vendredi 6 mars 2009

Les Ayatollahs et les empêcheurs de penser en rond : investissez dans un nez rouge !


student protesters
Mise en ligne par eecue
Allez, un petit coup de gueule du vendredi avant d’aller profiter du soleil radieux !

J’ai passé un certain nombre d’années à militer dans des associations écologistes et autres organismes pour le bien du monde. J’en suis revenue parfois pleine d’énergie, parfois un peu désabusée. J’ai remarqué que ce genre de lieu attire de nombreux individus qui ont visiblement des problèmes avec eux-mêmes et que la perspective d’aller sauver le monde rend un tantinet égotique à l’extrême. Ne le prenez pas mal, beaucoup de ces associations font un travail formidable et abritent des individus qui le sont tout aussi. La preuve en est, j’en soutiens encore aujourd’hui certaines ! Mais, si nombre de personnes rencontrées durant mes années militantes ont été des modèles et des amis très proches, beaucoup d’autres m’ont donné une sérieuse envie de distribuer des baffes !

Il existe une certaine autosatisfaction chez certains militants qui vous donne envie d’aller vous faire ermite au Kamchatka… De fait, beaucoup de causes sont importantes, mais le monde ne fonctionne pas avec des cloisons étanches… Lorsque je militais pour la protection des cétacés, certains ne voyaient absolument pas l’intérêt de militer aussi pour la protection de la morue ou des requins (oui les requins c’est méchant, donc pourquoi s’en préoccuper ??). C’était un peu chacun sa cause. Encore aujourd’hui certaines associations militant dans le même périmètre d’activité se feraient la guerre pour obtenir le devant de la scène et mettre en avant « leur » travail, « leurs » réussites et pourrir le concurrent d’à-côté. Si certaines parlent de « collaboration », dans les faits c’est encore assez rare.

Beaucoup de personnes attirées par le militantisme ont une tendance à l’extrémisme et à l’intolérance qui me sidère encore aujourd’hui. Il existe une véritable pression au sein de ces groupes de militants pour prouver sa « pureté » et son « engagement », autant de termes qui me font furieusement penser aux dogmatismes religieux et me donnent des boutons… Ainsi, pour certains, vous ne pouvez pas être vraiment un écolo si vous mangez (Mon Dieu quelle horreur !) de la viande, ou si vous possédez une automobile (ça peut vous valoir le bûcher attention !). Je force un peu le trait mais à peine. Les militants de l’extrême ont une tendance à voir le monde de façon très manichéenne, si vous n’êtes pas comme eux, vous êtes forcément contre eux. Une bien triste façon de réduire la palette illimitée des possibilités à un choix binaire… Le monde n’est certes pas parfait, mais aucun être humain ne l’est non plus, il serait bon que certains militants s’en souviennent. J’ai pu constater à de nombreuses reprises que ces extrémistes du « bien-faire » ou du « bien-penser » avaient souvent des petits vices à cacher… Un peu comme ces dames BCBG qui sortaient de la messe pour aller ensuite cracher du venin sur tous leurs voisins, belle preuve « d’amour chrétien » ! Ils réclament tous du « respect », mais ignorent eux-mêmes l’emploi de ce concept.

Les militants de tous poils sont souvent des idéalistes qui cachent au fond une mentalité digne de l’inquisition et se prennent vraiment trop au sérieux. Chaque « cause » est à prendre avec un grain de sel et tous ces « gourous » auraient parfois besoin d’une petite dose d’autodérision !

PS: Que ce coup de gueule ne vous empêche pas de demeurer idéaliste dans le bon sens hein ! Il nous faut encore des rêveurs d'utopie pour faire avancer notre monde :-)

3 commentaires:

dickshaver a dit…

j'avoue que je reconnais dans ce que tu écris, des situations que j'ai vécu moi-même et qui m'ont éloigné de tout forme d'appartenance à une structure... c'est dommage mais j'ai souvent constaté que les plus engagés à lutter contre le pouvoir, le sectarisme, pouvaient être eux-mêmes de véritables petits tyrans.

anthropopotame a dit…

Mille bravos ! C'est exactement ce que je pense, et c'est ce qui m'a détourné du militantisme. J'ai par exemple écrit tout un chapitre d'un bouquin de Greenpeace sur les forêts et j'ai eu la surprise de me voir citer, non parmi les auteurs, mais dans les remerciements...

Anthony a dit…

J'avoue que j'ai subit a peu pres les memes problemes avec les vegetariens. Aucune concession, ce qui en soit se comprend lorsque l'on dit pas d'animaux, mais de la a refuser tout contact avec des mangeurs de viande... Bref, des que l'on se trouve en groupe de militants, on s'expose aussi aux integristes, quelque soit le sujet du militantisme justement.

Météo


Archives du blog