dimanche 17 février 2008

Retour à l'Ouest

Mon avion survole les Rocheuses dans le soleil couchant. C’est assez spectaculaire de voir les plaines arides soudainement se plisser pour devenir ces sommets enneigés… On dirait que la planète fronce soudain les sourcils !

Trois jours de travail intense s’achèvent, trois jours de rencontres avec des gens d’une simplicité et d’une gentillesse extraordinaire, des gens ordinaires qui ont élaboré, ensemble, malgré leurs différences, leur nouvelle vision de la politique étrangère du Canada. J’avoue humblement que je ne m’attendais pas à un tel niveau d’engagement, ni à une telle capacité à intégrer ces notions complexes qui régissent les relations internationales.

Sur chacun des trois thèmes abordés lors de cette session, le changement climatiques, les puissances émergeantes et les conflits qui changent, ils sont parvenus à surmonter les difficultés inhérentes à un dialogue pour trouver des idées à la fois innovantes et simples.

Curieusement, s’ils sont très méfiants vis-à-vis des relations avec leur puissant voisin, les Etats-Unis, ils sont demandeurs de plus d’accords multilatéraux avec des puissances dites « du milieu » et ils souhaitent plus que jamais une gouvernance internationale forte de l’ONU, suggérant même qu’ils serait plus que temps de réformer la vénérable institution. Ils sont aussi demandeurs d’un corps diplomatique renforcé et d’un corps diplomatique correctement formé, des fonctionnaires autres que politiciens.

Les Canadiens ne veulent pas être les seconds couteaux des américains dans leurs guerres, ils veulent être des gardiens de la paix, travailler main dans la main avec l’ONU et intervenir uniquement dans le cas de catastrophes naturelles, pour sauvegarder les populations, reconstruire et relancer ou dans le cadre stricte de la responsabilité de protéger.

Ils craignent pour leur qualité de vie et leur environnement et veulent des villes et des transports repensés. Ils sont prêts à appuyer sur la touche « pause » du boom économique et demandent un moratoire sur le développement des sables bitumineux. Pour eux, une partie de la solution au changement climatique réside dans la création d’un groupe de travail multidisciplinaire, regroupant chercheurs, ingénieurs et industriels pour travailler sur un ou deux des secteurs qui produisent les plus de gaz à effet de serre. Selon eux, il faut ressortir certains projets et inventions des cartons et aller chercher des solutions énergétiques fiables, fonctionnelles, et propres, notamment pour remplacer le charbon.

Leur idée la plus surprenante pour une province aussi riche et aussi dépendante des ressources énergétiques c’est de faire payer le prix réel des ressources polluantes. « Fini les subventions, payons enfin le prix réel de notre électricité et de notre essence ». Selon eux, ce sera le meilleur moyen d’inciter les gens à changer leurs habitudes, que ce soit leurs voitures ou leur chauffage.

Le message que j’ai entendu le plus souvent durant ces trois jours c’est qu’ils veulent sauvegarder l’avenir des générations futures. Ils veulent que les enfants du monde entier puissent bénéficier d’une bonne éducation et de la possibilité de jouer et de s’amuser. Ces Canadiens sont décidément des gens forts sympathiques et fort empathiques !

Reste maintenant à voir et à comparer avec les autres villes et provinces que nous allons traverser au cours de ce périple ! Ce soir, je suis crevée mais j’ai la banane, les gens n’ont pas fini de me surprendre !

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