jeudi 5 février 2009

Ne tirez pas sur l’ambulance ! - Don’t shoot the ambulance!

Olivier commente aujourd’hui sur son blog le « soufflé » retombé des agitations politiques canadiennes récentes. En effet, après moult rebondissements, le parlement a finalement repris le travail dans un calme relatif. Le budget de Stephen Harper (sérieusement remanié il est vrai) a été globalement accepté avec quelques petits amendements et chacun a retrouvé cette tranquillité canadienne si typique. Mais une certaine vigilance reste de mise. Harper reste un conservateur, s’il a concédé un plan de relance économique couteux et le retour vers un déficit budgétaire, il est à noter qu’il n’a pas non plus fait de grands pas vers une vraie révolution. Ainsi, si le plan de relance prévoit des aides pour le secteur automobile, rien n’a vraiment été fait pour encourager les technologies écologiques, pourtant porteuses d’avenir ici. De même, si le plan de relance prévoit de développer les infrastructures pour créer de l’emploi, on parle davantage de développer les routes que de développer des énergies renouvelables par exemple. Les écolos du pays sont donc très déçus et certains murmurent que c’est un peu un cautère sur une jambe de bois. Au lieu de persister dans une certaine économie qui a prouvé son essoufflement, il serait temps de regarder vers l’avenir. Les amateurs de parcs naturels seront les plus contents puisque le gouvernement va investir dans cet atout indéniable pour attirer les touristes.

Les conservateurs ont aussi une dent contre la recherche apparemment. Le remaniement budgétaire a donc mené à des coupes très sombres pour la recherche en génomique,
Génome Canada, un des leaders dans ce domaine, a donc perdu beaucoup de fonds pour les années à venir et voit d’un œil sombre certains de ses projets s’en aller dans d’autres pays. Les conservateurs ont aussi une dent contre les sciences sociales, le SSHRC, organisme qui fournit des bourses pour les recherches en sciences humaines, vient de voir son budget sérieusement réduit. Selon les initiés, le gouvernement préfère accorder des bourses aux candidats au MBA (master en administration des affaires). Le dépit se ressent dans les couloirs de mon département, hantés par des spécialistes en sciences humaines… Leur constat : on prive les sciences sociales de budget pour en donner davantage à ceux qui sont en partie responsables de la crise actuelle. Selon eux, il serait plus approprié de miser sur des nouveaux modes de pensée. Je peux difficilement leur donner tort. En temps de crise, les sciences qui semblent le moins « rapporter » économiquement sont celles qui sont le plus décriées, même si leurs « trouvailles » sont souvent le germe de nouveaux paradigmes, plus profitables. On tire d’abord sur les arts, la culture, les humanités. Alors même que le tissu social se délite on va chercher le « profitable », « l’utile », plutôt que de donner aux peuples la matière dont ils ont besoin pour se réinventer.


Illustration by David Simonds

Olivier was commenting on his blog today about the Canadian federal budget. For him it was much ado about nothing, after the turmoil of last year, everything seems to be back to normal. The parliament went back to work and the budget was voted for despite a few minor amendments. The usual Canadian tranquility is back. Harper remains a conservative, even if he conceded a stimulus package that will lead to a fiscal deficit. He has not made any revolutionary moves. So the stimulus package will help the automobile sector, but not that much the green economy, even if the green economy is the future. Infrastructures will be financed, to create more jobs, but more in the development of new roads than in the development of alternative energies. The treehuggers of the country are quite disappointed and some say it is as useful as peeing in the ocean. Instead of persisting in a form of economy that has proven it is obsolete, it would be time to invest in the future. The only happy people are the natural parks aficionados as the government will invest in this asset for tourism.


Conservatives also seem to have something against research. The new budget slashes the funds for organizations such as
Genome Canada, a leader in medical research. Genome Canada will probably lose a number of projects to other countries. Social sciences are also disregarded as the SSHRC, an organization leading in scholarships for humanities, will also lose quite a lot of funding. According to some sources, the government wants to privilege MBAs. A lot of people I work with are feeling very sour right now. Cutting the research in the humanities for the exact same people who are partly responsible for the global economic crisis doesn’t seem to make any sense. For these coworkers, betting on the humanities may lead to new paradigms, even if they don’t seem as “profitable” at first sight. I can hardly disagree. In times of crisis, humanities, culture and art are the first to suffer. When the social makeup of society is breaking apart, some look for the “profitable” and the “useful” instead of giving the people the matter to reinvent themselves.

1 commentaires:

Olivier de Montréal a dit…

Je suis bien d'accord avec toi. Au lieu de financer des secteurs en perte de vitesse, comme l'automobile (qui représente 30% canadien, c'est vrai), on ferait mieux de développer les technologies de demain, de remettre l'humain au centre de l'économie, plutôt que les profits.

Je préfèrerais qu'on dépense des milliards pour qu'on invente une voiture propre, par exemple, plutôt que de soutenir à bout de bras les usines qui fabriquent des 4 x 4...

Quant au milieu de la finance, hein...

Je suis de toute façon très inquiet. Parce que toutes ces relances qui sortent du chapeau de Paris à New York, en passant par Londres et Tokyo, sont financées par de la dette. Qui devra payer la facture (et les intérêts) dans 20-30 ans? Au moins qu'on fasse quelque chose d'utile avec cet argent. :)

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