certaines disparaitront alors que d'autres demeureront, se fiant des frontières et des distances. Cette année, j'observe les départs et les arrivées avec un recul un peu différent, me demandant parfois si vivre plus près de ma famille ne serait pas un bien. Nous en sommes à la quatrième génération de grands voyageurs et pourtant la question des racines se pose encore et toujours.

Je sens au bout du téléphone les regrets inexprimés de ma maman, qui adorerait profiter davantage de son petit-fils, elle qui a passé sa vie à voyager loin de sa propre famille. Pourtant, la voilà guillerette de mettre les voiles pour un nouveau voyage, un voyage prévu depuis tant d'années, un voyage en Inde, avec mon papa, sans les enfants. On ne se refait pas !

La question du "retour" se pose toujours à certains moments de la vie et pourtant, il suffirait d'un nouveau projet de voyage pour avoir de nouveau envie de s'envoler ailleurs. Alors, un petit pas de deux avec ceux qui partent et ceux qui arrivent s'impose...
jeudi 26 mars 2009

En route pour le Sud... Heading South

Bon, c'est pas qu'on commencait à s'ennuyer mais bon je recommencais à avoir des fourmis dans les jambes et l'envie d'aller me promener ailleurs. La semaine prochaine le blog sera en hibernation, le temps pour nous d'aller là:



Et aussi là:



Et là:



et un petit détour par là:



Après les forêts humides de la BC, direction le désert et les couleurs fabuleuses du Nevada, de l'Arizona et de l'Utah... Je vais surtout revoir une amie que je n'ai pas revue depuis 10 ans, ce qui me remplit de joie ! En ce moment, avec la crise, les gens partent moins en voyage, ce qui a pour avantage de faire sérieusement baisser les prix...


Next week the blog will be off for a bit. The geek and I are heading South, to visit Las Vegas, the Grand Canyon and Sedona, where I will reunite with a friend I haven't seen in 10 years. With the crisis, less people seem to be going on vacation, with the result that prices are cheaper. A good timing for us, I needed to stretch my legs a bit and go explore some new horizons. The desert will be a welcome change after BC's wet rainforest.
lundi 17 novembre 2008

Couleurs et Saveurs de Montréal

C’est toujours un plaisir de retrouver l’ambiance si particulière de Montréal et ses habitants. J’ai passé une bonne semaine en compagnie de l’ambassadrice de la Martinique, Annie-Claude. Même si le boulot m’a pas mal occupé, nous avons quand même trouvé un peu de temps pour rencontrer du monde, diner et bruncher avec des amis et errer avec délices chez Qui Lait Cru, la fromagerie du Marché Jean Talon, à goûter des fromages locaux et à acheter Reblochons et Comté pour les amis de Vancouver.



Annie-Claude et moi avons enfin pu aller manger au Fou d’Epices, un petit resto où nous sommes cassés le nez au moins 4 fois dans le passé (trop tard, trop tôt, pas le bon jour…). Le résultat a été à la hauteur de nos espérances : une cuisine fine et savoureuse et pas trop chargée. Je préfère quand même la cuisine Thaïe du Salathaï de Vancouver mais mes papilles ont apprécié cette escapade vietnamienne, épicée juste comme il faut.



La Vache qui fait Meuh: restaurant de fromages sur la rue Marie-Anne



Le hasard s’est de nouveau acharné sur moi, je n’ai pas pu rencontrer Olivier et Anne comme prévu depuis deux semaines, car en idiote que je suis, je me suis trompée de resto ! Sous la pluie battante, j’ai fait le trajet jusqu’à la deuxième enseigne de Juliette et Chocolat pour apprendre que le petit groupe de bloggers de Montréal venait juste de quitter les lieux. Arghh !!! C’est la deuxième fois que je viens à Montréal et que je manque une rencontre ! Je dois avoir la poisse !

Je garderai le plaisir de revoir les enseignes rigolotes de Montréal et ses petites maisons colorées. Une question me turlupine depuis des années, pouquoi trouve-t-on au Québec autant de maisons avec des escaliers raides et casse-cou alors que la moitié de l’année il gèle ? Monter et descendre ces escaliers en plein hiver relève parfois de l’exploit Olympique. Je me rappelle encore des expéditions entre la haute et la basse ville de Québec, sur des escaliers raides et couverts de glace, pour aller faire nos courses des la semaine. Au bout de quelques semaines, nous avons renoncé et décidé de nous faire livrer les courses plutôt que de finir avec une jambe en moins… Je me suis toujours demandé qui avait eu une idée si saugrenue pour l’architecture locale ? Si vous avez la réponse je suis preneuse !





Montréal offrait en cette fin d’automne un climat encore doux, même si la pluie est venue un peu nous gâcher le plaisir des derniers jours sans neige. Dimanche, la température a brusquement chuté et j’ai repris le train pour Ottawa avec l’hiver à mes trousses.

Poires du Marché Jean Talon

dimanche 9 novembre 2008

Repas saveurs du Sud à Montréal - Montreal supper with a taste of the south.

Me voilà de retour à Montréal après quelques jours à Ottawa. J’ai retrouvé la chaleur des îles avec mon amie Annie-Claude, ambassadrice de la Martinique. Pour fêter ces retrouvailles nous avons fait un petit tour par le café Santropol, histoire de nous sustenter après mon trajet en train depuis l’Outaouais, puis, le soir venu, nous nous sommes concoctées un diner digne de ce nom, histoire de faire un pied de nez au mauvais temps et à la pluie, couleurs et saveurs du sud au menu !

Crumble de tomates au basilic


  • 3 grosses tomates juteuses et parfumées
  • Quelques feuilles de basilic frais
  • Du fromage de chèvre au poivre
  • Parmesan, farine, beurre, une pincée de muscade

Laver des découper les tomates en dés, émincer finement les feuilles de basilic, émietter quelques grammes de fromage de chèvre. Mélanger le tout et mettre dans un plat préalablement huilé avec de l’huile d’olive.
Pour le crumble : mélager une quantité égale de beurre demi-sel, de farine et de parmesan, ajouter une pincée de muscade et émietter le mélange sur le dessus des tomates.
Mettre le tout dans un four chaud (180°) et servir lorsque le crumble est doré sur le dessus.



Crevettes sauce Cajun


  • Des grosses crevettes sauvages, gambas ou crevettes grises du Pacifique
  • 1 boîte de bisque de homard
  • 1 pot de pesto
  • 1 gros oignon jaune
  • 1 poivron orange
  • 1 tomate
  • Quelques petits piments ou une cuillère à café de tabasco
  • Citron vert
  • Feuilles de coriandre fraîche

Laver et peler les crevettes. Couper la tomate en dés, hacher finement l’oignon et le poivron. Essuyer les crevettes avec une feuille d’essuie-tout puis les fariner légèrement.
Faire revenir l’oignon et les poivrons dans un peu d’huile d’olive, puis faire revenir les crevettes. Ajouter la tomate. Ajouter deux ou trois cuillères à soupe de pesto et bien mélanger. Verser ensuite la bisque de homard et environ la même quantité d’eau chaude. Bien mélanger, puis ajouter deux ou trois petits piments entiers pour donner du goût à la sauce ou le tabasco.
Couvrir et laisser mijoter à feux doux une trentaine de minutes. Servir avec un riz sauvage ou un riz au jasmin, ajouter quelques feuilles de coriandre fraîche. Arroser d’un peu de citron vert.

A déguster accompagné d’un léger vin rosé.

Bon appétit !




Aujourd’hui le soleil a refait son apparition alors avec un peu chance nous allons pouvoir aller nous promener !



Here I am back in Montreal after a short trip to Ottawa. I found island heat when I met with my friend Annie-Claude. We went for a quick lunch at Santropol. Then, in the evening we prepared ourselves a supper with all the colors and tastes of the south to counter the bleak and rainy weather.

Tomatoe and basil crumble:

  • 3 big juicy tomatoes
  • Fresh basil leaves
  • Pepper goat cheese
  • Flour, parmesan, salted butter and a dash of nutmeg

Wash and cut the tomatoes in cubes, finely slice the basil leaves and crumble the goat cheese. Mix all these and put the mix in a pan you will have slightly oiled with olive oil. In a bowl, mix a cup of flour, a cup of parmesan and a cup of butter, add a dash of nutmeg and crumble the mix with your fingers. Top the tomatoes with this mix and cook in a hot oven until the crumble is nice and golden.



Cajun-style prawns

  • Large prawns, gambas or pacific white prawns
  • 1 can of lobster bisque
  • Pesto
  • 1 large yellow onion
  • 1 orange pepper
  • 1 tomatoe
  • A few small chillies or a teaspoon of Tabasc
  • Lime
  • Fresh cilantro leaves

Wash and dice tomatoe, slice onion and pepper. Clean and peel prawns, pat dry with a tissue and slightly flour. Brown onion, pepper and then prawns. Add diced tomatoes, mix some pesto in. Pour lobster bisque, add the same volume of warm water. Mix well, add chillies or Tabasco. Mix well. Cover and simmer on medium heat for half an hour. Serve with wild rice or jasmine rice. Add a few leaves of fresh cilantro and a dash of lime juice.

Savour with a glass of chilled rose wine.

Bon Appétit!


mercredi 12 septembre 2007

Royal National Sailing Association des Nains de Jardin

L'ami Ponpon , ce terroriste du maussade, grand et tendre poète amariné, joyeux pourfendeur de la connerie humaine, vient de commettre ce dernier message. Il m'a fait hurler de rire et franchement je n'ai pas pu faire autrement que le partager :


Royal National Sailing Association des Nains de Jardin

Devant le malheur qui frappe la famille Ménager en Martinique, privée de l’affection de son nain de jardin enlevé aux siens par le cyclone Dean, nous avons décidé de réagir en accord avec les principes de F L N N J « Front de Libération National des Nains de Jardin.


Nous venons de libérer un nain captif de l’île de Madère qui vivotait a l’attache a proximité d’une bétonnière et partons avec lui pour une transatlantique à la voile. Ce faisant nous effectuons la première traversée à la voile d’un nain de jardin et avons décidé de baptiser cet exploit « la route des nains ».


Commémorant de notrre geste des siècles de traite Nain-grière abolie par la déclaration des droits de l’homme et du citoy-nain.Après la transat des pensionnés et la transcaraïbe des assistés, il était temps de créer une traversée mythique pour Nains de Jardin, c’est chose faite, vous pouvez soutenir notre action méritoire en la sponsorisant. Loin de nous l’idée de nous livrer a une sorte de proxénaintisme aggravé mais une telle opération hautement symbolique a un coût, toutes vos donain-tions seront les bienvenues.


Ci-joint la merveilleuse chanson de Renaud et une photographie de notre simplet-ravi.

Ponpon et Marie




Météo


Archives du blog

expatriation