dimanche 4 janvier 2009

Migrations sauvages - Wild migrations

Extrait d’un mail reçu ce matin et envoyé à tous les contacts d’une liste d’expats français de Vancouver :

"Je me présente, je m'appelle X et je suis en 4ème année d'école d'ingénieur à XYZ.Je recherche un stage de 3 mois dans le bâtiment pour l'été 2009. Je suis attiré par Vancouver et je pense qu'il doit y avoir des chantiers, notamment avec les aménagements pour les JO 2010.

Je ne sais pas vraiment comment m'y prendre pour contacter les bonnes entreprises. Pourriez-vous m'aider, me donner des contacts ou me dire où poser mes candidatures?
Merci d'avance."


Bon, le mail était poli c’est déjà ça… J’en avais un peu parlé ici, mais c’est fréquemment que je reçois ce genre de mails. Ce qui m’emmène à penser que beaucoup de jeunes ne sont absolument pas préparés à voyager seuls et à se dépatouiller dans un pays étranger. J’ai eu la chance d’être favorisée par la vie avec des parents grands-voyageurs et du coup j’ai appris quelques petits trucs en passant qui m’ont bien aidé dans mes propres pérégrinations au long cours.


A l’époque où mes parents parcouraient la planète dans tous les sens Internet n’était pas encore répandu comme aujourd’hui, on envoyait encore des Télex et la PanAm existait encore (j’ai volé sur cette compagnie peu de temps avant qu’elle ne disparaisse). Pourtant les routards de tous poils se croisaient sur les routes de Goa et d’ailleurs. Mais comment qu’ils faisaient ces hurluberlus pwalus et barbus avec leurs fleurs autour du cou ?


Aujourd’hui les choses vont plus vite, mais elles sont parfois aussi un tantinet plus compliqué, la paperasserie à fournir pour simplement aller se faire voir ailleurs vaut celles des Soviets de la pire époque et être simplement habillé de façon un peu connotée peut vous valoir de vous faire débarquer manu militari de votre vol. Et pourtant chaque année des tas de jeunes sautent le pas et franchissent les portes d’accès à l’inconnu, passeport en main et visa pour l’aventure dans l’autre. En témoigne le succès des PVT, les permis vacance-travail qui permettent d’aller se promener et bosser dans un pays étranger pour un an environ, du moment qu’on est jeune.


Je me suis retrouvée, comme ce jeune qui m’a écrit ce matin, à chercher des stages quand j’étais étudiante. Mon premier vrai stage, je l’ai d’ailleurs effectué ici, en Colombie Britannique, dans un petit labo perdu dans les brumes, à écouter et enregistrer les orques. Le stage je l’ai trouvé en faisant la liste des labos de recherche qui prenaient des « newbies » [1], de préférence étudiant les mammifères marins et de préférence dans un pays que je ne connaissais pas. A l’époque il fallait compiler les vieux journaux académiques pour trouver les adresses des labos, ou faire partie d’une association. Dans ma liste il y en avait deux au Canada, un en Argentine et un autre en Australie. Je vivais alors chez ma grand-mère en France, pas d’ordi mais la vieille machine à écrire de mon grand-père. J’ai donc tapé mes lettres de motivation à l’ancienne et les ait envoyées via la poste. Un mois plus tard j’étais acceptée à Alert Bay. Un trou paumé dans le nord de la BC, sur une île minuscule…


J’ai ressorti mon Atlas pour voir où exactement se trouvait mon île. Ensuite j’ai trouvé un Guide du Routard puis j’ai trainé mes baskets jusqu’à la médiathèque pour trouver un ordi connecté à Internet et j’ai planifié mon itinéraire, trouvé un bus et deux ferries qui m’emmèneraient de Vancouver jusqu’à ma destination finale. J’ai acheté une carte de téléphone internationale et je suis allée appeler l’auberge de jeunesse la moins chère de Vancouver pour réserver une nuit et j’ai bouclé mon sac (en fait le vieux sac à dos de l’armée de mon tonton). J’ai pris mon avion, dormi une nuit sur les fauteuils du hall d’arrivée à Vancouver avant de me lancer dans une expédition de 10 heures pour atteindre Alert Bay.


Orcalab


Ce premier voyage dans la région allait me marquer pour longtemps. J’ai rencontré des gens formidables, des amis que j’ai gardé, découvert un nouveau mode de vie, fait un road trip avec des copains sur la route des hippies de la BC, dormi au clair de lune plus d’une nuit, chanté autour d’un feu de bois, sauté dans l’eau glacée, navigué sur un ancien voilier de course et décidé que ce voyage ne serait que le prémisse de ceux à venir. Je n’avais pratiquement pas un sou en poche mais l’envie de dévorer les kilomètres et de me perdre dans l’immensité du monde. Ces vagabondages heureux sont parmi les meilleurs souvenirs de ma (courte) vie. J’en souhaite d’aussi beaux à ces étudiants qui m’écrivent pour me demander des stages. Le stage finalement n’est qu’un prétexte pour aller se promener et partir à la découverte d’un pays, des autres et surtout de soi-même… Alors si c’est votre premier grand voyage hors de vos sentiers balisés, lancez-vous ! Parfois les cordons de sécurité sont plus encombrants que nécessaires. Mais si vous avez réussi à trouver la liste en ligne des expats Français de Vancouver vous devriez être capables d’utiliser les pages jaunes, le site du Consulat de France (ou tout autre consulat pour ce que j’en sais) ou encore celui des PVTistes et celui du Routard. Alors bon courage et surtout bon voyage !



Aujourd’hui je me lance dans un autre genre de voyage, une autre aventure, et le petit bout qui va pointer son nez dans nos vies va aussi dévorer des kilomètres. Il a déjà volé plusieurs fois à travers le Canada quelques jours à peine après sa conception et ça ne fait que commencer… Mon instinct me dit qu’il va faire son premier grand voyage pour aller justement taquiner les orques dans le nord à la fin de l’été prochain…


This is an excerpt from an email I received this morning. It was sent to all the contacts on a list of French expats in Vancouver:

“Let me introduce myself, my name is X and I am studying on fourth year at an engineering school in XYZ. I am looking for a three month internship in construction for the summer of 2009. I am very attracted to Vancouver and I think there must be construction jobs with the 2010 Olympics. I don’t really know how to contact the companies. Could you help me? Give me some contacts or tell me where to send my applications? Thank you in advance.”

Well at least the email is polite enough. I get this kind of email pretty frequently. Some of them are quite rude and very demanding. Some are just plain lost! Which makes me think that some of these young people are absolutely not prepared to travel or fend for themselves in a foreign country. I was lucky to have parents who travelled around the world for most of my life. They taught me few tricks that are still useful today in my own wanderings across the globe.

When my parents were travelling around the globe, Internet had hardly been discovered yet, they still used Telex and Panam was still operating. (I actually flew on that company shortly before it closed down) Nevertheless, hobos and tramps of all sorts were hiking around the roads to Goa of elsewhere, with their flowered beards. But how did they manage is those times?

Today things move a lot faster, even if bureaucracy is worse than ever for those who just want to go and get lost somewhere, just being dressed in a particular way may even cause you to get taken off a plane. Even though, every year, thousands of the world’s youth head out to explore the world on their own terms, passport in one hand and visa for the adventure in the other. The success of the WHV, working holiday visa, is a proof of this tendency, it allows young people to go and visit a country, while doing odd jobs, for a year or so.

I was once a student and had to look for internships, just like the young guy who wrote to me this morning. My first true internship was actually here, in British Columbia, in a small lab on a remote misty island in the north of the province, listening to and recording orcas.


Telegraph Cove

I found that internship by compiling lists of labs that would accept a “newbie” like me, preferably in a country where I had never been, and possibly studying marine mammals. At the time you had to sift through piles of old academic journals to find the addresses or be part of an organization. In my list I had two labs in Canada, one in Argentina and one in Australia. I used to live with my French grandma and had no computer, but my grandpa’s antique typewriter. So I set out to type my applications old-fashion, and posted them. A month later I was accepted in Alert Bay. A remote community in BC…

First thing I did was pull out my Atlas to figure exactly where that was. I then found a Lonely Planet-like guide and dragged myself to the nearest library to find a computer with the Internet. I planned my itinerary, looked up buses and ferries. I bought an international phone card and called the cheapest hostel in Vancouver to book a night and then I packed my bag. (in fact it was my uncle’s old army backpack, very sturdy!) I boarded my plane, slept one night on Vancouver’s airport terminal seats and set off for the 10 hour journey that would take me to Alert Bay.

This first trip in the area was going to be a lasting memory. I met great people, dear friends, discovered a new lifestyle, took a road trip with friends on the hippy roads of BC, slept under the stars more than one night, sang around a campfire, jumped in icy cold water, sailed on a former race boat and decided this trip was the first of many more to come. I had very little money but a thirst to devour the miles and to lose myself in the world’s vastness. These happy wanderings are amongst the fondest memories of my (short) life. I wish many of those trips to the young students who write to me to ask for internships. Internships are just a way to go and have a trip, discover a country, people and more importantly oneself… If this is your first trip out in the world, don’t be afraid, go ahead. Sometimes lifelines are more cumbersome than truly useful. If you managed to find an obscure listing of French expats in Vancouver, than you should be able to find the yellow pages, the French consulate (or any other consulate for that matter), the Working Holiday classifieds, or Lonely Planet’s site. So good luck and good trip!


Today I am setting on another sort of adventurous trip, the little being that will become part of our lives this year will probably gobble up miles from early on. The little creature already flew several times across Canada, a few days after conception, and it’s only the beginning! Something tells me the first big trip will take him/her all the way up to northern BC to tease orcas next summer…



[1] Newb : débutant en langage geek…

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Hello miss,
j'ai eut deux mails de ce genre hier aussi ... une jeune fille cherchant un hebergement pour Juin .. puff c'ets super trop tot pour partir et honnetement des fois je suis fatigue de leur repondre toujours la meme chose craiglist, auberge de jeunesse, etc .. le tout sur internet !!
Je ne sais pas mais je me suis debrouille tte seule, avec le net, voyage forum, les guides etc ... les gens ne sont pas prepares ou alors ils attendent tout de nous, et ne cherchent plus par eux memes.
Bisous et a la nouvelle aventure a venir, je lui souhaite la meilleur arrivee possible.
vio

Loutron Glouton a dit…

Oui c'est vrai, à ce demander pourquoi on a inventé Googleuh?
M'enfin! Bon voyage à toi chez les amis Acadiens!

Anthropopotame a dit…

Chère Loutron Glouton, voici un blog bien intéressant. Les crômeugnonneries sont superbes ! Merci, au fait, d'avoir inséré un lien vers mon blog, politesse que je rends illico.

dick shaver a dit…

c'est un super parcours que tu racontes là, je trouve cela extraordinaire de se jeter à l'eau, de ne pas hésiter...je suis admiratif pour tout dire... et ce que tu dis à la fin est annonciateur d'un grand bonheur, 2009 va être une belle année !

Nolwenn a dit…

Oh mais je ne suis au courant de rien moi ! Félicitation pour cette graine d'amour qui grandit en toi, tu es à quel stade de la grossesse dis ?

J'aurais beaucoup aimé barouder... bon, je ne suis pas vieille du haut de mes 23 printemps, mais avec deux ptits bouts on va attendre un chouille (et tu sais, je rêve de voir les baleines et de voir les regards émerveillés de mes Pépettes).

Je suis étonnée aussi de recevoir pleins de mails avec des questions de gens voulant aller à Vancouver... Perso, je suis pas mal passé par PVTistes.net mais aussi beaucoup par des recherches Google et autres.

J'espère bien vous rencontrer bientôt ;)

Météo


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