vendredi 11 juin 2010

Multiculturalisme et communautarisme: les réalités du terrain


Hope in Shadows 2008
Originally uploaded by hopeinshadows
Le Canada se flatte de son modèle social multiculturel, de son intégration réussie d’une grande variété d’immigrants et pourtant… Si la rivalité entre anglophones et francophones est bien étudiée ou la fracture entre les populations d’autochtones en zones urbaines et la réalité des réserves, on parle moins des replis communautaires parmi les immigrants récents. 

Un post de Kerry, la maman blogueuse qui sévit entre autre sur Crunchy Carpets, a éveillé ma curiosité quant ce qui se passe autour des écoles. Elle s’appuie sur ce qui se passe dans son quartier de East Vancouver, un des multiculturels de la ville, pour décrire les replis communautaires et les conséquences sur la vie sociale des enfants. Les enfants qui jouent ensemble dans la cour de récré ne se voient plus tellement en dehors de l’école. Oubliés les traditionnels goûters d’anniversaire ou il suffisait d’envoyer des invitations aux copains de l’école pour avoir une ribambelle de gamines excités présents le jour J.

Ce post a provoqué un examen attentif de nos propres habitudes d’expats. Le constat n’est pas forcément très reluisant. On ne peut que constater notre propension à fréquenter des expats venant du même pays, de la même culture. On se retrouve pour des apéros, des barbecues, des potlucks familiaux… et jusque dans les mêmes écoles. Le geek et moi passons d’ailleurs un peu pour des hurluberlus pour avoir fait le choix de ne pas mettre notre petit passager dans une crèche francophone et pour avoir dit que nous ne serions pas particulièrement à cheval sur l’idée d’une école primaire francophone. Il faut dire que j’ai fait l’expérience de nombreuses écoles différentes dans ma courte vie… Certaines années j’étais dans des écoles anglophones et d’autres dans des écoles francophones. Les efforts de ma mère pour s’assurer que nous parlions, lisions et écrivions un Français correct et ceux de mon père pour que nous parlions, lisions et écrivions un Anglais correct m’ont permis de passer le bac sans trop d’encombres et d’exercer des professions où l’art de la rédaction étaient de mise dans les deux langues. J’ai de ce fait beaucoup moins d’appréhensions à l’idée que le petit passager puisse avoir une éducation multilingue. Reste la question de l’environnement périscolaire : parviendrons-nous à lui offrir des contacts avec des cultures différentes? Va-t-il falloir se forcer un peu à sortir de notre zone de «confort » pour fréquenter plus souvent nos amis asiatiques, sud-américains ou autochtones? Accepteront-ils nos intrusions dans leur propre cercle? Comment s’assurer que nous ne tombions pas dans le piège du repli communautaire tout en maintenant notre culture et nos racines? Comment fait-on évoluer une société multiculturelle et polyglotte?

Malgré nos meilleurs intentions, la question d'une société idéalement multiculturelle est loin d'être simple !

2 commentaires:

Jo a dit…

Bonne question. On vient de discuter de racisme et comment l'expliquer a nos enfants sur la liste "Positive Parenting Discipline" (qui pourrait peut-etre t'interesser).

Mais bon, a part ca:
je veux bien etre une partie multi-culti dans votre cercle d'amis! (je peux meme m'efforcer d'accentuer mon bel accent allemand). ;)
Mais oui, tout en s'assurant que nos gamins aprennent et l'anglais et le francais (et dans mon cas aussi l'allemand), et ben: les autres activites? J'espere qu'on trouvera d'autres familles dans les activites sportives et autres.

Je pense, deja le fait d'etre consciente des limites de notre propre petite vie "multiculturelle" est un bon debut. Apres comment aller au-dela? Sport et musique me semblent propices a reunir des personnes au-dela des limites des origines.

Anyes a dit…

Je me trouve dans une situation similaire mes enfants sont "melanges" et je suis Francophone dans une province plutot Anglophone.
J'avoue que dans notre situation cela c'est res bien passe. J'avais choisi des le depart de commencer l'education des enfants en Anglais et de les mettre en Francais en Gr. 5 (je ne connais plus les equivalents francais). Ma fille n'est pas bilingue mais adore le francais et s'y interesse de plus en plus. Mon garcon est encore un peu jeune mais il veut apprendre.
Tous nos amis viennent de tous les coins du monde, de l"Asie, du Moyen-Orient, du Canada, d'Afrique du Sud...
Pour ma part il n'y a pas eu vraiment de problemes, les enfants sont bien acceptes et ont un quotidien multiculturel que j'aime.
Le fait de se poser cette question en soit est tres sain et vous permettra de faire le meilleur choix qui conviendra a votre petite famille.

Bonne chance :-)

Météo


Archives du blog