lundi 15 novembre 2010

D'un océan à l'autre: un petit séjour à Terre-Neuve

Il y a deux semaines, j'ai délaissé la pluie de Vancouver et l'océan Pacifique pour renouer avec de vieilles amours: les embruns de l'Atlantique. Mon travail m'a emmené cette fois jusqu'à Terre-Neuve, à la pointe la plus à l'Est du continent Nord-américain. On m'avait annoncé les pires horreurs en terme de climat et j'avais glissé dans ma valise mon gros anorak pour les températures extrêmes, mon bonnet en laine et mes mukluks: mes mitaines indiennes fourrées.
Ha ha ha ! A ma descente d'avion: grand soleil et températures douces... L'été indien venait de toucher de sa grâce cette terre désolée ! 

Une petite balade en haut de Signal Hill, où est arrivée la première ligne de télégraphe sous-marin, permet d'apprécier la beauté de ce petit bout de terre qui n'est entré dans la confédération canadienne que sur le tard:

 
 
 Le phare qui garde l'entrée des "Narrows", l'étroit goulet qui permet d'entrer dans la baie de Saint Jean
 
 La baie protégée de Saint Jean de Terre-Neuve, un havre pour les navires qui fuient le mauvais temps
La tour Cabot, au sommet de Signal Hill
 
 Vancouver est à plus de 5000 km...
Paris est plus proche d'ici !

Terre-Neuve, c'est une terre de pêcheurs téméraires, de ceux qui affrontent certaines des pires conditions en mer possibles pour pêcher la célèbre morue de Terre-Neuve ou récolter la glace millénaire des glaciers qui s'égarent souvent par là pour en faire leur célèbre vodka de glace. Le long de la côte on trouve encore une myriade de minuscules village de pêcheurs. On pêche encore ici le crabe et le homard, de moins en moins la morue qui a quasiment disparue de l'Atlantique Nord, victime de la surpêche et du manque de jugeote de ceux qui devaient protéger cette ressource précieuse. Au petit village de Quidi Vidi, les gens font contre mauvaise fortune bon cœur et ont ouvert une petite brasserie où ils brassent une bière locale délicieuse et s'ouvrent au tourisme:

 
 
 
 Le macareux, le petit oiseau symbolique de la région et un de mes oiseaux préférés pour ses couleurs de clown !
 Quidi Vidi, petit village de pêcheurs...
et de brasseurs de bière !
  
Casiers à crabes dans le village de Petty Harbour
  
Casiers à homards
 

En poussant un peu plus loin sur l'île de Terre-Neuve, on atteint Cape Spear, la pointe la plus à l'est du continent. Ici, la puissance de l'Atlantique se fait sentir. L'histoire n'est jamais loin avec les derniers bunkers de la Seconde Guerre Mondiale que l'on peut encore visiter. Il y a quelques navires ravitailleurs qui ont été coulé au large d'ici par les U-boots... On peut encore plonger sur les épaves de ceux-ci.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Mais Saint Jean de Terre-Neuve est surtout connu pour ses rues pittoresques, parmi les plus "anciennes" du Nouveau Monde et pour ses célèbres maisons de bois de toutes les couleurs:
 
 
 Le meilleur disquaire de Saint Jean c'est Fred's, où l'on trouve une large sélection de musique folklorique locale, très proche de la musique Irlandaise... Les gens de Terre-Neuve adorent chanter et improvisent facilement des boeufs...
La couleur est partout, y compris dans les allées sombres qui bordent la rue George, la rue de tous les bars à matelots, célèbre pour son ambiance chaleureuse et musicale. Pour compenser le climat souvent ingrat ?
 
 
 
 
 
J'ai du me soumettre à une des traditions de Terre-Neuve : le "Screech-in". Lors de cette cérémonie très ritualisée et maintenue par un ordre de "screechers", j'ai du embrasser une morue et manger un hareng sec, tête la première, avant de descendre un verre du rhum local, réputé très fort. Bah, le rhum a bien fait passer le goût très salé du hareng ! J'ai apparemment passé le test et notre screecher, Jim Price, kayakiste téméraire le jour, m'a adoubé citoyenne honorifique de Terre-Neuve avec une pagaie. La cérémonie peut être accomplie dans certains des bars de la ville, mais  avec mes étudiants, nous avons eu le privilège d'être adoubés lors d'un diner aux Rooms, l'immense complexe qui abrite le musée de Terre-Neuve, les archives provinciales et la très belle galerie d'art. Mon seul regret est de n'avoir pas eu plus de temps pour explorer les richesses de cette institution.

Peu de temps avant de reprendre mon avion pour retraverser le continent en sens inverse, un sympathique chauffeur de taxi m'a offert une visite gratuite du plus vieux cimetière de la ville, me plongeant dans l'histoire de ce petit bout de terre qui me rappelle beaucoup la Bretagne.
 
 
Je reviendrais à Terre-Neuve, c'est certain. Ses habitants, leur pugnacité, leur gentillesse et leur humour m'ont séduit autant que les falaises granitiques battues par le puissant ressac de l'Atlantique.

1 commentaires:

Anyes a dit…

Quelles photos superbes, Merci Elodie de me faire voyager a l'autre bout du pays sans que j'ai besoin de faire/defaire mes valises.

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