jeudi 19 avril 2007

Du charbon du pétrole et des hommes ... Ouvrir de nouvelles perspectives à Kyoto

On a souvent décrié l’attitude de l’administration américaine vis-à-vis du protocole de Kyoto, ce cautère sur une jambe de bois, sensé nous préserver des conséquences de nos actes. Et pourtant, ne faudrait-il pas aller y voir de plus près ? Le protocole de Kyoto est-il réellement LA solution à tous nos ennuis ?

Un des arguments de l’administration Bush est que le protocole s’adresse plus particulièrement aux pays développés et que finalement quasiment rien n’est prévu pour les pays en voie de développement. A bien y regarder, ce n’est pas tout à fait faux… Notre fatuité habituelle de grands de ce monde nous a une fois de plus poussé à assumer que si nous nous plions aux exigences du protocole, il allait de soi que les pays émergents devraient en faire de même. Pouvons-nous en notre âme et conscience interdire à ces pays un développement dont nous avons plus qu’amplement profité ? La vraie question du développement durable se trouve là en fait…

Un des gros enjeux des années à venir ne sera finalement pas le pétrole, mais une énergie fossile bien plus ancienne : le charbon. Dans un des derniers numéros de Newsweek, Fareed Zakaria note que la Chine et l’Inde vont construire d’ici 2012 presque 800 nouvelles usines électriques au charbon, ces usines vont produire pas moins de cinq fois la quantité totale de CO2 que nous devrions réduire selon les accords de Kyoto... (Les Etats-Unis ne sont pas en reste puisqu’ils ont prévu d’en construire eux-mêmes 80 au cours des cinq prochaines années). A trop focaliser sur la réduction de l’utilisation du pétrole, on n’en a oublié le charbon, l’énergie la moins chère et la plus sale finalement… Cette même énergie qui nous a permis de faire notre révolution industrielle au XIXème siècle, et qui aujourd’hui fournit l’énergie du formidable développement de la Chine et de l’Inde.. Nandan Nilekani, patron du géant indien Infosys propose de subventionner des usines à charbon « propres ». Le problème est simple, si un choix doit s’imposer entre charbon « propre » cher et charbon « sale »a bon prix, le sale l’emportera... La taxe sur les émissions carbonique suffira-elle à faire baisser le coût du charbon propre ? Rien n’est moins sur ….

Daniel Esty, expert environnemental propose une autre solution : changer notre point de vue sur la régulation des énergies fossiles et ouvrir la réflexion pour favoriser l’innovation. Après-tout, en 30 ans, nos appareils électriques si gourmands en énergie sont devenus bien plus perfectionnés et pourtant nous consommons 3 fois plus d’énergie qu’il ya trente ans ? Ne pouvons-nous pas réviser certaines de nos habitudes. (Avons-nous vraiment besoin de climatiser l’ensemble de la maison ? Avons-nous absolument besoin de deux téléphones et de 3 I-pods ?). L’idée de Daniel Esty serait de passer d’un système de pollueur-payer, avec tous les effets pervers que cela amène, à un système qui ferait une plus grande place à l’innovation et aux idées.

Comment apprendre à faire de la place pour que les pays les plus pauvres se développent et que chacun y trouve son compte sans soumettre notre planète à plus de stress qu’elle n’en subit actuellement ? Ce billet est volontairement subversif, mais le politiquement correct n’est plus de mise actuellement, l’urgence est à l’action et aux idées brillantes. En 50 ans notre monde a profondément changé et il est plus que temps de changer de perspectives. On ne résout pas un problème neuf avec une formule qui a montré ses limites…

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