lundi 14 mars 2011

Atmosphere de fin du monde, abandonophilie

Il y a une curiosité morbide à vouloir se repaître des images des catastrophes naturelles ou humaines qui affectent les membres de notre espèce. Le Japon vient de subir en quelques jours un tremblement de terre, des tsunamis, la destruction quasi-complète d'une partie de ses infrastructures et vit sous la menace de plusieurs centrales nucléaires bien amochées tandis qu'un de ses volcans fait des siennes. Et nous voilà tous aglutinés à notre tivi comme des mouches sur une belle bouse... Les humains sont fascinés par les catastrophes et rien de tel qu'une histoire de déluge originel ou d'apocalypse imminente (prophète en option) pour renvoyer tous les scénaristes d'Hollywood chez leur mamans. On aime se faire peur comme des ados passant leur première soirée goth dans un cimetière. 

J'ai finit par éteindre les infos pour me replonger dans une de mes petites lubies, dont je viens d'apprendre qu'elle porte même un nom: l'abandonophilie (inventé je pense par une de mes copines du oueb qui est atteinte du même mal. L'abandonophilie est cette attraction pour le bâtiments abandonnés. Jill aime les vieilles bicoques, j'aime les villes-fantômes. J'avais évoqué ici ma fascination pour Hashima (ou Gukanjima), une ville-île abandonnée où se trouvait autrefois une des plus grande concentration d'Homo sapiens au mètre carré. Aujourd'hui, j'ai decouvert les fabuleuses images d'Yves Marchand et Romain Meffre sur les fantômes de Détroit. Leurs images me laissent rêveuse. Comme celles de la ville déserte d'East Saint Louis, elles laissent un arrière-goût de fin du monde.

J'ai exploré quelques villes-fantômes en BC lors de mes périgrinations de jeunesse, me laissant emporter par l'atmosphère étrange qui se dégage de ces lieux qui maintenant se délitent au gré des éléments... Le procéssus de décomposition semble accéléré sous notre climat humide et après quelques années il est difficile de distinguer les structures qui sont presque entierement dévorées par la mousse et les champignons.  


Lors de notre road-trip en Arizona, le geek et moi avons traversé pas mal de villes-fantômes sur la Route 66 et avions adoré l'atmosphère étrange de Jerome, une ville presque fantôme avec son sanatorium hanté transformé en hôtel kitsch pour voyageurs de passage. 


J'aimerai retourner explorer certains de ces lieux avec un appareil photo maintenant, capturer un peu de leur nature éphémère qui représente si bien notre nature d'humains, si fragile, si intangible et si facilement disparue. Les civilisations naissent et meurent au gré des tragédies et des emportements des hommes, ne laissant parfois que peu de traces de leur passage. En écoutant les commentaires parfois pédants des journalistes sur ce qui se passe autour de la centrale nucléaire de Fukushima, je me demande parfois ce qu'il adviendrait si la catastrophe tant crainte devait avoir lieu. Retrouverait-on la même atmosphère qu'on trouve maintenant autour de Tchernobyl, comme le laissent deviner les photos de ce blog ou de celui-là ?

2 commentaires:

Dorydee a dit…

Je ne savais pas que ça avait un nom ;-) mais je suis atteinte de la même maladie. J'ai collectionné un temps les photos de station de ski abandonnée... Au cas ou tu ne connaisse pas un super blog de safari photo dans des friches industrielles: http://www.julien-mercier.net/travel/

Loutron Glouton a dit…

Merci Dorydee, je vais aller regarder ça. je pensais que c`était une drôle de lubie mais je découvre de plus en plus de gens qui la partage!

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