jeudi 3 mars 2011

Une petite éloge du saut dans l'inconnu

Je m’apprête une fois de plus à faire ce que les anglophones nomment un « leap of faith », un saut dans l’inconnu ou littéralement un bond avec de la foi. J’aime cette idée d’avoir en quelque sorte foi en l’inconnu.


Ces dernières semaines ont été un marathon de boulot, d’entretiens et de réflexion. Comme toujours avec un doute persistant qui m’assaille à chaque instant. On vient de m’offrir la possibilité de retourner travailler dans le secteur de l’environnement, avec un projet qui m’attire et me donnera un peu l’impression de faire avancer les choses en matière de changement climatique. Bon, encore un pansement sur une jambe de bois, mais un pansement intéressant de par les rencontres qu’il va permettre. En bonne héritière de cette société qui fait croire aux filles qu’elles ne sont jamais assez « bonnes » ou à la hauteur j’ai cru que je n’obtiendrai pas ce boulot, j’ai douté à chaque phase de la sélection. Jusqu’à hier, où une merveilleuse amie féministe m’a dit qu’elle croyait en moi. Elle m’a fait remarquer que toutes les femmes doutent et qu’aucune ne célèbre vraiment ses réussites et ses victoires. Ce petit encouragement, venant d’une femme que j’admire beaucoup a vraiment eu un impact sur moi.

J’ai passé l’essentiel de ma vie à essayer de rentrer dans des « cases » imposées par la société. J’ai tenté de me conformer par toute une série de contorsions qui m’ont plus d’une fois mené au bord du désastre et de la dépression. Par une série de coïncidences ou de mauvais tours de l’univers, il se trouve que je n’ai jamais vraiment réussi à rentrer dans les cases. D’un côté cela me rendait un peu fière, comme ces gamins qui volaient des goyaves dans mon quartier et étaient heureux de s’en tirer sans réprimande, un filet de jus sucré leur barbouillant le menton. D’un autre côté, je me sentais un peu coupable de ne pas être plus dans la « norme ». J’admire ceux qui s’en foutent complètement et sont capables de mener leur barque sans jamais se soucier de ce que « les autres » peuvent en penser. Il me faudra encore un peu de boulot avant d’en arriver là. Devenir mère, un truc inenvisageable pour moi il y a encore peu, a été un vrai tournant. J’ai appris à envoyer paître tous les « je sais tout » qui tenaient tant à prodiguer conseils et avis sur la meilleure façon d’élever mon morveux et à me faire un peu plus confiance. 19 mois de transformations !

Me voilà donc prête à faire de nouveau un saut dans l’inconnu, cette fois sans me préoccuper de l’image que cela donnera de ma « drôle » de carrière. Je n’ai aucune idée de ce qui m’attend au bout de ce nouveau tournant dans ma vie professionnelle. J’ai un peu d’appréhension mais je suis prête à faire le saut. Quelque part, quand je fais le bilan de ces dernières années, je réalise qu’à chaque fois que j’ai du faire un tel saut, l’univers m’a gâté avec des expériences incroyables. Cette fois-ci je vais avoir la foi et croire que le centre cosmique du contrôle des coïncidences pourvoira au reste. Il y a toujours un peu d’ivresse à se lancer comme ça dans une nouvelle aventure, mais je commence à croire que c’est un peu une drogue. Comme ces apnéeistes qui vont toujours plus loin au fond des océans. Deux de mes mentors m’ont d’ailleurs souvent fait remarquer les analogies entre vivre sa vie pleinement et plonger dans les profondeurs de l’océan. Je vais respirer un grand coup et tacher d'avoir davantage confiance...


Pour le plaisir, la magnifique vidéo de Guillaume Néry, plongeant dans un des « trous bleus » des Bahamas :



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3 commentaires:

Anyes a dit…

Je sais tres bien que ceci est un cliche mais j'y vais quand meme:
"jump and the net will appear"

Bonne chance, je suis sure que cela depassera toutes vos esperances.:-)

Zoé a dit…

... tout ceci me parle beaucoup... beaucoup :-)

Merci du partage, lire au travers des pensées d'une autre, moi qui vit pourtant des choses auxquelles on peut se rapprocher, auxquelles on peut se dire "oui, effectivement, je ne suis pas la seule" ben ça fait du bien, même si je ne t'ai jamais rencontrée, l'univers des blog permet une proximité des pensées et c'est pour cela entre autres que j'aime lire ce blog.

Bonne chance pour ce nouveau tournant, que la route soit belle!

Nicolas a dit…

Je partage entièrement les commentaires écrits par Anyes et Zoé. Et d'autre part je ne connaissais pas ce terme amusant d'abandonophilie utilisé pour un autre de tes posts plus récents le 14 mars! Ces posts (dont les contenus sont si riches, comme beaucoup d'autres, je me contente ici du plaisir d'en souligner par écrit quelques bribes) me rappellent entre autres le plaisir qu'il y a d'abandonner les apparences trompeuses et les habitudes pesantes. Quel plaisir ainsi de retrouver une liberté que nous connaissons parfois en rêves, celle de la simplicité d'être, celle d'un envol particulier, d'un vertige étrange et familier ou d'un indescriptible plongeon dans l'inconnu. Pas facile d'être authentique mais le résultat est une extase au-delà des mots. Je te souhaite plein de moment de bonheur, et aussi d'être tout simplement toujours plus toi-même.

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