mardi 21 juin 2011

Vancouver, balades post-émeutes

Il y a une semaine se jouait le match décisif de la coupe Stanley. Ce match de hockey restera dans les annales non pas pour la qualité du jeu et le sens sportif des hockeyeurs mais pour les émeutes qui ont suivi. Une foule de gens fortement imbibés et fâchés d'avoir vu leur équipe perdre ont foutu le bazar dans la ville, incendiant quelques voitures de police et brisant les vitrines de quelques grandes enseignes. j'en connais qui ricanent en disant que c'est rien d'autre que ce qu'on voit à Paris après un match PSG-OM ou à Montréal quand les Habs perdent... Mais ici c'est Vancouver. On est des gens civilisés ici,  et polis avec ça. Un désordre social pareil, ça ne se fait vraiment pas! Les émeutes ont donc profondément marqué l'imaginaire collectif des vancouverites et dès le lendemain des centaines de bénévoles envahissaient les rues pour tout remettre en ordre, laisser des petits mots gentils aux flics  et décorer les planches de contre-plaqué posées sur les vitrines brisées de mots d'excuse et d'espoir. Un mea-culpa géant en quelque sorte,  de quoi faire frétiller les freudiens invétérés. On se flatte collectivement de cet "esprit" communautaire qui a vu la ville panser (très vite) ses plaies. Depuis, c'est un déferlement de sociologie de comptoir pour expliquer pourquoi les jeunes ont foutu le feu à la ville alors que le maire venait de dépenser une petite fortune pour mettre des écrans géants partout. 

Plus inquiétant, des comités de justiciers du dimanche traque maintenant les émeutiers en herbe et les dénonciations pleuvent. C'est l'heure des représailles, on parle déjà d'installer de nouvelles caméras de surveillance partout alors que les émeutiers se sont filmés tous seuls comme des grands avec leurs téléphones avant de poster tout sur facebook: c'est con un jeune quand même ! Bref, le climat dans la ville n'est pas forcément aussi bon enfant qu'il n'y parait. Pas question de tolérer la moindre velléité d'anarchisme. En parlant d'anarchistes, ils ont protesté qu'ils n'y étaient pour rien parce que le hockey ça n'a rien de politique. Si même les anar se refusent à mettre le feu aux voitures de police...

Une semaine à entendre les nouvelles rabâcher les mêmes reportages sur les émeutes au point d'en oublier qu'il se passe aussi des choses dans le reste du monde, ça fatigue un peu le neurone qu'il me reste. Alors plutôt que de vous mettre une énième vidéo de kékés en train de sauter sur une voiture de police en feu, voici quelques images du Vancouver que je traverse tous les jours, où la poésie traine dans les allées oubliées et où les gens ne semblent pas trop concernés par l'hystérie collective post-émeutes.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 Un clin d'oeil quand même, dans le tout nouvel édifice Woodwards, il y a une oeuvre d'art géante affichée qui représente justement des émeutiers:



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