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mercredi 19 février 2014

Coup de gueule de maman scientifique...


Il parait que les Américains ont du mal avec les sciences... Selon le journal The Independent, un américain sur quatre ne saurait pas que la Terre orbite autour du Soleil et plus de la moitié des Américains ne croient pas en l'évolution...

J'ai eu beaucoup de chance d'avoir un oncle et une tante qui se passionnaient pour des tas de choses et ont été les premiers à encourager mon intérêt pour les sciences. Du premier microscope que mon oncle m'a offert aux livres sur les animaux généreusement donnés par ma tante. Mon oncle a toujours pris le temps de m'emmener explorer la nature et tenter des expériences saugrenues. Il n'y a jamais eu cette pression de se conformer à des choses "pour les filles" dans ma famille, bien au contraire. Ma famille m'a toujours encouragée, y compris ma grand-mère très tradi-catho, qui m'a poussée à partir vivre mes premières aventures en solo chez les orques !

Aujourd'hui, c'est à mon tour d'encourager mes enfants, ma nièce et mes filleuls à s'intéresser aux sciences et à explorer le monde autour d'eux. Du coup j'avoue ma perplexité devant tout le débat Français sur le genre ou sur les livres de jeunesse un peu rigolos... Les mecs qui dirigent la France et ceux qui défilent pour n'importe nawak dans les rues sont tous plus crétins les uns que les autres. C'est franchement affligeant...  Quand on commence à restreindre les enfants dans leurs lectures ou tenter de les conformer à un "genre" avec des idées qui relèvent de la bêtise la plus profonde, on s'en va vers des générations perdues. On va finir comme ces Américains dont on aime tant se moquer. Pour le pays des Lumières et de Descartes, ce serait quand même un comble...

Il y quelques semaines, nous sommes allés visiter le museum Beaty de la biodiversité à UBC, l'université de la Colombie-Britannique. Surtout pour voir l' énorme squelette de baleine bleue, le plus gros animal de la planète ! Certains individus peu recommandables que je connais ont travaillé au nettoyage et à l'assemblage de la bête.


 

Le petit passager était ravi. Suivez le guide: 


On a compté les cercles d'un arbre qui avait 775 ans:




On a admiré des specimens de toutes sortes: 


 
 
 
 

Mais comme se confiner au Musée c'est pas tout, nous avons été courir un peu dans l'université...





Partir à la recherche de spécimens vivants c'est bien plus drôle !



Il faisait froid... les fontaines étaient toutes gelées ! On a touché la glace et regardé comment les choses givraient de différentes façons,




Parce que la science c'est pas juste dans les bouquins, expérimenter est aussi important... à tout âge et avec toutes sortes de sujets ! Le cerveau des enfants à besoin de se nourrir de ces expériences et de découvertes. Les limiter, c'est limiter leur champ des possibles.

Mes garçons jouent aussi à la poupée et s'initient à la cuisine, portent parfois mes escarpins à talons... en plus de jouer aux trains et de vouloir aller déterrer des dinosaures. Je n'ai aucune crainte pour leur avenir ! Ils auront l'esprit curieux et n'auront pas peur d'explorer. Tant mieux. C'est en remettant en cause les acquis et le confort de la "conformité" qu'on peut se permettre de faire des découvertes qui en valent la peine.

 Détendez-vous un peu les étroits du cerveau !

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jeudi 16 janvier 2014

En pensant à Dian: une feuille de route pour aspirant-éthologue





Le titre de ce blog est bien sur un clin d’œil affectueux à la grande dame des gorilles : Dian Fossey. Aujourd’hui on fête l’anniversaire de la primatologue, née en 1932.

Dian Fossey aura été une icône de la défense des primates. Sa passion pour « ses » gorilles a conquis le monde et avec les deux autres grandes dames des primates, Biruté Galdikas et ses orangs-outangs et Jane Goodall avec ses chimpanzés, elle a défriché la voie pour toute une génération d’éthologues.
Ce que j’aime chez ces grandes dames c’est qu’elles ont défié les codes de l’époque pour vivre avec les primates, à leur façon, engrangeant les découvertes et les accolades et démontrant que la recherche peut se faire autrement que dans la stérilité et l’inhumanité des laboratoires.

Pour Dian Fossey, c’est aussi la dame aux ombres et lumières qui m’a touchée. Certains l’ont qualifié d’arrogante, d’irascible et de féministe mal léchée. Prête à tout pour protéger ses gorilles, elle paiera le prix fort sa résistance aux petits arrangements mesquins : elle sera assassinée en 1985.

Il y a quelques années, je m’étais offert un magnifique livre qui retrace la carrière de Dian à travers ses lettres, échangées avec ses amis et sa famille. Le livre reprend quelques-unes des magnifiques photos de Bob Campbell qui avait immortalisé Dian et ses gorilles pour le National Geographic :

http://www.amazon.com/No-One-Loved-Gorillas-More/dp/0792293444

 Crédit photo: Bob Campbell/National Geographic

À travers ses lettres, on découvre d’autres facettes de Dian, on découvre l’humanité, la joie mais aussi les profonds moments de désespoir, la violence ordinaire auquel elle se confronte quand elle choisit une route qui sort des sentiers battus et sa volonté de poursuivre ce chemin, coûte que coûte et quoi qu’il en coûte. On sent dans les lettres les failles, les doutes et l’intransigeance, les blessures et les victoires. Finalement, plus que l’histoire des gorilles, on lit entre les lignes une histoire bien trop humaine pour ne pas éveiller des émotions.

Je reçois régulièrement de gentils messages de jeunes qui veulent devenir éthologues pour aller étudier les animaux. Souvent ils me demandent quelles études faire. Quand les messages sont polis et bien tournés, je m’efforce d’y répondre. Mais j’ai toujours un petit serrement au cœur. Le fameux anthropologue Louis Leakey, qui a été le mentor de Dian, de Jane, de Biruté et de tant d’autres, pensait, avec un gros fond de sagesse, que les connaissances académiques pouvaient être un biais désagréable lorsqu’on veut aller se frotter aux grands singes et en apprendre quelque chose. Un truc du genre : « quand on a la tête trop pleine de niaiseries lues dans les bouquins et serinés par les profs, il n’y a plus de place pour la découverte et la curiosité… ». Il n’avait sans doute pas complètement tort… Les dames en question ont toutes finies avec des doctorats ceci-dit, mais au départ il les a choisies pour leur endurance et leur naïveté.

J’ai toujours eu un faible pour les têtes brûlées. Deux de mes mentors ont été des scientifiques hors-pairs qui ont exploré au-delà des limites imposées par le monde académique. Ils se sont fait mal voir à une époque mais peuvent se targuer d’avoir fait avancer nos connaissances. Une fois de plus, le sentier le moins battu était bien plus intéressant que l’autoroute conventionnelle. J’espère que certains des aspirants-éthologues que je croise auront le bon goût de ne pas trop s’attacher aux conventions et aux diplômes et se feront plaisir à explorer les petits sentiers qui fleurent bon la découverte. 

Une fois n’est pas coutume, il n’y a pas de brume à Vancouver. Dian, je pense tout de même à vous,  perdue dans les brumes rwandaises avec vos gorilles.

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jeudi 31 mars 2011

Coup de gueule du printemps: des atomes, de la politique et des cerisiers en fleurs...

Le monde est en effervescence. Des révolutions sont en cours mais les dictateurs ont la dent dure et s'accrochent à leurs piédestaux comme autant de morpions à un poil bien dru. Pendant ce temps, la nature rappelle à nos voisins Japonais que la mégalomanie des hommes ne les mets pas à l'abri d'une mauvaise blague du destin. La fureur atomique hante depuis longtemps l'inconscient collectif des Japonais et se voir de nouveau menacé par l'invisible mais insidieuse radioactivité réveille chez de nombreux amis Japonais de mauvais souvenirs. Les informations qui s'entrechoquent et se contredisent les laissent dans l'expectative et dans un certain désarroi. Et pourtant, les cerisiers sont en fleurs. Ce symbole si puissant de renouveau à ramené quelques sourires et l'espoir fou qu'avec le printemps viendront des solutions.

Genbaku Dome, Hiroshima, photo de WilliamBullimore


En BC, nous sommes pile-poile dans la ligne de mire des nuages chargés de particules. Les eaux océaniques sont déjà contaminées et malgré les déclarations rassurantes des différentes autorités "compétentes", il est difficile de ne pas se poser des questions. Quels seront les effets cumulatifs sur la chaîne alimentaire? Pendant ce temps, dans un effort délibéré de nous infantiliser, des politicards paternalistes nous transforment des concepts abstraits en comparatifs ridicules: il faudrait passer 200 radiographies pour obtenir le même taux d'exposition potentielle à ce qui est détecté en ce moment dans nos contrées (entendu ce matin). Comme le dirait les Anglo-saxons, tout ce joli monde "marche sur la pointe des pieds" en évitant soigneusement "l'éléphant dans la pièce". L'éléphant en l'occurrence, ou le mammouth pour certains, est cette question du nucléaire. Cette énergie "stable" et "propre" qu'on nous présente encore souvent comme la meilleure alternative aux énergies sales comme le pétrole ou le charbon, est un peu comme la boîte de Pandore. Avec leur vision à court-terme et leur ignorance crasse des sciences les politiciens essaient tant bien que mal de sauver les meubles, de préserver un modèle économique qui ne fonctionne plus depuis longtemps et de poursuivre une croissance qui ne mène à rien si ce n'est au désastre écologique. Plutôt que d'explorer des alternatives qui ne nuisent pas à la santé de leur concitoyens, ils s'accrochent au nucléaire comme le noyé à sa bouée percée.

Depuis trop longtemps, ils traitent les écolos comme une bande de joyeux chevelus qui ne se préoccupent que des petits oiseaux, des abeilles et des jolies baleines. Mais l'écologie est en réalité la science des réseaux du vivant. Si les abeilles disparaissent, l'agriculture en pâtit sérieusement. Si les saumons décident d'aller se faire voire chez les Russes, la sylviculture du coin se voit condamnée à récolter un bois de moins bonne qualité. Le jour où nos décideurs se décideront enfin à ré-évaluer la place de l'homme dans la complexité du vivant, nous auront fait un grand pas. Il ne s'agit plus de sauver les baleines ou de préserver les routes migratoires de la mouche péteuse de Sibérie occidentale. Il s'agit de comprendre à quel point notre existence, notre santé et notre avenir dépendent de la complexité du vivant dans lequel nous évoluons. Il n'y pas d'espèce "inutile" ou de zones "sans importance" sur notre petit îlot dans l'univers. L'homme sans cette complexité biologique est un dinosaure condamné à disparaître.


Depuis quelques jours je me suis plongée dans le livre de Sandra Steingraber: "Having faith: a ecologist's journey to motherhood". Dans ce bouquin, cette remarquable chercheuse qui a beaucoup bossé sur les relations entre pollution et cancer revient sur la reproduction humaine et sur l'importance du "milieu". Nous n'avons pas de cloisons étanches et les polluants qui se retrouvent dans nos milieux, que ce soit les fleuves, les océans ou les champs, se retrouvent inévitablement dans nos tissus, dans nos cellules. Donner la vie aujourd'hui c'est procréer dans un véritable bain de produits toxiques divers. De quoi relativiser toutes ces précautions alimentaires autour des sushis, de la charcuterie ou des fromages... Je me rends bien compte que la complexité du vivant ne s'appréhende pas facilement et révèle un peu de l'abstrait mais il faudra bien que quelqu'un ait le courage de le faire dans nos "élites". Il faudra bien un jour qu'on se rende collectivement compte que ce que nous balançons avec autant de désinvolture dans les fleuves, les océans ou dans l'atmosphère finira par venir iévitablement nous mordre le derrière.

Je râle, je peste et je m'insurge et bien sur je ne fais rien avancer. Pendant ce temps, d'autres dinosaures comme Claude Allègre continuent à perpétuer le mythe que l'homme n'y est pour rien dans le changement climatique. Je m'attends presque à ce qu'il vienne nous dire que le nucléaire ne présente aucun danger pour l'homme. J'en viens à prier pour qu'une fleur de cerisier qui tombe à Vancouver déclenche une pluie de météorites sur les imbéciles pédants de son espèce. Sur ce je m'en vais râler ailleurs, j'ai du perdre les quelques lecteurs qui viennent parfois se perdre ici. Faudrait peut-être que je mette à composer des Haikus tiens...
mardi 10 novembre 2009

Des nouvelles de BC : des princes et des saumons

Les semaines passent à une vitesse incroyable ces derniers temps… Tenez la semaine dernière, nous avons eu la visite officielle du Prince Charles et de Camilla. C’était sensé être un évènement mais il y a eu beaucoup moins de monde à se déplacer pour les voir que pour apercevoir la flamme Olympique… La reine d’Angleterre est pourtant encore la souveraine du Canada, représentée dans les institutions par la Gouverneure Générale, Michaëlle Jean. Le Prince et sa suite sont donc passés nous rendre une petit visite (pour célébrer la nouvelle citoyenneté Canadienne de nos amis ?), visitant notamment le jardin botanique VanDusen (ces Anglais sont tous des accros du jardinage…) et prononçant quelques discours pour saluer les efforts de la Province pour lutter contre le changement climatique. Pas rancunier pour un sous, le prince a aussi visité le village Olympique et s’est fait offrir les mitaines officielles des jeux :




Pendant ce temps, le Premier Ministre (aka Playmobil), surprenait tout le monde en nommant une commission d’enquête fédérale sur la disparition du saumon sockeye. La commission sera présidée par le juge Bruce Cohen, de la cour suprême de la BC. Enfin une bonne nouvelle ! Et peut-être une opportunité de boulot pour moi… Il faut croire que les efforts de tous ces volontaires qui défendent la cause du saumon ont enfin porté leurs fruits !

D’ailleurs, ce jeudi, à SFU, sur le campus downtown, on présentera un documentaire dressant un état des lieux des conséquences de l’élevage, viendez nombreux ! La projection a lieu de 19h00 à 21h00 et sera suivie d’un débat.



mardi 3 novembre 2009

Adieu Monsieur Levi-Strauss


Le doyen de nos penseurs s'est éteint et avec lui une certaine conception de la recherche, du savoir, de l'intellectuel. Au même titre qu'un Paul-Emile Victor, c'était aussi un aventurier de l'humain.

Chapeau bas Monsieur Lévi-Strauss et bon voyage.
J'espère que vous inspirerez encore longtemps les penseurs et les explorateurs de notre humanité ...
mardi 27 octobre 2009

Chronique de la haine ordinaire ou comment faire dire à la génétique ce que l'on veut...

Je viens de lire un excellent article du généticien Axel Khan dans Sauvons la Recherche. Je vous recommande fortement de le lire. Cela faisait quelques temps que je m’inquiétais un peu des dérives actuelles de notre gouvernement français, notamment de ce projet de « ficher » des gamins en bas âge, de les « labéliser » comme futurs délinquants ou pire. Cet argumentaire selon lequel la violence ou la délinquance serait inscrites dans nos gènes me laisse un arrière-goût de déjà-vu malsain dans la bouche… Si je suis heureuse de voir que la recherche en génétique va sans doute permettre de soigner certaines maladies orphelines, je me pose beaucoup de questions quand à son interprétation par ceux qui ont des agendas politiques un peu trop visibles. Il y a une tentation bien trop forte de catégoriser les populations, une façon sournoise de « sélectionner » et de « trier », de séparer le « haut du panier » de la « plèbe », une façon comme une autre de maintenir une partie de la population dans un statut de citoyen de seconde zone. Si tout cela a sa place dans un mauvais film de science-fiction, c’est en complète contradiction avec nos idéaux républicains et démocratiques.

Il est amusant de voir comment nos dirigeants aiment accommoder la science à leur sauce. Pour ce qu’il est du changement climatique c’est assez similaire. Un monsieur avec qui j’ai eu la chance de travailler ici à Vancouver, Jim Hoggan, spécialiste des relations publiques, vient justement de produire un livre sur la désinformation intentionnelle autour du changement climatique. Il est étrange, note-il, que les plus farouches opposants aux mesures de mitigation du changement climatique soient aussi ceux qui ont le moins de crédit scientifique…

En Amérique du Nord, on entretient des rapports d’amour et de haine vis-à-vis de la science. Faut-il rappeler qu’un grand nombre d’écoles aux États-Unis refuse d’enseigner la théorie de l’évolution car cela contredirait (selon eux) ce qui est écrit dans la Bible… Alors que peut attendre de ces personnes qui préfèrent se mettre des œillères ? Ce qui m’effraie, c’est de voir que notre « vile nain », se verrait bien adopter certains de ces points de vue ultraconservateurs et dangereusement intolérants… Comme le dit Axel Khan, il est infiniment plus facile d’accuser le patrimoine génétique de tous les maux de la société, plutôt que d’admettre les échecs d’un modèle perverti. Je propose donc de « ficher » tous les obsédés du « génétiquement correct » …

jeudi 5 février 2009

Ne tirez pas sur l’ambulance ! - Don’t shoot the ambulance!

Olivier commente aujourd’hui sur son blog le « soufflé » retombé des agitations politiques canadiennes récentes. En effet, après moult rebondissements, le parlement a finalement repris le travail dans un calme relatif. Le budget de Stephen Harper (sérieusement remanié il est vrai) a été globalement accepté avec quelques petits amendements et chacun a retrouvé cette tranquillité canadienne si typique. Mais une certaine vigilance reste de mise. Harper reste un conservateur, s’il a concédé un plan de relance économique couteux et le retour vers un déficit budgétaire, il est à noter qu’il n’a pas non plus fait de grands pas vers une vraie révolution. Ainsi, si le plan de relance prévoit des aides pour le secteur automobile, rien n’a vraiment été fait pour encourager les technologies écologiques, pourtant porteuses d’avenir ici. De même, si le plan de relance prévoit de développer les infrastructures pour créer de l’emploi, on parle davantage de développer les routes que de développer des énergies renouvelables par exemple. Les écolos du pays sont donc très déçus et certains murmurent que c’est un peu un cautère sur une jambe de bois. Au lieu de persister dans une certaine économie qui a prouvé son essoufflement, il serait temps de regarder vers l’avenir. Les amateurs de parcs naturels seront les plus contents puisque le gouvernement va investir dans cet atout indéniable pour attirer les touristes.

Les conservateurs ont aussi une dent contre la recherche apparemment. Le remaniement budgétaire a donc mené à des coupes très sombres pour la recherche en génomique,
Génome Canada, un des leaders dans ce domaine, a donc perdu beaucoup de fonds pour les années à venir et voit d’un œil sombre certains de ses projets s’en aller dans d’autres pays. Les conservateurs ont aussi une dent contre les sciences sociales, le SSHRC, organisme qui fournit des bourses pour les recherches en sciences humaines, vient de voir son budget sérieusement réduit. Selon les initiés, le gouvernement préfère accorder des bourses aux candidats au MBA (master en administration des affaires). Le dépit se ressent dans les couloirs de mon département, hantés par des spécialistes en sciences humaines… Leur constat : on prive les sciences sociales de budget pour en donner davantage à ceux qui sont en partie responsables de la crise actuelle. Selon eux, il serait plus approprié de miser sur des nouveaux modes de pensée. Je peux difficilement leur donner tort. En temps de crise, les sciences qui semblent le moins « rapporter » économiquement sont celles qui sont le plus décriées, même si leurs « trouvailles » sont souvent le germe de nouveaux paradigmes, plus profitables. On tire d’abord sur les arts, la culture, les humanités. Alors même que le tissu social se délite on va chercher le « profitable », « l’utile », plutôt que de donner aux peuples la matière dont ils ont besoin pour se réinventer.


Illustration by David Simonds

Olivier was commenting on his blog today about the Canadian federal budget. For him it was much ado about nothing, after the turmoil of last year, everything seems to be back to normal. The parliament went back to work and the budget was voted for despite a few minor amendments. The usual Canadian tranquility is back. Harper remains a conservative, even if he conceded a stimulus package that will lead to a fiscal deficit. He has not made any revolutionary moves. So the stimulus package will help the automobile sector, but not that much the green economy, even if the green economy is the future. Infrastructures will be financed, to create more jobs, but more in the development of new roads than in the development of alternative energies. The treehuggers of the country are quite disappointed and some say it is as useful as peeing in the ocean. Instead of persisting in a form of economy that has proven it is obsolete, it would be time to invest in the future. The only happy people are the natural parks aficionados as the government will invest in this asset for tourism.


Conservatives also seem to have something against research. The new budget slashes the funds for organizations such as
Genome Canada, a leader in medical research. Genome Canada will probably lose a number of projects to other countries. Social sciences are also disregarded as the SSHRC, an organization leading in scholarships for humanities, will also lose quite a lot of funding. According to some sources, the government wants to privilege MBAs. A lot of people I work with are feeling very sour right now. Cutting the research in the humanities for the exact same people who are partly responsible for the global economic crisis doesn’t seem to make any sense. For these coworkers, betting on the humanities may lead to new paradigms, even if they don’t seem as “profitable” at first sight. I can hardly disagree. In times of crisis, humanities, culture and art are the first to suffer. When the social makeup of society is breaking apart, some look for the “profitable” and the “useful” instead of giving the people the matter to reinvent themselves.

jeudi 15 janvier 2009

In a Nutshell- the problems with salmon farming in BC - Le saumon d'élevage et son lot de problèmes en BC


Etre ou ne pas être animal : lectures et crômeugnoneries du jeudi - Being an animal: books and cute pics

J’ai décidé de ne plus laisser mourir mes neurones esseulés et j’ai cédé aux appels d’Amazon ( je sais, je suis faible…), avant de me retrouver sans neurones du tout (une conséquence apparemment répandue de la ponte de petits d’homme d’après mes copines). J’ai donc commandé une série de bouquins à dévorer durant mes heures de vol à travers le Canada. Le premier est arrivé la semaine dernière et est déjà bien entamé :

The Bridge at the end of the World, de James Gustave Speth: un essai sur l'environnement et l'économie


Les autres, donc plusieurs ouvrages du philosophe Dominique Lestel, dont je me rappelle avoir suivi un cours magistral dans tous les sens du terme :

Naissance d'une théorie éthologique : La danse du cratérode écaillé, de Vinciane Despret

Les Origines Animales de la Culture, de Dominique Lestel

L'Animalité: Essai sur le statut de l'humain, de Dominique Lestel


Voilà de quoi nourrir mon pauvre petit cerveau, malmené par des années de boulot sans trop de réflexion et bien trop d’heures passées devant des séries débiles…

Sinon, dans la même veine, si on veut, une petite crômeugnonerie pour se ramollir le cœur et faire tout plein de petits bruits ridicules.
Ce chimpanzé s’est pris d’affection pour ces petits tigres de Sibérie (je sais ils vous font craquer aussi, bande de caramels tout mous ! et c’est pas la peine de faire humpffff, je l’ai vu le petit sourire là !) et s’en occupe comme si elle était leur maman de substitution. (Pour gagater encore plus, il y a une petite vidéo sur BBC)




Au grand désespoir de certains scientifiques qui souhaiteraient que chacun reste à sa place biologique et veuille se conformer aux stricts dogmes orthodoxes de la théorie scientifique, les animaux font parfois des choses surprenantes. Ainsi, il est arrivé qu’une lionne « adopte » un bébé antilope et le nourrisse, y prenne goût et en « adopte » 4 autres, faisant fi de toutes les lois élémentaires de la survie du plus fort. Koko, un gorille célèbre, avait un petit chaton et lorsque celui-ci est décédé, elle a exprimé sa « tristesse » en langage des signes, laissant les chercheurs perplexes car la tristesse et le deuil ne semblait pas des concepts applicables aux animaux.

On a donc inventé le concept « d’altruisme animal » pour expliquer ces drôles de comportement d’aide ou de soutien à un autre, d’une espèce différente.


Après avoir passé beaucoup de temps à observer les animaux et les hommes (que je considère comme des petites bêtes presque comme les autres, si ce n’est leur égo démesuré), je me suis rendue compte que la nature prend un malin plaisir à mettre des exceptions à toutes les règles, histoire de rendre fous les ordonnés chercheurs qui ne veulent que classifier et ordonner proprement tout ce bazar. Imaginez le trouble de ce pauvre naturaliste à qui l’on avait apporté un ornithorynque : est-ce un oiseau ou un mammifère ? Il a un bec de canard, de la fourrure et il pond des œufs ! Cette bestiole extraordinaire me fait toujours fondre aujourd’hui, on dirait bien que le Bon Dieu, la grande Gaia, Mère Nature ou qui-sais-je, avait picolé un petit coup avant de le créer celui-là ! Bon maintenant vous pouvez retourner bosser au lieu de faire des petits bruits étranges en gagatant sur les zanimos !



I decided to read as much as I could before having the baby. It’s high time for me to give some food for though to my poor brains and I still have some time to spare on my cross-country flights. So I gave in and ordered a bunch of books on Amazon (yes, I am weak!. Amongst them the following:

The Bridge at the end of the World, by James Gustave Speth: an essai on the environment and the economy

A few others, including books by philosopher Dominique Lestel. I remember attending one of his classes in university: he was an amazing teacher.

Naissance d'une théorie éthologique : La danse du cratérode écaillé, by Vinciane Despret. An essai on ethology, science and the birth of theories

Les Origines Animales de la Culture, by Dominique Lestel, an essai on the animal origins of our culture

L'Animalité: Essai sur le statut de l'humain
, by Dominique Lestel, an essai on the status of humanity and animality.

That should satisfy my brain, deprived of challenging readings by meaningless years of work and way too many hours watching TV shows (even when I don’t have a TV) Now, just to ooh and ahh for a bit, some cute pics of this chimpanzee who has adopted two baby tigers. BBC has a really cute video of them. Lien




Lien
To the despair of many a researcher, who would prefer everyone to stay in their place and conform themselves to the strict dogmas of scientific theory, animals sometimes act in unexpected ways. A lioness has adopted 5 antelopes, defying all the rules of the survival of the fittest. Koko, a famous gorilla, adopted a kitten and expressed her “sadness” in sign language when the kitten passed away, leaving the scientists perplexed as grief and sadness did not seem to apply to animals before.

So they set out to invent the concept of animal altruism, to explain these unexpected acts of bonding and kindness with another species.

After spending much of my time observing animals and humans (which I consider as much animals as the others if not for their huge ego), I noticed that Nature seems to like inventing as many exceptions to all the rules, just to render our scientists completely loony. Poor guys, they only wanted to classify and order this huge mess! Can you imagine the poor naturalist who was handed a platypus? It has a beak, fur, and lays eggs! I’ve always had a soft spot for this extraordinary creature. God, Gaia or Mother Nature must have had a glass too much before inventing it! Now you can go back to work after oohing and ahhing over the cute animals!


lundi 3 novembre 2008

Les apiculteurs Anglais manifestent - Unhappy English Beekeepers

Le coup de gueule du lundi fait son grand retour...


P1260612
Mise en ligne par
nicknolt

Lu sur Treehugger:

Le 5 Novembre, les apiculteurs Anglais vont sortir leurs enfumoirs et vont, une fois n'est pas coutume, aller manifester devant la résidence du 1er Ministre Britannique.

Les apiculteurs européens, ainsi que leurs cousins d'Amérique sont de plus en plus inquiets de voir les essaims mourrir à petit feu. Les abeilles sont responsables de la pollinisation d'un tiers de nos ressources alimentaires, voire disparaître les abeilles n'est pas un bon signe pour l'humanité... Certains chercheurs estiment qu'à ce rythme, les abeilles auront disparu de la terre en 2035. Plus de 70000 apiculteurs allemand ont ainsi déclaré la perte d'un demi-milliard d'abeilles cette année, suite à l'épandage de pesticides par Bayer dans la région du Rhin.

La crise des abeilles a été reconnue par les pouvoirs publiques, mais jusqu'ici pas grand-chose n'a été entrepris pour y remédier. On sait que les pesticides sont responsables en partie de ce déclin des abeilles mais d'autres facteurs entrent certainement en compte. Les apiculteurs demandent à ce qu'il y ait davantage de recherche à ce sujet pour pallier rapidement à cette hécatombe.

Source de l'article de Treehugger: The DailyGreen

Allons messieurs les mammifères, les abeilles valent bien une bataille non?

Image source: Lela Dowling/Bee Culture magazine


Read on Treehugger this morning:



Wednesday, November 5, beekeepers from all over Britain will don their pitchforks, er, smokers, and placards and head to 10 Downing Street to demand action on the current bee crisis. Though, this demonstration is nothing new for beekepers outside the US, reports the Daily Green.
Beekeepers in France, Spain and now Britain are demanding the government stop talking about the loss in bees and start doing something about it. Phase 1 for the British Beekepers Association was to get the word out in interviews, and newspaper articles and now they have over 100,000 signatures demanding the government take action. Estimates are that several thousand beekeepers will show up Wednesday to show their support and to get some face time with their MP.

Beekeepers in Britain once again noticed dead and dying bees in their hives and also a general poor honey crop this year. Why is this important? Honeybees are responsible for pollinating roughly 1/3 of the ingredients found in food consumed today. Some people worry that the British bee population could be wiped out in as little as ten years.
The issue of honeybee loss isn't specific to Britain, as beekeepers around the world are noticing that something is not right with their bees and scientists estimate that global bee populations could be gone by 2035. Colony collapse disorder is one reason, but there are other man-made reasons at fault. Just this year, over 7,000 beekeepers in Germany reported losses of almost half a billion bees this year due to pesticides sprayed by
Bayer in Rhine, Germany. There are many theories into what is causing the devastating loss in honeybees, besides being directly hit with pesticides. One goal for the protest is to demand increased funding into research to locate exactly what is going on with the honeybees and what can be done to help. :The Daily Green

jeudi 9 octobre 2008

Dear Marine Harvest

"This film is an appeal to Marine Harvest, the largest salmon farming company in the world- showing their questionable operations and the impacts they are having in on coastal British Columbia."





Le gouvernement d'Ottawa poursuivi en justice pour non assistance à baleine en danger - The feds sued for failure to assist endangered whales

6 associations environmentales ont décidé d'attaque le gouvernement fédéral canadien pour avoir failli à sa mission de protection des orques résidentes de Colombie Britannique. Le gouvernement avait pris la décision le mois dernier de ne pas protéger davantage ces grands mamifères marins.

Les orques résidentes sont actuellement fortement menacées par la disparition du saumon sauvage et par la pollution aux métaux lourds.

Cette procédure judiciaire arrive quelques jours après la très médiatique procédure judiciaire entammée par Alexandra Morton et quelques autres partisans du saumon pour réclamer que l'état fédéral reprenne la main dans la gestion des licences des fermes aquacoles sur la côté. Les frais de saumons sauvages ont été quasi-nuls cette année, ce qui fait craindre à nombre d'observateurs et de chercheurs leur disparition complète dans les années à venir. Disparition qui aurait un impact dramatique sur les orques, dont c'est la source principale d'alimentation.




Six environmental groups filed a lawsuit in Vancouver on Wednesday against the federal government, accusing it of failing to protect endangered and threatened killer whales on the B.C. coast. The legal action came after Ottawa's decision last month to not protect killer whales beyond existing measures, said Laura Tessaro, a lawyer for Ecojustice, formerly the Sierra Legal Defence Fund.
"The lawsuit alleges that the federal government has failed to legally protect the critical habitat of endangered and threatened resident killer whales," she said.
Source: CBC

Killer whales are threatened by salmon shortage and toxic pollution of their waters.


This lawsuit takes place a couple of days after Alexandra Morton and a few other salmon advocates petitionned the supreme court of BC to rule that regulating fish farming should be the responsibility of the federal government and not the province's. This year, there has been very little salmon returns. Many observers and scientists are afraid this means that wild salmon will soon be extinct. Their extinction would be very bad news for resident killer whales for whom salmon is an essential main food source.


Plus d'info/ more info:




mercredi 30 avril 2008

Le silence des abeilles

MY FIRST BEEMise en ligne par robmelody

Les abeilles sont essentielles à la pollinisation des végétaux et par la même, essentielles pour notre survie. Sans elles, point de fruits, de légumes ou de grains. Avec l’usage massif des pesticides et autres produits chimiques toxiques, les abeilles disparaissent à une vitesse alarmante.Ce week-end, je vais adopter une colonie d’abeilles : nous allons installer un « bee condo », une sorte d’HLM pour abeilles, sur le balcon. Ce sont des “Mason bees”, une espèce qui construit des nids en boue et participe activement à la pollinisation des vergers. L’avantage d’avoir des abeilles en ville, c’est qu’elles y sont moins exposées aux pesticides que dans les zones agricoles. A Paris, on produit du miel sur les toits de Montmartre depuis quelques années déjà. Pour accompagner mes abeilles, je viens de planter une pleine potée de fleurs locales qui, parait-il, attirent les papillons, les colibris et les abeilles. Notre balcon va se transformer véritable zoo ! Le top c’est que j’ai réussi à convaincre mon geek d’adopter ces abeilles sans souci. Sûrement parce que l’un de ses héros de série télé, Gil Grissom (Le scientifique binoclard des Experts), a dit dans un épisode que si toute les abeilles disparaissaient, l’humanité disparaîtrait dans les 4 ans qui suivent… Hah les geeks !(pis les abeilles ne sont pas affligées de crômeugneunerie comme les chatons, ce qui le rassure beaucoup)Une petite vidéo dénichée sur le blog de Raffa et qui fait froid dans le dos :Le silence des abeillesby AMAPD

mercredi 23 avril 2008

Politique et changements climatiques : il est temps de s'y mettre

Lu dans Le Monde :

La réaction internationale à la menace que le réchauffement climatique fait peser sur la sécurité mondiale est "lente et insuffisante", affirme un centre de réflexion britannique dans un rapport publié mercredi 23 avril. "S'il n'est pas maîtrisé, le réchauffement climatique aura des implications dans le domaine de la sécurité d'une ampleur similaire aux deux conflits mondiaux, mais qui dureront pendant des siècles", déclare dans un communiqué Nick Mabey, auteur du rapport du Royal United Services Institute (RUSI) intitulé "Les réponses de la sécurité internationale à un monde exposé au réchauffement climatique".

Selon le RUSI, les inquiétudes liées au climat vont entraîner des "changements fondamentaux" dans le paysage géopolitique, modifier la gestion des relations internationales et contraindre à une réexamen des intérêts nationaux. "Les conséquences climatiques vont obliger à repenser radicalement la façon dont nous identifions et assurons nos intérêts nationaux", a indiqué M. Mabey, citant l'exemple de l'énergie où la sécurité "dépendra de plus en plus d'alliances fortes avec d'autres gros consommateurs d'énergie, comme la Chine, (...) et moins des relations avec les producteurs de pétrole".

Dans cette perspective, "les premiers signes de cette réponse apparaissent, mais les changements nécessaires doivent se faire plus rapidement que par le passé". Le rapport plaide en faveur d'une "croissance importante des investissements" qui soit comparable aux dépenses engagées dans la lutte contre le terrorisme. "Si le réchauffement climatique n'est pas ralenti (...) cela deviendra le premier facteur de conflit entre et au sein des Etats", a averti le RUSI.

Les politiques ne saurait faire plus longtemps la sourde oreille. Les problèmes engendrés par les changements climatiques (je n'aime pas trop le terme réchauffement, qui n'est pas vraiment exact) se feront sentir à l'échelle mondiale, les solutions paliatives doivent donc se trouver en groupe. Le leadership de certains pays sera indipensable mais personne ne pourra se dispenser de participater parce que cette fois le nuage franchira les frontières sans discrimination. Il s'agit de ne plus nier ce qui va certainement se produire, même si aujourd'hui on ne mesure pas pleinement l'amplitude des changements.

Sans tomber dans le catastrophisme de certains, il est toujours bon de prévoir le pire et de de se préparer, une façon comme une autre d'appliquer le principe de précaution.
jeudi 21 février 2008

La BC vote une taxe sur les combustibles fossiles, le Premier Ministre se fout de la g... des scientifiques, mais où va le monde ?

Pour une fois, un poste qui sera à la fois un coup de coeur et un coup de gueule. (zut, encore un jeudi! Faudrait que je me remette à écrire le lundi moi...)
Pour le coup de coeur, comme j'ai la flemme d'écrire moi-même, voici le compte-rendu du vote du budget de la province fait par Radio-Canada :


Le budget du gouvernement libéral de la Colombie-Britannique déposé mardi prévoit l'imposition d'une taxe sur les combustibles fossiles dans le but de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre et d'encourager la population à prendre le virage vert. Dans un premier temps, le gouvernement provincial va imposer une taxe de 2,4 cents sur le litre d'essence. La Colombie-Britannique va également consacrer 1 milliard de dollars au cours des quatre prochaines années pour lutter contre les changements climatiques. Ces deux initiatives sont les éléments majeurs du budget 2008-2009 de la ministre des Finances Carole Taylor.

Avec ce budget, la Colombie-Britannique va de l'avant avec son plan vert, malgré le fait que le gouvernement fédéral ne soit pas chaud à l'idée de voir les provinces adopter des mesures indépendamment les unes des autres. La ministre Taylor a insisté sur le fait qu'il est important que la Colombie-Britannique atteigne les objectifs qu'elle s'est fixés. « C'est important pour nous de prendre des actions pour achever nos buts. Donc c'est important d'introduire cette taxe. »L'argent que va générer cette taxe graduelle sur les combustibles sera retourné aux contribuables et aux entreprises. Le gouvernement prévoit accorder 1,8 milliard de dollars à titre de compensation sous forme de ristournes et de réductions de taxes et d'impôts sur trois ans.

Dans la même foulée, le gouvernement Campbell annonce d'autres mesures pour atteindre son objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre du tiers de leur niveau actuel d'ici 2020. Ainsi, Victoria va investir 1 milliard de dollars sur quatre ans pour inciter la population à utiliser le transport en commun, à acheter des véhicules moins polluants et à rénover leur demeure pour les rendre plus écologiques. Cette enveloppe comprend également de l'argent pour aider le secteur industriel à prendre le virage vert.

Pour le petit coup de gueule, j'en profite pour vous raconter cette petite anecdote, rapporté par Rick Mercer (voir son blog ici) : le Premier Ministre Canadien Stephen Harper aurait refusé recemment de recevoir et de féliciter (comme cela se fait habituellement) les lauréats canadiens du Prix Nobel de la Paix, ces scientifiques qui font partie du Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC) et qui ont partagé le célèbre prix en 2007 avec Al Gore.

Outre le manque de politesse flagrant, le même Premier Ministre en profité pour limoger le conseiller scientifique national. Apparemment un conseiller scientifique n'a pas sa place dans un gouverment qui compte autant sur les revenus des sables bitumineux de l'Alberta... Sables bitumineux qui sont une des plus grosses sources d'émissions de gaz à effet de serre du Canada. On peut donc se poser la question, est-ce que le changement tant attendu par les citoyens se fera plutôt au niveau local, comme le prouve la BC et certains états américains comme la Californie?

J'ai bien l'impression que les gouvernements fédéraux ont pour leur part décidé d'adopter la politique de l'autruche. Je dirais même de l'autruche odieusement mal léchée... Nos pauvres lauréats du Nobel s'en sont donc retournés à leurs labos et à leurs savants calculs. Ca ne va pas aider les geeks à se réconcilier avec la vie mondaine tout ça !

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