jeudi 18 juin 2015

Pssst ! On déménage !

Des orques dans la Brume déménage: http://orcaeyes.ca/

En prime je vais tenter de reprendre un rythme d'écriture plus régulier...
lundi 16 février 2015

Le printemps de la déprime


J'ai éteint la radio ce matin. Moi qui la laisse souvent allumée toute la journée, j'ai éteint mon lien avec l'actualité et le monde. Trop de déprime et de mauvaises nouvelles en ce moment. Le monde semble tourner dans le mauvais sens et me donne une vilaine nausée de Coriolis... Par contre, au jardin, le printemps a décidé d'arriver en avant, les crocus et les jonquilles sont en pleine floraison, les cerisiers de Vancouver sont déjà parés de leurs couleurs... comme un hommage aux victimes de toute la folie des humains. Je m'exile un peu pour le moment... Parce que franchement j'ai une furieuse envie d'aller me perdre dans une cabane au fond du Yukon le temps que tous ces abrutis de violence se décident à reprendre leurs esprits.

photo de Bob de chez vancouver is awesome

lundi 2 février 2015

Echapper au monde


Parfois, il faut échapper au tumulte et à l'absurdité. Décrocher un peu de cette addiction aux médias et aux écrans pour aller se perdre dans la forêt ou admirer le mercure calme d'une nappe d'eau salée.

Ce weekend, nous nous sommes offerts une petite échappatoire au Lighthouse Park, pas loin, mais où l'odeur de l'humus humide qui fermente dans les sous-bois centenaires régénère un peu les âmes fatiguées. Les petits passagers sont toujours ravis d'escalader les rochers, de faire des ricochets sur l'eau et de courir sous l’œil dédaigneux des pygargues à tête blanche.

Une dame de Vancouver vient de publier un petit livre sur l'art de manquer les choses, l'art de ne pas être mis au courant dans la seconde des informations, de manquer les mises à jour des statuts parfois imbéciles de nos amis virtuels, de manquer les derniers films à voir. Elle s'est remise à communiquer par le biais de lettres, à l'ancienne. J'aime cette idée de missives confiées aux méandres de la poste, cette lenteur suggéré, cette attente désirable d'une réponse qui viendra dans quelques jours ou quelques semaines. C'est une jolie idée que celle de la lenteur. Une jolie idée de "manquer" un peu du monde trop rapide qui nous entoure pour profiter des jolies choses simples.














 

mercredi 7 janvier 2015

#Jesuischarlie







Ce matin, notre ville côtière est noyée dans le brouillard. Épais, cotonneux, il dilue les formes et force à la mélancolie. Nous nous sommes réveillés dans un brouillard de nouvelles stupéfiantes et terrifiantes. Douze personnes sont mortes au siège de Charlie Hebdo. Parmi les noms de ceux qui ont perdu la vie dans une attaque violente et indicible, Wolinski, Cabu, Charb, Tignous… D’autres, comme le naturaliste Fabrice Nicolino sont blessés. Mon seul petit réconfort ce matin c’est de voir que la place a été donnée aux hommages et non au portrait-robot des connards qui assassinent la liberté de la presse.

J’ai grandi dans un monde où internet n’était pas encore au bout de nos doigts. Les journaux étaient attendus, lus et partagés.  Venant d’une famille qui en lisait beaucoup, j’ai découvert assez tôt les dessins de presse et les caricatures politiques. Charlie, mon oncle se faisait un plaisir de le lire et de le laisser trainer devant ma très conservatrice grand-mère, avec le Canard évidemment! A mon entrée à l’université, à l’âge des grands idéaux, des engagements politiques et des manifs, Charlie est demeuré. J’ai aussi rencontré quelques dessinateurs de presse, dont certains sont devenus des amis. Beaucoup continuent aujourd’hui à militer pour la liberté de la presse à coups de traits de crayon humoristiques.

Ils sont un miroir impitoyable mais souvent tendre de notre humanité. Ils nous renvoient sans concessions à nos failles, nos petitesses et nos bêtises. Ils ont l’art de nous dessiner empreints de nos défauts. Ils nous prennent à rebrousse-poil et sont les seuls à ne pas nous prendre au sérieux! C’est bien là le problème. Les caricaturistes sont souvent pris à parti pour avoir pointé du doigt l’évidence. Que ce soit un Philippe Val qui se fait casser la figure par des militants anti-IVG ou cette récente attaque sur les trublions de l’actualité, les dessinateurs et caricaturistes dérangent, sont emprisonnés, torturés ou tués partout dans le monde. Parce qu’ils nous renvoient à cette faillible humanité, à nos contradictions et nos oxymores. Les moralisateurs et ceux qui se veulent bien-pensants ne supportent pas de se retrouver ainsi confrontés à eux-mêmes, sans fard et sans compromis.

Cette dernière décennie a été envahie, gangrénée par les moralisateurs, les conservateurs, les bien-pensants, les extrémistes fanatiques de tous bords et de toutes religions. Ils sont obscènes de connerie, bien plus obscènes que les nanas et les mecs  à poil et au poil de Wolinski ou de ses potes. Il faut riposter, il faut soutenir ceux qui défendent notre liberté de penser, d’écrire et d’être. Il faut continuer à résister à cette façon de penser qui rabaisse notre humanité, rend complètement crétin et continuer à pointer du doigt l’absurdité de tous ces fanatiques, barbus ou non. Aujourd’hui et demain encore plus, soyons tous Charlie, renonçons au confort de l’apathie. Renvoyons ces connards à leurs pénates. Je m’en vais de ce pas lire quelques dessins politiquement incorrects, indécents et drôles, rire à la barbe des barbus et me souvenir de ceux qui ont perdu la vie parce qu’ils avaient suffisamment d’humour pour ne pas nous prendre au sérieux…






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vendredi 2 janvier 2015

Bonne Année 2015 !


On vos souhaite une année pleine d'aventures, de découvertes et de bonheur !


lundi 22 décembre 2014

Séance de rattrapage - Le Yukon en septembre


 En Septembre j'ai eu le plaisir d'accompagner mes étudiants dans le beau Territoire du Yukon. Un rêve de petite fille vraiment... J'allais pouvoir me rendre sur les lieux de mes héros d'enfance: Jack London et Picsou! Oui, parce que notre bon ami Picsou a fait fortune lors de la ruée vers l'or du Klondike, au Yukon donc...

Bon contrairement à ce que croit savoir Nicolas Vannier, le Yukon ne se trouve pas en Alaska mais bien au Canada. Note au benêt: l'Alaska se trouve à gauche du Canada  sur la carte et appartient aux États-Unis... Le Yukon est un des territoires du Nord du Canada. La Colombie-Britannique se trouve juste en dessous, le long de la côte du Pacifique.

La petite carte de géographie pour un rappel:

North America map showing Yukon

Premier arrêt de ce voyage, Whitehorse, la capitale. Ici tout rappelle la ruée vers l'or et les pionniers.



Le temps est magnifique et les températures douces pour l'automne boréal...



Le long du fleuve Yukon, on trouve un des bateaux à vapeur qui emmenaient les chercheurs d'or en quête de fortune vers le Klondike:




La vieille église en rondins de 1910 est encore là...






Après quelques jour de conférence à Whitehorse, direction Carcross (Caribou Crossing, littéralement l'endroit où les caribous traversent...), une communauté Première Nation un peu plus au Sud. Le long du Lac Bennett, nous campons dans des cabanes de luxe, au milieu de la forêt boréale de trembles, de bouleaux et de pins qui me semblent miniatures comparés aux géants que nous croisons dans nos forêts de Colombie-Britannique.







Les Tagish de Carcross sont les descendants d'une tribu de la côte et ont comme totem... l'orque ! Comme quoi le centre cosmique de contrôle des coïncidences fait bien les choses... Un danseur traditionnel nous offre une soirée de danse et de contes, aidé de sa grande-tante, qui fait office de shamane et de guarante des traditions.




Carcross se trouve à mi-chemin entre Skagway, le port par lequel arrivait les chercheurs d'or et Whitehorse, d'où partait nombre de bateaux à vapeur vers le Klondike. Le chemin de fer passe par ici, juste avant de monter vers White Pass, le fameux col montagneux que de nombreux chercheurs d'or on du prendre à pied, faute de fonds pour le train... Beaucoup d'entre-eux n'ont pas survécu le passage du col en hiver...





Aujourd'hui le chemin de fer permet de profiter des paysages spectaculaires du Yukon. Il est dans nos projets d'emmener les petits passager y faire un tour prochainement. Ils adorent les trains !  Depuis la ruée vers l'or, Carcross avait sombré un peu, en faisant une communauté pauvre et rude. Avec le dynamisme des jeunes, la communauté s'est orienté vers le tourisme de sport. C'est devenu une des meilleurs destinations pour le "mountain biking" avec un immense réseau de chemins pour les amateurs de vélo de montagne. Les sentiers ont été défrichés basés sur les anciens chemins que la tribu empruntait pour chasser. Le village développe aussi une industrie des "tiny homes", des maisons minuscules, préfabriquée avec des matériaux écologiques. Le lac Bennett attire aussi beaucoup d'amateurs de sports nautiques...







Une belle communauté donc... Après cet intermède sympathique il est temps de reprendre l'avion pour Dawson City cette fois. Dawson City, la ville du Klondike où tout a commencé ! C'est aussi là où Jack London a écrit un certain nombre des ses livres. Une ville de fous-furieux, d'aventuriers, de rêveurs, de repris de justice et de poètes. A l'aérodrome local, on aperçoit le TurboBeaver de notre ami Rick Nielsen. J'aurais le plaisir de voler à ses côtés sous peu !


Le premier soir, pendant une petite promenade digestive, les aurores boréales m'ont offert un petit spectacle lumineux:





Le lendemain, une balade dans les rues aux trottoirs en bois s'imposait...


Cache de nourriture. C'est ainsi que nombre de pionniers gardaient leur nourriture à l'abri des ours, ratons-laveur, écureuils et carcajous voleurs...


Dawson City est fière de son passé et restore petit à petit les vieux bâtiments en bois de la ruée vers l'or:








Pas de visite à Dawson City sans un passage obligé par la cabane de Jack London, qui abrite maintenant un musée à sa mémoire:




Jack London n'est pas le seul écrivailleur connu du coin. L'autre cabane frequemment visité est celle du poète Robert Service:


Il y a aussi la maison de Pierre Berton, qui offre un programme d'écrivain en résidence pour ceux qui ont besoin de calme pour écrire. La célèbre historienne canadienne Charlotte Gray a d'ailleurs pu rédiger un de ses ouvrages dans cette belle maison... Ca donne vraiment envie d'alle s'encabanner avec quelques bons livres, des cahiers et un stock de thé...

Après deux jours à Dawson City, nos prenons un vol intérieur privé pour nous rendre sur la piste d'atterissage de la mine Minto, au milieu de nul part pratiquement. C'est là que nous attend Rick avec son Turbo Beaver, pour nous emmener en petits groupes à Fort Selkirk, un ancien poste de la compagnie de la Baie d'Hudson, aujourd'hui classé lieu historique du Canada. Rick me fait le plaisir de me laisser grimper à ses côtés. Il est l'un des pilotes les plus expérimentés que je connaisse et peut voler sur pratiquement tous les appareils, y compris des 747...



Rick pompe du fuel dans l'avion...


Et hop ! On est dans les airs... Pour le copilote que je suis, c'est Noël ! Le Turbo Beaver est un avion extraordinairement maniable, qui peut atterrir sur toutes sortes de terrain, y compris sur la glace avec des patins spéciaux...



Atterissage tout en douceur sur la piste forestière:


Après une traversée de la forêt, fusil sur l'épaule à cause du nombre d'ours en maraude, nous arrivons à Fort Selkirk. Difficile d'imaginer qu'à partir de 1848 et jusqu'en 1950 vivait ici une petite communauté dynamique avec une école, une base militaire et même deux églises ! (une anglicane et une catholique...). C'est un peu le bout du monde ici. On ne peut accéder à ce petit village que par les airs ou par le fleuve. Le village se trouve au confluent des fleuves Pelly et Yukon.









On y trouve encore un vieux cimetière autochtone avec des tombes en bois colorées:




Passer la tête dans les anciennes cabanes en voie de restauration donne une petite idée de la vie de l'époque:







Après cette dernière visite historique, il est temps pour nous de reprendre les airs pour retourner dans nos pénates... Je quitte à regret le Yukon. Hormis les paysages spectaculaires et  l'atmosphère d'aventure qui y règne, une fois de plus ce sont les gens du coin qui m'ont conquis. J'ai bien envie d'y retourner, pour un séjour un peu plus long, avec le geek et les petits passagers. Peut-être pourra-t-on trouver une cabane pour quelques mois et profiter du grand air ? En attendant, je ramène dans mes bagages un tas d'histoires fabuleuses, quelques bonnes recettes à essayer et une envie de faire du pain traditionnel...

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