jeudi 2 juillet 2009

Le port de la Burqa en France et le multiculturalisme à la Canadienne : deux approches



Mise en ligne par Rick Elkins
Ces derniers temps on lit dans les journaux que le débat fait rage en France sur l’interdiction de la Burqa, ce voile intégrale dont se revêtent certaines femmes musulmanes. Je ne reviendrais pas sur ce débat, mais je vous invite à lire l’excellent billet de Marine à ce sujet, dont je partage l’avis.

Au Canada, ce type de débat a déjà eu lieu, pas nécessairement à propose de la burqa mais à propos d’un ensemble de choses qui auraient eu le potentiel de mettre le bazar dans la société civile canadienne. Dans un pays où l’immigration est tout de même la clé de voute de la société et où toutes les villes se targuent d’afficher un nombre record de nationalités, le débat est ouvert et engagé. Au Québec, il y a même eu une longue commission parlementaire pour parler de ce que les médias ont nommé « les accommodements raisonnables », ou si l’on préfère les termes exacts : « les pratiques d’accommodements reliés aux différences culturelles. »

Cette commission avait démarré lorsque de jeunes Juifs Hassidiques se sont plaint d’apercevoir par leurs fenêtres des dames qui faisaient leur fitness dans un gymnase à proximité. Ils avaient demandé à la ville de bien vouloir givrer les vitres afin de leur éviter cette vue bien trop tentante. Les Québécois ont alors réalisé que malgré la paix relative de leur vie civile, il existait des tensions sous-jacentes relatives aux différences culturelles et /ou religieuses. Ils ont donc lancé des consultations et ont crée une commission pour examiner la question en profondeur plutôt que de se lancer dans des diatribes politiques stériles.

Les Canadiens ont plutôt tendance à examiner ce genre de question sous un angle plus concret, ne s’aventurant que sur la pointe des pieds sur des questions philosophiques. Ainsi, à Vancouver ou à Toronto, où l’on trouve une forte population de Sikhs, la question du port du turban se posaient plus en terme de sécurité routière : les Sikhs ont-ils droit à une dérogation quand au port du casque à moto ?

Les Canadiens ont adopté une loi sur le multiculturalisme qui leur permet de maintenir une vie civile raisonnablement harmonieuse et s’exercent régulièrement à la réviser et à la mettre en application via des tribunaux de droits de la personne. Il est certain qu’il survient parfois des cas difficiles, comme certains « crimes d’honneur » commis contre des femmes récemment. Le débat refait alors surface sur la scène publique avec toutes ses polémiques et ses complications.

Ce que je trouve intéressant c’est la prudence dont les pouvoirs publics Canadiens font preuve avec ce type de débat, ce qui est loin d’être le cas en France où chaque homme politique s’en saisit pour se gargariser et faire monter la pression. Je me demande parfois si les problèmes d’intégration que l’on évoque en France pour expliquer les banlieues difficiles ne sont parfois pas simplement dus à un manque flagrant de consultation et de communication. A toujours ramener ce débat aux valeurs, l’incompréhension ne peut que grandir.

Attention, ceci ne signifie par pour autant que le Canada ne connait pas de problèmes d’intégration ou même de violence urbaine ! Montréal, Toronto ou Vancouver ont eu à faire face à des « problèmes de banlieues », comme beaucoup d’autres grandes villes du monde. Je ne pense pas qu’il existe une solution parfaite à ce type de problème. Simplement, l’approche pourrait être différente, plus souple et moins polémique.

Un autre excellent post à lire à ce sujet.

1 commentaires:

marine a dit…

Je découvre ton blog grâce à ton commentaire sur le mien...
merci pour la référence à mon billet!

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