jeudi 15 janvier 2009

Etre ou ne pas être animal : lectures et crômeugnoneries du jeudi - Being an animal: books and cute pics

J’ai décidé de ne plus laisser mourir mes neurones esseulés et j’ai cédé aux appels d’Amazon ( je sais, je suis faible…), avant de me retrouver sans neurones du tout (une conséquence apparemment répandue de la ponte de petits d’homme d’après mes copines). J’ai donc commandé une série de bouquins à dévorer durant mes heures de vol à travers le Canada. Le premier est arrivé la semaine dernière et est déjà bien entamé :

The Bridge at the end of the World, de James Gustave Speth: un essai sur l'environnement et l'économie


Les autres, donc plusieurs ouvrages du philosophe Dominique Lestel, dont je me rappelle avoir suivi un cours magistral dans tous les sens du terme :

Naissance d'une théorie éthologique : La danse du cratérode écaillé, de Vinciane Despret

Les Origines Animales de la Culture, de Dominique Lestel

L'Animalité: Essai sur le statut de l'humain, de Dominique Lestel


Voilà de quoi nourrir mon pauvre petit cerveau, malmené par des années de boulot sans trop de réflexion et bien trop d’heures passées devant des séries débiles…

Sinon, dans la même veine, si on veut, une petite crômeugnonerie pour se ramollir le cœur et faire tout plein de petits bruits ridicules.
Ce chimpanzé s’est pris d’affection pour ces petits tigres de Sibérie (je sais ils vous font craquer aussi, bande de caramels tout mous ! et c’est pas la peine de faire humpffff, je l’ai vu le petit sourire là !) et s’en occupe comme si elle était leur maman de substitution. (Pour gagater encore plus, il y a une petite vidéo sur BBC)




Au grand désespoir de certains scientifiques qui souhaiteraient que chacun reste à sa place biologique et veuille se conformer aux stricts dogmes orthodoxes de la théorie scientifique, les animaux font parfois des choses surprenantes. Ainsi, il est arrivé qu’une lionne « adopte » un bébé antilope et le nourrisse, y prenne goût et en « adopte » 4 autres, faisant fi de toutes les lois élémentaires de la survie du plus fort. Koko, un gorille célèbre, avait un petit chaton et lorsque celui-ci est décédé, elle a exprimé sa « tristesse » en langage des signes, laissant les chercheurs perplexes car la tristesse et le deuil ne semblait pas des concepts applicables aux animaux.

On a donc inventé le concept « d’altruisme animal » pour expliquer ces drôles de comportement d’aide ou de soutien à un autre, d’une espèce différente.


Après avoir passé beaucoup de temps à observer les animaux et les hommes (que je considère comme des petites bêtes presque comme les autres, si ce n’est leur égo démesuré), je me suis rendue compte que la nature prend un malin plaisir à mettre des exceptions à toutes les règles, histoire de rendre fous les ordonnés chercheurs qui ne veulent que classifier et ordonner proprement tout ce bazar. Imaginez le trouble de ce pauvre naturaliste à qui l’on avait apporté un ornithorynque : est-ce un oiseau ou un mammifère ? Il a un bec de canard, de la fourrure et il pond des œufs ! Cette bestiole extraordinaire me fait toujours fondre aujourd’hui, on dirait bien que le Bon Dieu, la grande Gaia, Mère Nature ou qui-sais-je, avait picolé un petit coup avant de le créer celui-là ! Bon maintenant vous pouvez retourner bosser au lieu de faire des petits bruits étranges en gagatant sur les zanimos !



I decided to read as much as I could before having the baby. It’s high time for me to give some food for though to my poor brains and I still have some time to spare on my cross-country flights. So I gave in and ordered a bunch of books on Amazon (yes, I am weak!. Amongst them the following:

The Bridge at the end of the World, by James Gustave Speth: an essai on the environment and the economy

A few others, including books by philosopher Dominique Lestel. I remember attending one of his classes in university: he was an amazing teacher.

Naissance d'une théorie éthologique : La danse du cratérode écaillé, by Vinciane Despret. An essai on ethology, science and the birth of theories

Les Origines Animales de la Culture, by Dominique Lestel, an essai on the animal origins of our culture

L'Animalité: Essai sur le statut de l'humain
, by Dominique Lestel, an essai on the status of humanity and animality.

That should satisfy my brain, deprived of challenging readings by meaningless years of work and way too many hours watching TV shows (even when I don’t have a TV) Now, just to ooh and ahh for a bit, some cute pics of this chimpanzee who has adopted two baby tigers. BBC has a really cute video of them. Lien




Lien
To the despair of many a researcher, who would prefer everyone to stay in their place and conform themselves to the strict dogmas of scientific theory, animals sometimes act in unexpected ways. A lioness has adopted 5 antelopes, defying all the rules of the survival of the fittest. Koko, a famous gorilla, adopted a kitten and expressed her “sadness” in sign language when the kitten passed away, leaving the scientists perplexed as grief and sadness did not seem to apply to animals before.

So they set out to invent the concept of animal altruism, to explain these unexpected acts of bonding and kindness with another species.

After spending much of my time observing animals and humans (which I consider as much animals as the others if not for their huge ego), I noticed that Nature seems to like inventing as many exceptions to all the rules, just to render our scientists completely loony. Poor guys, they only wanted to classify and order this huge mess! Can you imagine the poor naturalist who was handed a platypus? It has a beak, fur, and lays eggs! I’ve always had a soft spot for this extraordinary creature. God, Gaia or Mother Nature must have had a glass too much before inventing it! Now you can go back to work after oohing and ahhing over the cute animals!


2 commentaires:

dick shaver a dit…

au sujet des animaux : ce qui me frappe le plus dans l'étude de leur comportement d'adoption entre espèces c'est que cette découverte récente (mais qui aurait pu être aisément perçue avant) traduit que notre regard sur la nature change en fonction des valeurs revendiquées par la société. je veux dire par là que l'étude des animaux au 19ème siècle mettait en avant la compétition, et la lutte des espèces entre elles à une époque où la société du 19ème se fondait sur la lutte des classes. Tandis que au 20ème et 21ème on met en avant l'harmonie de l'écosystème, la solidarité entre espèces au moment où notre société forme l'espoir que ces valeurs deviennent les fondements de la société. En gros, notre vision de la nature comporte une part non négligeable de relativisme (ce n'est pas moi qui le dit mais stephen jay gould, et il a souvent essayé d'évaluer l'influence de ce relativisme dans l'histoire des sciences du vivant)... bon bah bonne lectures !

Loutron Glouton a dit…

et je suis bien d'accord avec lui... d'où mes lectures qui mèlent science pure et philosophie :-) Je trouve que le regard de l'homme sur la nature est des plus intéressants, presque autant que l'étude de la nature elle-même :-)

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