mercredi 2 avril 2008

Montréal : s'accommoder des différences... et des ressemblances!


Montréal me fait penser aux Maritimes, les Québécois ont certainement un sens de l’humour qui me rappelle ce que j’ai pu voir à Halifax et je dois avouer que j’ai vraiment passé une excellente fin de semaine ! Ce coup-ci, nos citoyens se sont creusé la cervelle sur trois sujets complexes : la diversité, les conflits en changement et le droit international.

Sur la diversité il est intéressant de constater que ce sont encore et toujours les mêmes problèmes qui reviennent sur le tapis, celui de la reconnaissance des diplômes étrangers et de l’intégration de la population immigrante. Montréal, qui reçoit, avec Toronto, le plus d’immigrants chaque année, verrait bien une meilleure politique d’intégration des nouveaux arrivants et une meilleure gestion de la reconnaissance des diplômes et des crédits internationaux. Si la
Commission Bouchard-Taylor sur les pratiques d’accommodements reliées aux différences culturelles (ou injustement surnommé par les médias la commission sur les « accommodements raisonnables ») a bien fait une apparition dans les discussions, il semblerait que nos Québécois soient plus concernés par la bonne utilisation des talents des nouveaux immigrants et par un partage des valeurs clés de la société canadienne. Pour eux la réponse est moins dans le « multiculturalisme » que dans le « pluralisme ». J’ai pu voir aux dernières nouvelles que le gouvernement du Québec envisage de mettre en place un plan pour favoriser l’intégration des nouveaux immigrants sur le marché du travail (voir Radio Canada). Cette décision semble tomber à pic dans cette question qui occupe la société dans son ensemble. Mes discussions fréquentes avec des chauffeurs de taxi qui sont qui médecin, qui professeur d’histoire, qui ingénieur électronicien ne font que confirmer cette idée qu’il y a un vrai clivage dans la société entre les immigrants dont les crédits sont reconnus et ceux qui rencontrent des obstacles insurmontables pour exercer leur métier… J’ai pas mal parlé sur ce blog des discussions des francophones sur leur intégration dans ce grand pays, Ian le Maudit Français en a aussi pas mal parlé, puisqu’il semblerait que nombre de francophones fassent un passage presque obligé par la Belle Province… L’intégration n’est pas quelque chose qui va de soi et des efforts sont nécessaires de part et d’autre pour faire de cette aventure une réussite.

Sur les conflits, un certain antimilitarisme a pointé le bout de son nez dans les conversations. Les citoyens veulent une forme de « reconstruction sans frontières » dans les zones de conflits, une redéfinition des valeurs de l’ONU et surtout ils souhaitent que le Canada se serve de son influence sur son puissant voisin, les Etats-Unis, pour orienter la politique étrangère de l’Amérique du Nord vers quelque chose qui reflète mieux leurs valeurs.

Sur le droit international, les citoyens sont partis sur l’idée que le Canada doit investir plus dans son personnel diplomatique, réorganiser les bureaux à l’étranger en régions et concentrer ses efforts sur un plus petit nombre de pays, de façon à travailler plus en profondeur. Ils veulent une collaboration plus étroite avec les ONG pour se répartir les tâches. S’ils se sont un peu aventurés vers une réforme de l’ONU (par le biais d’une coalition de pays de puissance moyenne) et en particulier vers une réforme du Conseil de Sécurité, ils ont finalement abandonné cette idée. Malgré ses défauts, l’ONU doit rester un partenaire important et un acteur clé dans le maintien de la règle de droit.

Ce qui m’a fasciné, c’est que la question identitaire québécoise ait une importance prépondérante mais que les valeurs partagées avec le reste du Canada en ait une encore plus grande. Le fait que la plupart des participants nous ait confié qu’ils étaient plus fiers de leur identité de Canadien après le dialogue qu’avant m’a proprement soufflé ! Finalement, ces Québécois sympathiques sont bien plus proches des autres Canadiens que tout le monde semble le croire ! Il est intéressant de voir que dans le même temps le gouvernement de Stephen Harper parle de rouvrir la question de l’identité du Québec en tant que nation à l’approche des élections (voir
l’article de Radio Canada d’aujourd’hui). Les manœuvres politiciennes paraissent parfois tellement en désaccord avec la tendance chez les citoyens de base… Est-ce qu’on n’exagérerait pas un tantinet le clivage entre le Québec et le reste du pays ?

Si cette question vous intéresse et que vous souhaitez nous donner votre avis, rejoignez notre conversation en ligne sur la diversité à
www.canadamonde.ca.

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