jeudi 29 mai 2008

La politique canadienne et ses femmes fatales (non, non, ce n’est pas une blague !)


On s’est beaucoup gaussé de l’autre côté de l’Atlantique, de la pudibonderie américaine et de son hypocrisie quant aux affaires de coeur et de cul de ses homes politiques. Les Américains n’adorent rien de moins qu’un bon scandale impliquant un homme politique influent (de préférence blanc, Chrétien juré-craché et marié avec gamins à la traine) et une charmante demoiselle (de préférence très jeune, ravissante, au choix prostituée de luxe, assistante ou mannequin/chanteuse).

La bonne nouvelle c’est que les Canadiens n’ont plus rien à leur envier. Les voilà avec un scandale local, de quoi occuper les journaleux pendant des semaines ! Pas de quoi nous emballer, les frenchies. Nous avons eu, en France, notre lot de scandales du même genre, dont un président mort dans l’exercice de ses fonctions, s’exerçant à l’ascension du 7ème ciel à défaut de celle de l’Everest, et un autre qui entretenait maîtresse et gamine illégitime aux frais du contribuable. Même pas de quoi faire lever un sourcil… Tout au plus cela renforcera la réputation du bonhomme et provoquera quelques galéjades grivoises au comptoir des PMU.
Sauf que voilà…

Point de PMU et de petit blanc au comptoir ici, au Canada. Héritage british oblige, les affaires de coeur et de cul se doivent d’être vécues cachées honteusement et certainement pas en première page des journaux… Le ministre des affaires étrangères, Maxime Bernier, vient d’en faire les frais. Ce jeune ministre, parlementaire play-boy de la Beauce, s’était entiché de la ravissante Julie Couillard, une femme qui allait s’avérer fatale pour sa carrière politique.


Chose intéressante, ce n’est pas l’inaptitude flagrante du jeune ministre qui lui a attiré les foudres de ses pairs parlementaires mais bien la scandaleuse robe au décolleté plongeant de la dame qui l’a accompagné lors de sa cérémonie d’assermentation La photo a depuis fait le tour des rédactions et a été reproduite des centaines de fois. L’affaire aurait pu s’arrêter là, mais la dame avait d’autres secrets en réserves, elle a été mariée à un membre des gangs de Hells Angels (une petite mafia locale), puis la petite amie de deux autres sombres individus aux casiers judiciaires bien remplis. Bon elle aime le risque et les voyous.. pas de quoi fouetter un Caribou ! Mais voilà que notre gentil ministre plaque sa « blonde », et en profite pour oublier des documents confidentiels sur la table de salon de la belle. Une femme trahie est bien pire qu’une bombe à fragmentation… L’affaire des documents oubliés se retrouve rapidement en une des journaux et la dame fait quelques déclarations bien senties à la presse, réglant ses comptes avec l’indélicat. Le voilà obligé de démissionner, mettant le gouvernement dans l’embarras face à cet étalage de linge bien puant pour les nez sensibles de la colline parlementaire.


Le fond de l’affaire : le gars était un incapable notoire, enchaînant les faux-pas et les gaffes que sa bonne bouille ne suffisait plus à excuser. Mais le plus intéressant c’est que la « femme fatale » a déchaîné les passions chez bien des dames journalistes politiques. Son décolleté ravissant et ses cheveux font bien plus parler que les bourdes de son lourdaud d’ex : la mauvaise foi de ces dames semble sans limite… Je ne vais pas défendre la ravissante Julie qui apparemment se défend très bien toute seule et qui n'a rien d'une blanche colombe de toute façon, mais on sent chez ces dames une indignation toute victorienne à l’égard de cette francophone qui représente si bien toute la liberté sexuelle dont jouissent les Québécoises, en cela très différente de celle des anglophones.

Encore un lointain héritage de ces maudits Français ??? Il faut dire que notre goût et notre laxisme en matière de coucheries fait de nous une espèce à la fois admirée et redoutée. J’en veux pour preuve toutes ce petites Canadiennes qui reluquent mon geek sous prétexte qu’il est frenchy, donc cute, donc forcement un amant formidable.(hé hé c'est mon mien de geek!) Le geek en question ça le fait bien marrer et ça flatte son égo! De mon côté j’ai découvert que mes décolletés (qui n’ont pourtant rien de ceux de Monica Bellucci, ni rien de particulièrement indécents) m’attirent les remarques de mes collègues. Certaines poupounes vancouvérites en ont de bien plus prononcés ! Simplement j’ai la tare d’être Française, donc d’être potentiellement une femme fatale (de quoi hurler de rire j’en conviens, la première fois j’ai bien cru que c’était une blague…).

Ici aussi, la pudibonderie fait des ravages… à sa façon. J’ai remarqué que la parité homme-femme n’est pas forcément bien vécue par ces intellectuelles pourtant brillantes. Il faut dire que le conservatisme canadien n'a pas fait beaucoup pour les dames en politique, malgré la pléthore de femmes entrepreneurs... De l'avis de l'une d'entre-elles, être une femme politique est encore mal vu; et si les parlementaires Canadiens n'oseront jamais proférer à voix haute "qui va garder les enfants?", ils n'en pensent pas moins... Les Canadiens ont cependant eu la délicieuse Belinda Stronach, femme d'affaires deux fois divorcée, comme ministre des ressources humaines. Et si en son temps le Premier Ministre Harper s'est autorisé des commentaires sur la vie amoureuse de Belinda, c'est motus et bouche cousue sur celle de Maxime, qui, lui, ne batifolait pas avec un autre membre du parlement mais avec une scandaleuse francophone...

La féminité doit se vivre cachée et ne doit surtout pas être mise en éxergue par quelque décolleté frivole. Quelque part je suis sure que la mère Simone (qui sous ses dehors revêches était une amante passionnée et une femme tout ce qu’il y a de plus fatale..) doit se retourner dans sa tombe ! Finalement, ces prudes occidentaux ne valent pas beaucoup mieux que les talibans, les burqas dont ils se servent sont bien plus insidieuses, ce sont des burqas sociales. L’alternative n’a pas beaucoup changé depuis le Moyen-Age, ou pute ou « dame respectable », tout est dans la limite sociale de la décence de votre décolleté ou de la longueur de la jupe… Je refuse pour autant de remiser au placard mes froufrous et mes escarpins, je ne vois absolument pas en quoi ils seraient un handicap à l’éxercice de mes fonctions intellectuelles ! Mon habituelle propension à la résistance et à l’insurrection risque de me pousser à lancer un comité pour le salut public des froufrous de ces dames !


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